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Objectif l'Hôtel-de-ville : la colonne Dronne

Légende :

Témoignages du général Alain de Boissieu (commandant de l'escadron de protection du général Leclerc), de Michel Elias (sous-lieutenant de la 2e section de combat de la 9e compagnie du 3e Régiment de marche du Tchad), et de Krikor Pirlian (chauffeur du capitaine Dronne commandant la 9e compagnie du 3e RMT).

Genre : Film

Type : Témoignages

Source : © Collection Georges Mourier Droits réservés

Détails techniques :

Témoignages extraits de "24 heures pour Paris", un documentaire de Georges Mourier, 1998.

Lieu : France - Ile-de-France - Paris

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Contexte historique

La 9e compagnie du 3e régiment de marche du Tchad, qui faisait lui-même partie de la 2e division blindée, a été surnommée la Nueve. Cette compagnie enrôlait 160 hommes dont 146 républicains espagnols souvent anarchistes, mais aussi des soldats français, sous commandement français. Tous avaient combattu lors de la Libération de l'Afrique du Nord. Les hommes de la Nueve furent parmi les premiers à entrer dans la capitale française au soir du 24 août 1944 avec trois chars du 501e RCC, "Montmirail", "Champaubert" et "Romilly", et des éléments du génie. 

Le 24 août, en fin d'après midi, les éléments de tête de la 2e Division blindée piétinent sur la nationale 20 à Antony au sud de Paris. Ils se sont heurtés à de solides bouchons allemands installés au carrefour de la Croix de Berny, à la prison de Fresnes et à Bourg la Reine. Le général Leclerc interpelle le capitaine Dronne et lui donne l'ordre de foncer sur l'Hôtel de Ville en empruntant des itinéraires détournés. Dronne prend avec lui trois de ses sections, la section du lieutenant Michard de la 2e compagnie du 501e RCC (trois chars) et la 2e section de la 3e compagnie du 13e Bataillon de Génie. Accompagnés par Georges Chevallier, habitant Antony et qui dit bien connaître la banlieue parisienne, ces 150 hommes se faufilent par l'Haÿ les Roses, Cachan, Arceuil, porte d'Italie. Un Arménien de Paris, Lorenian Dikran, propose alors ses services pour les guider jusqu'à l'Hôtel de Ville en évitant les barrages allemands. Jeanne Borchert, inspectrice des PTT en costume régional alsacien, prend place sur le capot de la jeep du capitaine et ouvre la marche. Impossible pour Dronne de la déloger ! Rue de la Vistule, rue Baudricourt, rue Nationale, place Pinel, rue Esquirol, boulevard de l'Hôpital, quai de la Rapée, quai Henri IV, quai des Célestins, quai de l'Hôtel de Ville. La chevauchée n'a pas rencontré un Allemand mais a dû se frayer péniblement un passage au milieu de la foule en délire. L'émotion est à son comble. Les cloches de toutes les églises parisiennes sonnent à la volée. Le gros bourdon de Notre Dame couvre à peine la Marseillaise entonnée sur le Parvis.

C’est la section du lieutenant Amado Granell qui parvient la première à l’Hôtel de ville, à 21 h 22. Parmi les unités arrivées place de l'Hôtel-de-Ville, le halftrack « Ebro » tire les premiers coups de feu contre un ensemble de mitrailleuses allemandes. Le lieutenant Amado Granell est le premier officier « français » reçu par le Conseil national de la Résistance. En attendant la capitulation du général allemand von Choltitz, gouverneur de Paris, la Nueve est envoyée pour occuper la Chambre des députés, l'hôtel Majestic et la place de la Concorde. 

Le lendemain, les troupes alliées entrent dans Paris en triomphe. Les Espagnols participent au défilé du 26 août et forment l’escorte du général de Gaulle sur les Champs-Elysées. Ils défilent en portant les couleurs de la Seconde République espagnole, et pendant quelques minutes, une bannière géante aux mêmes couleurs ouvre le défilé. Les protestations ultérieures du régime de Franco sont ignorées par le gouvernement français. La 9e compagnie est cantonnée au bois de Boulogne du 27 août au 9 septembre, avant de repartir combattre.

 

Gilles Primout, La libération de Paris
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