Le général Leclerc au Bourget

Légende :

Le général Leclerc accompagné du colonel de Guillebon au Bourget le 27 août 1944

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin Droits réservés

Date document : 27 août 1944

Lieu : France - Ile-de-France - Seine-Saint-Denis - Le Bourget

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Contexte historique

Dès le 25 août, en fin d’après-midi, de son PC de la gare Montparnasse, Leclerc sait que l’ennemi se renforce au nord de Paris grâce aux informations communiquées par les FFI. Au soir du 25 août, les troupes allemandes qui se trouvent à la périphérie de la capitale ne se sentent pas concernées par l’ordre de reddition signé par Von Choltitz. Le 26 août au matin, alors que la 2e DB se prépare pour le défilé sur les Champs-Elysées, Leclerc donne l’ordre au colonel Rémy, commandant du 1er régiment de marche des spahis marocains, d’organiser un puissant sous-groupement comportant des chars destroyers, des chars légers, des obusiers et des spahis portés, pour se porter sans délai dans la banlieue nord de Paris et « réduire soit par pourparlers soit par le feu les îlots de résistance qui existent encore dans la région Saint-Denis, Bourget, Aubervilliers, Enghien.. ». 

Confié au lieutenant-colonel Roumiantzoff, le sous-groupement se dirige vers le secteur en question. En même temps, le groupement tactique Billotte détache un groupe de reconnaissance en direction de l’aéroport du Bourget. Aux ordres du commandant de La Horie, celui-ci entre en contact avec l’ennemi et rend compte de son renforcement dans un rapport communiqué à 15h au 2e Bureau de la 2e DB. 

Le 27 août, depuis son nouveau poste de de commandement de la Porte de la Chapelle, le général Leclerc lance ses troupes suivant trois axes principaux. 
Entre Chatou et Puteaux, le groupe de reconnaissance ne rencontre aucune résistance allemande, à l’inverse des groupements Langlade et Dio se dirigeant vers le nord. Tenant solidement l’aéroport du Bourget, l’ennemi s’est également retranché sur les hauteurs du Blanc-Mesnil. 

Le groupement tactique du colonel Langlade est engagé le premier. Il est articulé en deux sous-groupements : Minjonnet et Massu. 
Le sous-groupement Minjonnet traverse Villetaneuse et atteint Montmagny vers 15h. Un détachement avec tank destroyer du RBFM pousse sur Enghien où trois blindés allemands sont détruits. 
Après avoir pris Stains vers 14h, le sous-groupement Massu se heurte aux positions allemandes de la Butte aux Pinsons. Le combat durera de 15h à 19h. A la nuit tombée, le sous-groupement atteint Pierrefitte où il se regroupe après que l’artillerie ait encore tiré sur des mouvements vers Sarcelles et Gonesse. 

A l’Est, Les tanks-destroyers de l’enseigne de vaisseau Philippe de Gaulle, appuyés par la 3e compagnie du régiment de marche du Tchad et des automitrailleuses parviennent à Dugny mais se heurtent aux défenses allemandes. L’accrochage est sérieux. L’ennemi finit par se replier. Mais à 23h30, les Allemands lancent une violente contre-attaque. Les grenadiers allemands sont repoussés, laissant de nombreux morts et un matériel important sur le terrain.

Le sous-groupement Noiret, quant à lui, a pour mission de s’emparer de l’aérodrome du Bourget mais est confrontée au franchissement impossible par les blindés de la rivière Morée. La section d’infanterie subit de lourdes pertes face à une forte résistance allemande. Le commandant Gaudet (4e escadron du 12e Cuirassiers) déborde alors l’ennemi par l’ouest pour réussir à passer l’obstacle de cette rivière. Pris à revers, les Allemands engagent pendant plus de six heures une lutte désespérée. Peu à peu, l’aérodrome est pris par les soldats de la 2e DB, souvent après des corps-à-corps sanglants. A 19h30, le feu cesse. Le sous-groupement Noiret, a rempli sa mission au prix de lourdes pertes. 

A l’extrême-droite de la division, le sous-groupement Rouvillois s’était pendant dirigé sur le Blanc-Mesnil. Grâce aux renseignements fournis par la Résistance, il a pu s’emparer de la ville sans combat. 

La ligne Arnouville-Gonesse n’est conquise que le 28 août. Le chef de bataillon Massu prend Sarcelles dans la matinée. Le 29 août, l’artillerie du groupement Langlade effectue un dernier tir sur une patrouille allemande au nord de Gonesse. Le lendemain, la 2e DB est relevée par le 28e division américaine qui avait défilé la veille dans Paris.


Jean-Charles Jauffret, "Les combats de la 2e DB au nord de Paris" in Paris 1944. Les enjeux de la Libération, Albin Michel, 1994.
Géral Duplay, "Combats de la 2e DB au nord de Paris" in Revue historique des Armées, n°3, 1974.