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Brassard FFI - Commandos M (Aube)

Légende :

Brassard FFI à bande tricolore horizontale et portant le cachet "FFI Aube - Commandos M"

Genre : Image

Type : Brassard

Source : © Collection Gilles Chapin Droits réservés

Détails techniques :

Brassard en tissu

Date document : 1944

Lieu : France - Grand Est (Champagne-Ardenne) - Aube

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Contexte historique

Les commandos M forment un mouvement de résistance, créé dans l'Aube en octobre 1943, après le parachutage de l'officier français Maurice Dupont ("Yvan"). Ce dernier choisit la lettre M en souvenir de son pays d'origine, l'île Maurice, dans l'océan Indien (sous mandat britannique mais française par ses traditions). Le capitaine "Yvan" remplace Pierre Mulsant, membre du SOE qui, traqué par la Gestapo, fut contraint de quitter la France. Aussitôt, Dupont structure le mouvement en deux entités : un réseau action et un réseau renseignement, centralisé à l'échelon radio. Chaque commando se compose de "mains" (groupes de cinq hommes), dont le chef ne connaît que quatre hommes et que son chef de dizaine. Celui-ci se place sous la tutelle d'un chef de trentaine relié directement au commandement supérieur. Autour de cet ensemble existent un service sanitaire, un service de sécurité (chargé de la répression) dirigé par José Lopez ("Beaublond"), une section spéciale qui veille à la surveillance des hommes, un échelon ravitaillement, une section camouflage qui héberge les résistants recherchés par les Allemands et un service-radio sous l'autorité de l'officier britannique Andrew Watt ("Rase-Motte"). 

Opposé à la création de maquis trop importants, "Yvan" cherche avant tout à disposer d'éléments mobiles. Si les commandos M s'installent après le débarquement à la côte 192, début juin 1944, la crainte d'une attaque ennemie impose une nécessaire dispersion. Le poste de commandement s'établit ensuite à la côte 207, dans une forêt de sapins, entre le pavillon de chasse de Montardoise et la ferme de la Harmande. Puis nouveau déplacement aux côtes 165 et 192 avec des commandos concentrés dans un très faible rayon d'action, sauf un groupe à Payns, contrôlant la route de Paris. Les commandos M repartent à la côte 140, à l'ouest de Voué avant de prendre la direction de la forêt de Soulaines, à quatre kilomètres au nord du village de la Chaise.

Après le combat du 27 juin à la Chaise, où sept Allemands trouvent la mort, les commandos M s'implantent dans tout le nord-est aubois, dans le triangle Troyes - Arcis-sur-Aube - Bar-sur-Aube. Pendant cette période, les actions se multiplient : sabotage des rotondes SNCF le 14 mars 1944 ; destruction de moteurs d'avions à Brévonnes le 25 mai 1944 ; plusieurs dizaines de sabotages ferroviaires. 

Mi-août 1944, dans la perspective des combats libérateurs, "Yvan" réorganise son mouvement. La majeure partie des hommes se groupe dans le quadrilatère Avant-les-Ramerupt - Mesnil-Lettre - Ramerupt - Coclois. L'équipe de Louis Balthazard s'occupe du secteur Vendeuvre-sur-Barse - Lusigny-sur-Barse, celle de Marchal-sur-Payns et une troisième opèrent dans la zone Précy-Saint-Martin - Lesmont - Brienne-le-Château. Aussi, à l'approche des troupes alliées, les Commandos M reçoivent-ils la mission de contrôler la route de Troyes à Châlons-sur-Marne et de défendre également les ponts de l'Aube, afin de faciliter la progression des troupes américaines du général Patton. 

En septembre 1944, les commandos M forment le 3e bataillon du 106e régiment d'infanterie, alors qu'une compagnie part en renfort en Haute-Marne pour achever la libération de ce département. Au total, près de 47 résistants du mouvement trouvent la mort pendant l'Occupation.


Sébastien Touffu, "Les commandos M" in CD-ROM La résistance dans l'Aube, AERI, 2010