Stèle à la mémoire du capitaine de gendarmerie Maurice Keller, Saint-Girons (Ariège)

Légende :

Stèle située devant la gendarmerie de Saint-Girons, 35 rue Toulouse Lautrec. Elle rend hommage au capitaine Maurice Keller, commandant la compagnie de gendarmerie de l'arrondissement de Saint-Girons, arrêté le 10 juin 1944 et mort en déportation le 28 janvier 1945. 

Genre : Image

Type : Stèle

Source : © Archives de la brigade de gendarmerie de Saint-Girons Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur

Date document : sans date

Lieu : France - Midi-Pyrénées - Ariège - Saint-Girons

Ajouter au bloc-notes

Contexte historique

Lieutenant de réserve en 1934, Maurice Keller est admis à suivre la formation en vue de son admission dans la gendarmerie et devient maréchal des logis chef en mars 1937. Suivant la formation d'officier à l'école d'application à Versailles, il est promu sous-lieutenant puis lieutenant en 1939. Dès janvier 1942, il participe avec l'étudiant en médecine, Claude Schaller, à une recherche de réfractaires alsaciens blessés lors du franchissement illégal de la frontière espagnole.
Le 10 novembre 1942, après avoir occupé d'autres postes (Saint-Amand-Montrond - Cher en 1940 puis Lapalisse- Allier en 1941), il commande la section de gendarmerie de Saint-Girons, sous-préfecture ariégeoise proche de l'Espagne. Peu de temps après son arrivée à Saint-Girons, Maurice Keller s'engage dans une organisation clandestine, le service évasion dirigé par Pierre Delnom Dedieu. Grâce à son attitude et à ses consignes, il assure la sécurité des convois des évadés vers la frontière espagnole. Il aide efficacement les responsables chargés de mettre en place les premiers maquis et parvient à détourner les enquêtes officielles menées à l'encontre des milieux résistants.
Il est également en liaison avec Maurice Gardelle, chef militaire de l'arrondissement de Saint-Girons pour le compte des Mouvement unis de la Résistance (MUR). Grâce à sa connaissance de l'allemand, il lui fournit des renseignements précieux. Il défend encore le gendarme Durand accusé par les Allemands d'avoir laissé échapper trois réfractaires. De plus, en février 1944, il obtient la libération de deux chefs de la Résistance locale (Maurice Gardelle ci-dessus et Pierre Lacroix, chef du secteur de Castillon). Il réconforte en prison un jeune résistant d'origine russe arrêté par certains gendarmes hostiles au maquis. Enfin, après le débarquement de Normandie le 6 juin 1944, il donne son approbation aux gendarmes, volontaires pour rejoindre le maquis.

A travers toutes ses activités clandestines et son attitude, il est donc l'objet de la méfiance des autorités allemandes et de leurs collaborateurs français. Arrêté dans la nuit du 10 juin 1944 par la Gestapo, il est interné à la prison Saint-Michel à Toulouse et déporté le 31 juillet 1944 au camp de concentration de Buchenwald (Allemagne). Affecté au Kommando de Langenstein où il est astreint à un dur travail de terrassement avec notamment le creusement de galeries souterraines, il décède en déportation le 28 janvier 1945. Ses cendres reposent au cimetière allemand de Quedlinburg. Promu capitaine à titre posthume, Maurice Keller est fait chevalier de la Légion d'honneur, cité à l'ordre de la division et croix de guerre 1939-1945 avec médaille d'argent et médaillé de la Résistance française.

La citation à l'ordre n°42 de la division datée du 6 novembre 1945 est ainsi portée: "Officier de Gendarmerie animé du plus pur patriotisme. Au cours des années 1943/1944, n'a cessé de se dépenser avec courage et abnégation au profit de la Résistance. A notamment facilité le passage vers l'Espagne à de nombreux patriotes et a réussi à soustraire plusieurs Français aux Allemands. Arrêté le 10 juin 1944 et déporté en Allemagne, est décédé le 28 janvier 1945 à la suite des mauvais traitements qui lui ont été infligés. A ainsi payé de sa vie le dévouement sans réserve qu'il avait voué à la cause de la Résistance française". Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre 1939-1945 avec palme. 


Eric Le Normand
DVD-ROM La Résistance des Alsaciens, AERIA - Fondation de la Résistance (Département AERI), 2016