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Monument "Aux Goums Marocains", Basse-sur-le-Rupt (Vosges)

Légende :

38 Chemin Départemental 34 de Presles, 88310 Basse-sur-le-Rupt, France

Genre : Image

Type : Monuments et plaques

Producteur : Matthieu Fiorelli

Source : © Cliché Matthieu Fiorelli Droits réservés

Détails techniques :

Photographies numériques en couleur

Date document : Juillet 2017

Lieu : France - Lorraine - Vosges - Basse-sur-le-Rupt

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Analyse média

Au col de La Croix de Moinats


Contexte historique

Les groupements de Goums marocains, dont les Tabors sont issus, sont créés en 1908 par le général d'Amade. Leur participation à la Seconde Guerre mondiale vient de la volonté des officiers des Affaires indigènes de ne pas rester à l'écart des conflits. Après les armistices de 1940, il y eut un camouflage de leurs armes et de leur entraînement et aucun d'eux ne trahit le secret. Le débarquement anglo-saxon du 8 novembre 1942 leur donne, en Tunisie, l'occasion d'affronter pour la première fois un ennemi moderne, les troupes de Rommel, alors qu'ils avaient eu à combattre jusque-là des tribus dissidentes dans les zones montagneuses du Maroc. 

Leur encadrement est français, les officiers recrutent eux-mêmes leurs hommes. Les liens personnels, des relations de confiance et le dévouement aux chefs sont les caractères des Goums. Ils acceptent une discipline stricte mais gardent leurs droits à un genre de vie traditionnel, sans rupture avec la famille, et à leur tenue si particulière : djellaba, crâne rasé, sandales de cuir. Le général italien Magli les surnomme les Capucini armati. Leur adaptation aux conditions de vie et de combat rencontrées lors des grandes campagnes hors d'Afrique du Nord témoigne de la qualité de leur engagement et de leurs qualités propres qui étaient à la fois celles des troupes de montagne et des commandos : la mobilité et la rapidité, le courage, la capacité de supporter une vie très rude. Quinze mille goumiers sont engagés dans ce conflit mondial. 

C'est en juin 1943 qu'est constituée la 4e division marocaine de montagne à l'initiative du général Giraud, en prévision de l'intervention en Corse, puis en Provence. Avec le général Henry Martin, qui allait diriger l'opération Vésuve en Corse, la division est équipée de mulets et d'artillerie de montagne, ainsi que de moyens fournis par les Américains, des jeeps, des camions, et des auto-mitrailleuses. En Corse, les goumiers sont, avec le Bataillon de choc, le fer de lance de l'opération Vésuve, en septembre et octobre 1943. Le 2e GTM compte parmi les premiers éléments débarqués à Ajaccio sous le commandement du lieutenant-colonel de Latour. Les troupes marocaines se distinguent dans la reconquête de Bastia, port tenu par les Allemands depuis le 13 septembre. C'est un Goum du 1er GTM qui entre le premier dans Bastia, le 4 octobre à 1 heure du matin. 

Après la Libération, le 30 novembre 1943, anniversaire du ralliement de la Corse à la France de 1789, les skieurs du 1er RTM conduits par le général Boulangeot vont planter un drapeau tricolore au sommet du Monte Cinto, malgré une tempête de neige.
Les goumiers continuent ensuite à combattre, à l'île d'Elbe en juin 1944, et dans la péninsule italienne, puis dans toute les campagnes menées à travers la France jusquà la défaite de l'Allemagne. Les goumiers ont existé jusqu'en 1956.


Hélène Chaubin, "Goumiers, les Goums marocains", in CD-ROM La Résistance en Corse, 2e édition, AERI, 2007