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Médaille de la déportation et de l'internement pour faits de Résistance

Légende :

La médaille présentée ici est celle des déportés résistants. Sur la médaille des internés résistants, les bandes du ruban sont disposées en diagonale.

Genre : Image

Type : Médaille

Source : © Collection Fabrice Bourrée Droits réservés

Détails techniques :

Médaille en bronze doré

Date document : sans date

Lieu : France

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Analyse média

La médaille est en bronze, de forme pentagonale ; à l'avers figurent deux mains liées par une chaîne sur fond de flammes et au revers l'inscription "République française - Médaille de la Déportation et de l'Internement pour fait de résistance" au-dessus d'une croix de Lorraine. 

Le ruban comporte sept bandes bleues et blanches disposées verticalement pour les déportés et en diagonale pour les internés. 


Fabrice Bourrée

Contexte historique

La loi du 6 août 1948 définit le statut des déportés et des internés de la Résistance et déclare, dans son article premier, « La République française reconnaissante s'incline respectueusement devant la mémoire des martyrs de la barbarie nazie et fasciste qui ont contribué à sauver la Patrie, salue leurs familles et rend hommage aux rescapés de la Résistance dont elle proclame les droits ». L'article 10 institue "une médaille avec ruban, dite « Médaille de la déportation et de l'internement pour faits de résistance », qui sera attribuée à toute personne justifiant de la qualité de déporté ou interné résistant, dans les conditions fixées par les articles 2, 3, 4 et 5 de la présente loi. Cette médaille comportera un ruban distinctif pour les déportés et pour les internés."

Ont droit au titre de déporté résistant :
"toute personne qui, pour acte qualifié de résistance à l'ennemi, a été :
1° Soit transférée par l'ennemi hors du territoire national, puis incarcérée ou internée dans une prison ou un camp de concentration ;
2° Soit incarcérée ou internée par l'ennemi dans les camps et prisons du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, et de la Moselle ;
3° Soit incarcérée ou internée par l'ennemi dans tous autres territoires exclusivement administrés par l'ennemi, notamment en Indochine, et sous réserve que ladite incarcération ou ledit internement réponde aux conditions qui seront fixées par le règlement d'administration publique prévu à l'article 17 ci-après."

Le titre d'interné résistant est attribué à "toute personne qui a subi, quel qu'en soit le lieu (...) une détention minimum de trois mois pour acte qualifié de résistance à l'ennemi. Aucune condition de durée ne sera exigée de ceux qui se sont évadés ou qui ont contracté, pendant leur Internement, une maladie ou une infirmité, provenant notamment de tortures, susceptibles d'ouvrir droit à pension à la charge de l'Etat.
Les personnes arrêtées et exécutées pour acte qualifié de résistance à l'ennemi sont considérées comme internés résistants, quelle que soit la durée de leur détention, a fortiori si elles ont été exécutées sur-le-champ."

L'article 5 de la loi de 1948 précise également que "les prisonniers de guerre, les travailleurs en Allemagne non volontaires qui ont été transférés dans les camps de concentration pour acte qualifié de résistance à l'ennemi, ou leurs ayants cause peuvent, après enquête, dans des conditions qui seront fixées par le règlement d'administration publique prévu à l'article 17 ci-après, bénéficier de la présente loi. 

Dès 1947, plusieurs associations dont la Fédération nationale des déportés et internés de la Résistance sollicitent la création d'une décoration spéciale destinée aux déportés de la Résistance. Ce n'est qu'en avril 1950 qu'un concours est ouvert en vue d'établir le modèle de la médaille de la déportation et de l'internement pour faits de résistance. Ce concours ouvert aux seuls anciens déportés ou internés résistants, aux résistants, ou aux ascendants ou descendants de l’une de ces catégories, fut remporté par le sculpteur et graveur René Iche, par ailleurs ancien combattant de la guerre 1914-1918 et résistant.

La possession de la carte de Déporté Résistant ou d’Interné Résistant, délivrée par le service départemental de l’Office National des Anciens Combattants, établit le droit au port de cette médaille.

Selon les chiffres communiqués par l'ONAC, 73 530 titres de déportés et internés pour faits de résistance ont été délivrés.


Fabrice Bourrée

Sources :
Service historique de la Défense (CHA Vincennes) : DE 2013 ZB 83/74 et 76.
Renseignements communiqués par l'ONAC
Legifrance
Michel Droit, Ordres et décorations de France, Editions du Grand Rond, Toulouse, 1982.
Symboles et Traditions n°196, octobre 2005