Plaque en hommage au jeune FFI Pierre Zmyslony, Vernon (Eure)

Légende :

Plaque en hommage au jeune FFI Pierre Zmyslony, tué à l'âge de 18 ans, Vernon (Eure)

Genre : Image

Type : Monuments et plaques

Producteur : A. Charpentier

Source : © Cliché : A. Charpentier Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur.

Lieu : France - Haute-Normandie - Eure - Vernon

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Analyse média

Pierre Zmyslony est mort pour la France le 19 août 1944, une semaine avant la libération de Vernon, à l’âge de 18 ans.

En plus de cette plaque, son nom est gravé sur le monument aux morts d’Écos (Eure), où il était domicilié.


Paulina Brault

Contexte historique

Pierre Zmyslony est né le 9 février 1926 à Coudray (Eure). Stanislas et Josépha Zmyslony, ses parents, de nationalité polonaise, étaient arrivés en France en 1925. Stanislas Zmyslony trouva un premier emploi sous contrat dans une filature de la région rouennaise. À partir de 1933, la famille se loge successivement à Gaillardbois, puis à Feuquerolles. Stanislas Zmyslony fut engagé en 1937 par M. Marcel Bance, agriculteur à Écos, comme ouvrier agricole, pour travailler dans son exploitation. Pierre Zmyslony a été scolarisé à Écos. Mais, tombé malade, il a cessé ses études à l’âge de 14 ans. En 1939, étant père de six enfants, Stanislas Zmyslony, son père, n’a pas été mobilisé, contrairement à ses deux frères, qui firent quatre années de captivité. En 1940, Pierre Zmyslony entra comme pensionnaire au petit séminaire d’Orgeville, tenu par des religieux, en même temps que Bernard Vandenberghe, son ami. Il suivit les cours de théologie catholique avec assiduité.

En 1940, lors de l’invasion allemande, ce fut la débâcle. La population prit le chemin de l’exode. Le maréchal des logis-chef Huret, commandant la brigade de Gendarmerie d’Écos, conseilla aux parents de Pierre Zmyslony de quitter la commune et de partir dans la zone non occupée. Ne possédant pas de moyen de locomotion motorisé, ils partirent les derniers avec un cheval nommé « Bayard », attelé à un chariot. Les autorités civiles et religieuses exhortèrent l’abbé Camille Chauvière, curé d’Écos, à fuir l’envahisseur. Il se résigna à partir avec un autre convoi. Les Allemands étaient omniprésents. Évitant les bombardements, se réfugiant dans les fossés et dans les bois, ils réussirent à gagner Loches, en Indre-et-Loire.

Pierre Zmyslony partit avec le séminaire d’Orgeville par d’autres moyens. Il n’avait pas un caractère sédentaire. Dès l’âge de 16 ans, il fréquenta plusieurs amis de la région d’Écos et de Tourny engagés dans la Résistance, et rejoignit les résistants de Vernon qui le recrutèrent comme agent de liaison. Sa famille n’étant au courant de rien, il mena ses activités dans le plus grand secret. Il lui arrivait de quitter la maison familiale à vélo et d’être absent pendant une semaine. On lui confia plusieurs missions dans la clandestinité. En principe, il devait partir en avion pour l’Angleterre, mais l’avion ne s’est jamais posé. Le débarquement de Normandie survint le 6 juin 1944. Le 18 août 1944, le capitaine FFI Georges André mit au point l’action contre le pont routier pour mettre fin au repli des armées allemandes. À 23 heures, disposant seulement de 7 kilos d’explosifs, les résistants firent sauter la pile principale du pont, très endommagée. La caserne fut prise d’assaut et fut occupée par les FFI le 19 août.

Depuis le 16 août, deux divisions américaines étaient à Blaru, aux portes de Vernon. On a cru, un instant, qu’ils étaient les libérateurs, mais ils reçurent finalement l’ordre de s’emparer d’Heudebouville, près de Louviers. Les autorités françaises, attendant les Américains, étaient réunies dans l’hôtel de ville de Vernon. Les résistants étaient postés à gauche de la collégiale Notre-Dame. Une colonne allemande de 3 chars et de 2 camions de troupe se présenta. Les chars encadraient l’hôtel de ville ; le combat s’engagea. Les balles allemandes furent tirées par des armes individuelles et par les mitrailleuses co-axiales des chars. Un accrochage se produisit à l’angle de la rue d’Albuféra et de la rue Carnot. Pierre Zmyslony qui était caché, sortit de la cave de la boulangerie et tenta de lancer une grenade sur le premier char. Il fut mortellement blessé par un obus de 75 mm tiré par le deuxième char et son corps fut sectionné en deux. Le 22 août, les résistants repoussèrent une patrouille allemande sur le pont routier. Pendant cinq jours, les résistants repoussèrent les assauts de l’ennemi. Ce ne fut que le 25 août que les Anglais entrèrent dans Vernon. Une plaque scellée sur la droite du pont Clemenceau rappelle qu'en ce « Haut lieu de la Résistance, dans la nuit du 18 au 19 août, onze Vernonnais ont achevé la destruction du pont ». Onze noms sont gravés : ceux de sept résistants exécutés sommairement par les Allemands et ceux de quatre résistants tués au combat, les armes à la main, dont Pierre Zmyslony.

Le corps de Pierre Zmyslony repose au cimetière d’Écos. La municipalité fit don de la concession en hommage à sa bravoure au moment de la libération de Vernon en 1944.
André Zmyslony (1922-2010), son frère aîné, s’est engagé en 1940 dans l’armée polonaise. De Coëtquidan, il a pris le dernier bateau pour l’Angleterre. Revenu avec le Génie polonais pour libérer l’Europe, il a participé au Débarquement du 6 juin 1944. Blessé grièvement alors qu’il pilotait un char aux Pays-Bas, il a perdu ses deux jambes et a été soigné en Angleterre. Il a été appareillé. Il a épousé son infirmière anglaise qui lui a donné deux enfants et est demeuré vivre en Angleterre.


D'après l'article de Patrick Olivier, publié sur le site Internet de la commune d'Ecos - consulté le 20 avril 2017.