Charles Domergue

Légende :

Ancien combattant mutilé de la Grande Guerre, Charles Domergue participe à la création de l'Armée volontaire dont il devient le chef pour Paris, puis de la centrale du mouvement à partir d’avril 1941.

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © SHD GR 16P 188 599 Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique noir et blanc

Date document : sans date

Lieu : France - Ile-de-France - Paris - Paris

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Contexte historique

Charles Domergue est né le 22 janvier 1897 à Eutraygues (Aveyron). Il exerce la profession de mécanicien. Incorporé le 24 juillet 1916, il est blessé le 28 août 1917 à Bruyères (Vosges) et amputé de l'avant bras droit. Il est démobilisé en décembre 1917. Après la guerre, il est employé au service des pensions du Ministère des anciens combattants.

Contacté par René Lhopital, il rejoint la Résistance en juillet 1940. Sa première activité consiste à venir en aide aux prisonniers évadés. En octobre 40, il participe à la création de l'Armée volontaire en collaboration avec le commandant Lhopital, Marcel Lamboley, Max Belleville et André Donnay. Ils commencent immédiatement un travail de recrutement. Il participe également à la création et à la diffusion du journal Pantagruel tout en continuant son aide aux prisonniers évadés par la fourniture de faux papiers. Adjoint de Lhopital, Charles Domergue est nommé chef de l'Armée volontaire pour Paris avant de devenir le chef de la centrale du mouvement à partir d'avril 1941 à la suite de l'arrestation de Lhopital. Sous sa direction, le mouvement prend une nouvelle orientation comme le souligne le procès-verbal du jugement rendu par le Tribunal du Peuple : "Sous son influence s'est développé dans le mouvement une forte tendance anti-allemande et un net penchant pour de Gaulle. Ce penchant prit une telle dimension que tout en restant tout à fait anti-communiste l'Armée volontaire modifia néanmoins fondamentalement son caractère dans la mesure où elle devint en même temps clairement un mouvement de résistance contre l'occupant allemand." (Bundesarchiv, R 3017 / 77)

Arrêté une première fois le 27 septembre 1941 par la police française pour aide aux prisonniers évadés, Domergue est libéré le 25 novembre 1941 et reprend aussitôt ses activités clandestines. Arrêté une seconde fois le 24 janvier 1942, par la Gestapo cette fois-ci, il est interné à Fresnes puis déporté en Allemagne en octobre 1942, d'abord à Hinzert, puis à Willitch et enfin au pénitencier de Rheinbach.

Condamné à mort par le Tribunal du peuple à Trèves le 25 mai 43, on lui reproche d'avoir fait de l'espionnage militaire et notamment d'avoir arrangé une rencontre entre Belleville et un certain Deschamps qui lui a remis le dessin d'un compresseur pour un moteur d'avion provenant d'une usine allemande. Le tribunal lui reproche également d'être venu en aide à des aviateurs évadés de centres d'internement et d'avoir favorisé leur passage en zone libre. Pour ces faits, Charles Domergue est fusillé à Cologne le 25 août 1943.

Charles Domergue a été homologué au grade de commandant à titre posthume.

Décorations :
Officier de la Légion d'Honneur, Médaille militaire, Croix de guerre 1914-1918, Médaille de la Résistance avec rosette.


Auteur : Fabrice Bourrée

Sources : 
SHD Vincennes, 16P 188 599 (dossier individuel de Charles Domergue).
SHD Vincennes, 1 K 875, carton 3 (Archives de liquidation de l'Armée volontaire, dossiers individuel de Charles Domergue).
Musée de la Résistance et de la déportation de Besançon, fonds de l'Abbé de la Martinière (synthèse du procès des membres de l'Armée volontaire devant le tribunal du peuple réalisée par Olga Wormser).
Bundesarchiv, Berlin, R3017 / 77 (Tribunal du Peuple. Acte d'accusation contre dix membres de l'Armée volontaire).