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Attributions de la médaille de la Résistance belge

Légende :

Article de presse, dont le journal d'origine nous est inconnu, relatif à l'attribution de la médaille de la résistance belge à 59 membres du réseau Zéro-France. Il s'agit d'une décoration belge créée par arrêté du Régent en date du 16 février 1946.
Au verso : attributions de la même décoration à trois habitants de Neuville-en-Ferrain (Nord) "membres de la section WO Libre Résistance franco-belge" (probablement le réseau Sylvestre-Farmer).

Genre : Image

Type : Article de presse

Source : © Musée de la Résistance de Bondues Droits réservés

Détails techniques :

Article de presse

Date document : sans date

Lieu : France - Nord - Pas-de-Calais - Nord - Valenciennes

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Contexte historique

Le réseau Zéro-France a été constitué en juin 1942 dans le Nord de la France, sur l'initiative d'un capitaine de l'armée belge, membre de l'Intelligence service britannique, Gérard Kaisin.  A cette époque, un réseau similaire appelé Zéro-Belgique existait déjà dans ce pays. Le réseau est baptisé Zéro-France par amitié pour le réseau de Belgique mais il n'existe pas de subordination de l'un à l'autre. Pour constituer ce réseau, Kaisin prend contact avec des Français qui, depuis 1940, ont organisé des filières d'évasion grâce auxquelles des centaines d'Alliés ont pu rejoindre l'Angleterre. Parmi ces personnes, Paul Joly devait avoir un rôle considérable. Patron d'une entreprise frigorifique avant la guerre, il était connu de Londres pour son action dans la mise en place des filières d'évasion. Il devient avec Gérard Kaisin le co-fondateur de Zéro-France. Kaisin, Alex, établit son PC à Roubaix. Le réseau d'évasion est dissocié du renseignement et devient Ali-France. En août, le réseau a acquis une importance suffisante pour que Londres en améliore les liaisons par l'envoi d'un radio, Pierre Jooris. Kaisin lui confie la zone d'Amiens.

En mai 1943, le territoire couvert par le réseau est tel que Kaisin le divise en deux sous-réseaux, Nord et Paris. Ce deuxième secteur est organisé grâce à des contacts noués par Gérard Kaisin avec des employés de la SNCF. Kaisin prend lui-même la direction de ce sous-réseau, laissant à Joly celle du sous-réseau Nord. Composé de douze secteurs, le sous-réseau Paris s'étendait sur une vaste zone délimitée au Nord par la Somme, à l'Ouest par la Manche jusqu'à Cherbourg, au Sud par les départements de la Manche, du Calvados, de l'Eure et de la Seine-et-Oise et à l'Est par ceux de la Seine-et-Marne, de la Marne et de l'Aisne. La centrale était à Paris.

Le 21 juillet 1943, Paul Joly est arrêté ; il sera bientôt déporté. Gérard Kaisin réorganise alors le réseau et en prend la direction. Il transfère le PC du réseau à Paris et confie le sous-réseau Paris à Louis Roussel, "l'Ours du Sahara".

Arrêté par la gestapo le 9 février 1944 à Paris, Roussel s'évade le jour même grâce à la complicité d'un inspecteur de police. Appréhendé une seconde fois le 8 mars 1944, il s'évade de nouveau. Il demande alors à se faire remplacer à la tête du sous-réseau Paris de Zéro-France afin de se consacrer uniquement à l'action paramilitaire au sein des corps-francs de Libération-Nord.

En 1944, le réseau Zéro-France s'étend sur un territoire compris entre la frontière belge et la mer d'une part, d'autre part, une ligne qui passe au-delà de la Picardie ; au Sud, il dépasse la Normandie, englobe la région parisienne et touche la Vendée. Sur le plan du renseignement, Zéro-France occupe la première place dans les réseaux belges de France, par le nombre des informations recueillies ; elles sont presque toutes de nature militaire et d'un intérêt particulier dans le domaine des transports ferroviaires et des fortifications allemandes, notamment dans le secteur de Rouen. Le réseau a été actif jusqu'à la Libération.

Paul Joly, décédé en février 1945, au camp de Sachsenhausen, a été fait Compagnon de la Libération en janvier 1946.


Fabrice Bourrée

Sources et bibliographie :
Service historique de la Défense, dossiers d'homologation de Paul Joly et Louis Roussel.
Archives du Musée de l'Ordre de la Libération, biographie de Paul Joly.
ONAC de la Seine, dossier de CVR de Louis Roussel.
Archives Françoise Leclère-Rosenzweig, notes prises lors de ses recherches dans les dossiers individuels de liquidation du réseau Zéro France.
Françoise Leclère, "La composition d'un réseau : Zéro-France", in Revue d'histoire de la seconde guerre mondiale, n°81, janvier 1966.
J. Fosty, "Les réseaux belges en France. Essai sur l'histoire des services de renseignement et d'action belges de France durant la seconde guerre mondiale" in Cahiers d'Histoire de la Seconde Guerre Mondiale, Bruxelles, Centre de Recherches et d'Etudes Historiques de la Seconde Guerre Mondiale, 1972. n° 2.