Plaque à la mémoire d'André Desthieux, Villefranche-sur-Saône (Rhône)

Légende :

Stèle commémorant la mémoire de André DESTHIEUX, située sur la façade de la maison de la mère d'André au niveau du n° 250 rue d'Anse à Villefranche sur Saône

Genre : Image

Type : Plaque commémorative

Producteur : Corinne Lugoboni

Source : © Cliché Corinne Lugoboni Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur

Date document : Septembre 2017

Lieu : France - Rhône-Alpes - Rhône - Villefranche-sur-Saöne

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Contexte historique

Né le 7 juillet 1921 à Lyon (IIe arr., Rhône), fusillé le 26 mai 1943 à Dijon (Côte-d’Or) ; tôlier ; résistant FTPF à Lyon.

André Desthieux était le fils de Philippe et Eugénie Chazalet. Son père exerça notamment les professions de chauffeur et de tôlier et sa mère celles de fileuse et d’ouvrière à la CGCEM. Son père décéda en 1928. Élève à l’école primaire de Villefranche-sur-Saône (Rhône), il obtint le certificat d’études. De 1934 à 1937, il travailla chez Duc, cordier à Villefranche-sur-Saône. En 1937, il rentra en apprentissage de tôlerie à la Compagnie générale de constructions et entretiens de matériel de chemin de fer et se forma politiquement auprès des ouvriers. En 1941, il fut affecté aux Chantiers de jeunesse. Incorporé au groupement n°8 au Chatelard (Savoie), il fut détaché au 13e groupe à Aix-les-Bains (Savoie) en qualité de tôlier. Libéré le 23 juin 1942, il rentra à Villefranche. Il travailla chez Mollon chaudronnerie jusqu’en août puis chez Bronzavia, 27 chemin de Grange-Rouge à Monplaisir (Lyon, Rhône). Il eut un premier contact avec un recruteur FTP. Fin septembre 1942, il revint à Villefranche-sur-Saône, travailla comme tôlier pour les Établissements Bonnet, rue de la Grenette, et habita chez sa mère, 16 rue d’Anse.

Pour échapper à la Relève, il abandonna son emploi et se réfugia le 20 décembre 1942 à Lyon. Il demeura en dernier lieu 100 rue Hénon (IVe arr.) à Lyon. Fin décembre 1942, il intégra un détachement FTPF des Jeunesses communistes commandé par Marcel Chadebech (dit Léon) et comportant deux groupes. En tant que chef de groupe, André Desthieux (dit Charles) participa à plusieurs actions. Il exécuta le soldat allemand Karl Sommerschuh avec Paul Gachet, rue Villeroy (IIIe arr., Lyon), le 12 janvier 1943. Dans la nuit du 15 au 16 janvier 1943, avec Gachet, il fit sauter un rail sur la voie n°2 de la ligne Paris-Lyon, à hauteur de Collonges-au-Mont-d’Or (Rhône), afin de faire dérailler des trains qui transportaient du matériel en Allemagne. Dans la nuit du 22 au 23 janvier, André Desthieux et Paul Gachet déboulonnèrent un joint de rail et débloquèrent vingt-huit tire-fond sur la voie n°2 de la ligne Lyon-Paris, au lieu-dit du Pont-du-Diable près de la gare d’Anse (Rhône). Après une tentative infructueuse le 8 février 1943, il réussit, le 9 février, à incendier le parc à fourrage de la caserne de la Part-Dieu (Lyon) occupée par les Allemands. Le 10 février 1943, il participa au vol à main armé de deux appareils à ronéotyper dans un magasin (la Maison ronéo) situé 23 rue du Bât-d’Argent (Ier arr., Lyon). Avec Gachet et Bertin-Mourot, il constitua un dépôt d’armes dans une chambre et une cave situées au 82 rue Sully (VIe arr., Lyon). Il participa également au plasticage du siège de la Légion des combattants de Villefranche-sur-Saône.

Le 10 février, suite à une dénonciation, la police française perquisitionna la chambre du 82 rue Sully. Les policiers trouvèrent les armes et du matériel de cambriolage et arrêtèrent l’un des membres du détachement, Maurice Bertin-Mourot. Le 11 ou le 28 février (selon les sources), à la même adresse, la police française et la Brigade anti-terroriste appréhendèrent André Desthieux, sous le nom de Georges Perrin. Ses camarades Robert Bruhl, Georges Valot, Gabriel Perret et Paul Gachet furent également arrêtés. Un peu plus tard, André Desthieux fut écroué à la prison Saint-Paul (Lyon) pour sabotage de voies ferrées, détention d’armes et explosifs, homicide volontaire et destruction d’édifices au moyen d’explosifs. Le tribunal d’État, section de Lyon, fut saisi afin de juger André Desthieux et ses camarades. La première audience se déroula le 18 mars puis le jugement fut suspendu jusqu’au 10 avril afin qu’une expertise mentale de Paul Gachet soit établie. Ayant exécuté un soldat allemand, Desthieux et Gachet furent réclamés dès le 11 mars par la Wehrmacht pour être jugés par un tribunal militaire allemand. Dans la nuit du 5 au 6 avril, André Desthieux et trois codétenus scièrent un barreau et le grillage de leur cellule et tentèrent de s’évader. Le 6 avril, André Desthieux et Paul Gachet furent livrés aux Allemands et transférés, le 7 avril, à la prison Montluc (Lyon). André Desthieux et Paul Gachet furent condamnés à mort par le tribunal de guerre allemand du territoire militaire France sud « pour l’assassinat du soldat allemand Sommerschuh, deux attentats à la dynamite et mise en danger d’une exploitation de chemin de fer ». Transférés vers le 15 mai à Dijon (Côte-d’Or), ils furent fusillés tous les deux le 26 mai 1943. Desthieux et Gachet furent inhumés au cimetière de Dijon. En septembre 1944, les Forces françaises de l’intérieur (FFI) ramenèrent les deux corps qui, après avoir été identifiés, furent inhumés à Villefranche-sur-Saône. Il existe une rue André-Desthieux à Villefranche-sur-Saône. 


Jean-Sébastien Chorin pour le Maitron des fusillés

SOURCES
: DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Rhône, 3335W22, 3335W10, 182W269, 1035W17, 6MP554, 6MP641, 6MP689, 6MP737, 4e12634. – Serge Curvat, Les lieux secrets de la Résistance Lyon 1940-1944, 2003. – Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours, 2 824 engagements, 2003. – Marcel Chadebech, Civisme et mémoire, des événements marquants de 1939 à 1944, en quête de vérité face aux falsificateurs, 2002.