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Monument aux héros de la Résistance

Légende :

Monument dédié aux héros de la Résistance, situé place Maxime Védy à Paray-Vieille-Poste (Essonne).

Genre : Image

Type : Monument

Producteur : Thierry Prunier

Source : © Collection Thierry Prunier Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur

Lieu : France - Ile-de-France - Essonne

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Contexte historique

Parmi les noms gravés sur ce monument, figurent ceux des membres du Conseil municipal d'avant-guerre arrêtés en octobre 1940 et déportés à Auschwitz :

- Dugres Henri
Né le 11 octobre 1891 à Sailly-le-Sec devenu Sailly-Flibeaucourt (Somme), militant communiste, il est élu conseiller municipal et devient maire-adjoint de Paray Vieille Poste.

- François Malard
Né le 16 novembre 1890 à Bonnemain (Ille-et-Vilaine), il est élu conseiller municipal sur la liste communiste de Paray-Vieille-Poste en 1935 ; il adhère au Parti communiste deux ans plus tard. 

Marcel Ouvrier
Né le 2 août 1899 à Paris (VIe), domicilé au 72, route de Morangis à Paray-Vieille-Poste (Seine-et-Oise / Essonne) au moment de son arrestation. Marcel Ouvrier est artisan. Il est élu conseiller municipal communiste de Paray-Vieille-Poste et 2e adjoint de cette ville en 1935.

Eugène Tartasse 
Né le 9 mai 1892 à Paris (VIIe), il est élu en 1935 conseiller municipal sur la liste du Parti communiste de Paray-Vieille-Poste. Il est le secrétaire local du Secours populaire.

Marcel Vaisse
Né le 4 mars 1902 à Paris XXe, Marcel Vaisse est artisan tôlier fumiste à Paray. Militant communiste depuis 1925, secrétaire de la cellule de Paray, du 22e rayon (Villeneuve-Saint-Georges) en 1929, il fut élu conseiller municipal en 1928. Réélu en 1935, il devint premier adjoint (Maitron, note de Jacques Médard).


Le 5 octobre 1939 le maire Léon Bertrand et tout le conseil municipal sont suspendus : à partir du 20 novembre 1939 et pendant toute l’Occupation, la commune est «administrée» (délégation spéciale présidée par M. Chrétien, puis par Marcel Souillat jusqu’à la Libération de Paray, le 24 août 1945). Le maire est arrêté le 24 octobre 1940, par la police française, en même temps que l'ensemble du Conseil municipal (cinq d’entre eux seront déportés à Auschwitz : Henri Dugrès (arrêté à son domicile), François Malard, Marcel Ouvrier, Eugène Tartasse, Marcel Vaisse. Ces arrestations ont lieu dans le cadre des rafles organisées à partir du 5 octobre 1940 (avec l’accord de l’occupant) par le gouvernement de Pétain à l’encontre des principaux responsables communistes d’avant-guerre de la Seine et de la Seine-et-Oise (élus, cadres du parti et de la CGT) avec la remise en vigueur du décret du 18 novembre 1939 sur «l’éloignement des suspects et indésirables». Henri Dugrès est interné avec ses camarades, au camp d’Aincourt, en Seine-et-Oise, ouvert spécialement, le 5 octobre 1940 pour y enfermer les militants arrêtés. Le maire Léon Bertand est déporté en Algérie.
Les anciens élus de Paray font partie d'un groupe de 88 militants transférés le 27 juin 1941 au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122).

Dugrès, Malard, Ouvrier, Tartasse et Vaisse sont déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des "45000". Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Il meurt à Auschwitz le 7 septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz.

Malard meurt à Auschwitz le 17 septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz. 
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date du décès de Marcel Ouvrier à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français a fixé arbitrairement celle-ci en janvier 1943 ce qui semble très improbable. 
Eugène Tartasse meurt à Auschwitz le 10 août 1942.

Le 28 août 1944, Marcel Vaisse est transféré d’Auschwitz avec trente autres "45 000" pour Flossenbürg, où ils sont enregistrés le 31 août 1944. Puis il est transféré à Dora-Mittelbau (un camp extérieur dépendant du camp de concentration de Buchenwald). Le 11 avril 1945, des unités de la IIIe armée américaine libérèrent le camp. Ils y trouvent quelques centaines de prisonniers que les SS n'avaient pas évacués ainsi que 1 200 morts et mourants dans la Boelcke Kaserne de Nordhausen, où les SS avaient ouvert un camp pour les «inaptes au travail». Marcel Vaisse meurt dans le centre de rapatriement de Rheine, le 27 avril 1945. 


Sur ce monument figurent également les noms de Pierre Le Corre et Maxime Védy, fusillés au Mont-Valérien.

Pierre Le Corre
Né le 7 août 1904 au Cloître Pleybes (Finistère), domicilié 18 Rue des Fauvettes à Paray-Vieille-Poste (Seine-et-Oise, Essonne), Pierre Le Corre était militant du Parti communiste clandestin et membre du Front national. Il fut arrêté le 17 septembre 1941 à Paris par la police française, emprisonné à la Santé et au Cherche Midi, puis livré aux Allemands qui le déférèrent devant un tribunal militaire à Saint-Cloud. Condamné à mort, il a été fusillé le 5 janvier 1942 au Mont-Valérien.

Maxime Vedy
Né le 5 février 1898 à Paris XVe arr. (Seine), domicilié à Paray-Vieille-Poste, Maxime Védy était membre du Parti communiste. En janvier 1940, il était mobilisé aux Compagnies spéciales à la ferme Saint-Benoit (Seine-et-Oise, Yvelines), puis interné administratif au camp de séjour surveillé de Fort Barraux (Isère). Il s’en évada fin 1940 en compagnie d’Ernest Louet. Celui-ci au cours de l’année 1941 le mit en contact avec le Secours populaire de France, Maxime Védy devint trésorier de l’organisation clandestine de Juvisy. Le 15 août 1942, il entra dans les FTP, fut commissaire aux effectifs de la région Sud, puis le 1er septembre 1943 de l’inter région parisienne. Selon un rapport des Renseignements généraux, trois FTP donnèrent son nom lors d’interrogatoires où ils étaient tabassés. Des inspecteurs des Brigades spéciales l’arrêtèrent le 13 octobre 1943, il portait sur lui trente-cinq mille francs destinés à payer les hommes qui étaient sous ses ordres. Emmené dans les locaux des Brigades spéciales, il fut interrogé, incarcéré à Fresnes, livré aux allemands. Le 24 février 1944, il comparut devant le tribunal militaire du Gross Paris rue Boissy-d’Anglas à Paris VIIIe arr., condamné à mort pour « activité de franc-tireur », Maxime Védy était fusillé le 7 mars 1944 au Mont-Valérien.
Son frère Gilbert Védy dit Médéric, gaulliste, l’un des dirigeants de Ceux de la Libération était arrêté le 21 mars 1944 à Paris. Interrogé par le commissaire de la BS1 Fernand David, il avala une dose de poison, mourut à l’Hôtel Dieu. Le général de Gaulle le fit Compagnon de la Libération.


Sources : 
Notices de Daniel Grason sur le site Maitron en ligne.
Site "Déportés politiques à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942"