Plaque en mémoire des agents tués, gare SNCF d'Argenton-sur-Creuse (Indre)

Légende :

Plaque en mémoire des agents tués par faits de guerre (1939-1945), gare SNCF - dépôt des machines - section de la voie d'Argenton-sur-Creuse (Indre)

Genre : Image

Type : Stèle

Source : © ANACR Indre Droits réservés

Détails techniques :

Montage d'après photographies numériques en couleur.

Lieu : France - Centre - Indre - Argenton-sur-Creuse

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Analyse média

A l'intérieur de la gare figure une plaque en hommage à six agents de la SNCF tués durant la guerre 1939-1945. Les victimes sont Jean Beyney, aide-ouvrier ; David Louis, aiguilleur de 2e classe ; Henri Ferret, manoeuvre ; Rémy Fourmy, cantonnier ; André Joubert, auxiliaire et Etienne Rabier, homme d'équipe.

L'un deux, Louis David, FFI, est l'une des victimes du 9 juin 1944.


ANACR Indre.

Contexte historique

Louis David (1)

Né le 4 février 1900 à Argenton-sur-Creuse (Indre), mort en action le 9 juin 1944 à Argenton-sur-Creuse (Indre) ; cheminot. Stèle érigée rue du 9 juin (ancienne route de Fontfurat) à Argenton. Fils de François David, décédé, et de Victorine Marie Berroyer, sa veuve ; Louis David était cheminot, aiguilleur, domicilié à la Croix de l’Aunay, commune du Pêchereau (Indre) ; le 9 juin 1944 une compagnie allemande de la division « das Reich » envahit Argenton vers 18 h 30 et Louis David s’opposa par les armes aux soldats allemands, jusqu’à sa mort à 20 h 30, route de Fontfurat ; marié à Alice, Thérèse, Charlotte Appeau, un fils ; déclaration de décès de Suzanne Mouton, employée d’assurances. Reconnu « Mort pour la France » ; son nom figure sur le Mémorial du 9 juin 1944 à Argenton-sur-Creuse. Le nom de « DAVID Louis et son fils Fabien » figure aussi sur une stèle érigée rue du 9 juin.

 

Henri, Fernand, Joseph Ferret (2)

Né le 7 février 1897 à Béziers (Hérault), exécuté sommairement le 27 juillet 1944 à Dampierre (Indre) ; cheminot ; syndicaliste unitaire (CGTU) et militant communiste de l’Hérault ; résistant FTP-FFI dans l’Indre. Le père d’Henri Ferret était chef de fabrication à la mine du Bousquet-d’Orb (Hérault). Il avait cinq ans, lorsque sa mère, repasseuse, mourut. Il fut alors confié, jusqu’au Certificat d’études, à un pensionnat religieux de Bédarieux (Hérault). À quatorze ans, il s’embaucha à la verrerie du Bousquet-d’Orb. Le 10 janvier 1916, il était incorporé au 142e régiment de ligne à Mende (Lozère) puis envoyé au front avec le 131e régiment d’infanterie. Il combattit dans l’Aisne et la Somme et fut gazé à trois reprises. Le 30 juillet 1919, il épousa la fille d’un ouvrier tourneur du Creusot et travailla comme électricien dans les caves de la société Pommery à Reims de septembre 1919 à juin 1921, date à laquelle il revint à Béziers. Le 20 janvier 1923, il entra à la Compagnie des chemins de fer du Midi comme chauffeur temporaire. Il se syndiqua à la Fédération unitaire des cheminots le 1er avril 1925 ; quelque temps après, il adhéra au Parti communiste et, en 1928, il fut candidat BOP au conseil d’arrondissement dans le canton de Béziers 1er. Le 1er janvier 1928, Henri Ferret fut élu secrétaire adjoint du syndicat CGTU de Béziers et secrétaire général le 1er janvier 1929. Il fut délégué au congrès CGTU de l’Union du réseau à Toulouse les 27 et 28 juillet 1928, à la commission de réforme le 10 décembre 1928, au congrès de fusion syndicale à Toulouse le 21 octobre 1934 après la formation du syndicat unique de Béziers le 22 juin 1934, au congrès de la CGTU à Issy-les-Moulineaux le 24 septembre 1935. Le 1er janvier 1936, il devint secrétaire administratif du syndicat unifié des cheminots puis secrétaire général le 9 décembre 1936, réélu le 9 décembre 1938 et membre du bureau de la Bourse du Travail de Béziers. Il assista comme délégué au congrès fédéral de Paris tenu du 27 au 30 juin 1938 et au XXVe congrès national de la CGT à Nantes du 14 au 17 novembre. Depuis 1931, il était conducteur électricien. À la mobilisation générale de septembre 1939, Henri Ferret fut mis à la disposition de la SNCF, puis muté au dépôt d’Argenton-sur-Creuse en juin 1940, il alla résider à Saint-Marcel (Indre). Suspendu le 15 septembre 1941, il fut licencié le 17 octobre. Il avait alors reconstitué le syndicat CGT clandestin des cheminots. Le 20 octobre 1941, il était embauché comme manœuvre à la Chaudronnerie industrielle d’aviation à Argenton. Il milita alors dans le mouvement syndical illégal et légal : en juillet 1943, il devint délégué ouvrier au comité social d’entreprise puis secrétaire général du syndicat des métaux d’Argenton le 5 novembre 1943. Le 7 juin 1944, il gagnait le maquis avec sa fille et devenait responsable du comité régional de la Résistance à la mairie d’Argenton et intégra l’État major FTP du 1er secteur de l’Indre. Il participa, avec de jeunes FTP de Saint-Marcel,à l’attaque d’un train d’essence le 9 juin 1944 à Argenton-sur-Creuse. Il fut fait prisonnier à la feme de Château-Gaillard (PC du maquis) à Gargilesse, lors de l’attaque des soldats allemands et miliciens le 27 juillet 1944. Il resta à genoux, les mains sur la tête, pendant plusieurs heures, en plein soleil, devant la mare situé dans la cour de la ferme et fut fusillé avec cinq autres résistants en fin de journée. Cinq autres avaient été exécutés plus tôt au Moulin Garat dans le creux de la rivière Gargilesse, Il avait le grade de capitaine FTP. Il devint, à titre posthume, chevalier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre avec palme et de la Médaille de la Résistance. Il fut reconnu "Interné" résistant" en 1956. Gazé trois fois sur les fronts de l’Aisne et de la Somme, il était médaillé militaire au titre de la guerre de 1914-1918. Depuis le 17 juin 1973 une rue de Saint-Marcel porte son nom. Ce même nom (orthographié Ferré, est inscrit sur une stéle érigée en 1945 sur la place de Dampierre ainsi que sur une plaque apposée sur le mur de la ferme de Château-Gaillard.

 

Etienne Rabier (3)

Mort en déportation ; cheminot ; résistant FTPF de l’Indre.
Employé SNCF à Argenton-sur-Creuse (Indre), maquisard FTPF spécialisé dans le sabotage avec son groupe de cheminots, Étienne Rabier prit le maquis de Dampierre au moment du débarquement. Instructeur au maquis de Guy Lebon (région du Blanc, Indre), il fut arrêté à la fin du mois de juillet 1944 avec Georges Machelidon, torturé et mourut en déportation.


Auteur : Michel Gorand pour le Dictionnaire des fusillés - biographies de Louis David, (2) Jean Sagnes, compléments par Michel Gorand - biographie d'Henri Ferret

(6) auteur anonyme, Maitron en ligne

Sources :

(1) n° 66 du registre de décès d’Argenton-sur-Creuse.

(2) Le Travailleur du Languedoc, 1936-1938. — L’Écho du Centre, 19 juin 1973. — La Nouvelle République, 19 juin 1973. — Registre des décès de Gargilesse-Dampierre. — Livre Mémorial des cheminots victimes de la répression 1940-45, Perrin/SNCF, 2017, p. 603. — Témoignage de Roger Thomas dans « Résistance Indre et vallée du Cher » de G .Guéguen Dreyfus et B. Lehoux (1972). — Témoignage de son fils Rémi Ferret. 

(3) Note de Laubry (Indre).