Max Weinstein

Légende :

Fausse carte d'identité de Max Weinstein établie au nom de Max Chevalier.

Jeune recrue de l’Union de la jeunesse juive à Lyon en septembre 1943, Max Weinstein s’engage dans la lutte armée au sein des FTP. Après la guerre, il prend une part active à la diffusion de la mémoire des résistants juifs issus de la Main d’œuvre immigrée.

Genre : Image

Type : Faux-papiers

Source : © Archives privées Max Weinstein Droits réservés

Lieu : France

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Contexte historique

Max Weinstein est né le 20 juin 1927 à Nancy où ses parents juifs polonais se sont installés au début des années 1920. Max et son jeune frère sont nés en France alors que leur frère ainé Salomon Georges Weinstein, qui s’est distingué dans la Résistance française, est né en Pologne. Leurs parents et Salomon sont naturalisés officiellement en 1939 au titre de la loi de 1927. Leur père est mobilisé à l'arsenal de Roanne dans la Loire, mais à 40 ans et père de trois enfants, il est démobilisé et reprend son activité de commerçant sur les marchés. Quant à leur mère, qui a souffert des bombardements à Nancy en mai 1940, elle est internée dans des établissements de soins où elle finira ses jours. A la rentrée scolaire de 1940, Max Weinstein entre dans un collège technique à Roanne pour y suivre des études commerciales. Mais les attaques antisémites qui se multiplient lui deviennent de plus en plus insupportables.

En septembre 1943 dans sa 16e année, Max Weinstein rejoint son frère aîné Georges Weinstein, installé à Lyon sous la fausse identité de Maurice Chevalier depuis l’invasion de la zone Sud par l’armée allemande. Réfractaire au Service du travail obligatoire, ce dernier est entré dans la clandestinité sous le pseudonyme « Luc » et organise sous les ordres de Roland Tartakowsky les jeunes recrues de l’Union de la jeunesse juive (UJJ) à Lyon. En septembre 1943, Max Weinstein intègre l’UJJ sous l’identité de Max Chevalier et adhère au Parti communiste devenu clandestin depuis son interdiction en septembre 1939. Max Weinstein, sous le pseudonyme Gustave, appartient à un triangle, un membre du mouvement n’en connaît que deux autres, règle de base du cloisonnement notamment utilisé par les membres du Parti communiste pour éviter les arrestations en cascade. Il vit à Villeurbanne et travaille dans une usine suisse d’ascenseurs. Il mène avec son groupe de l’UJJ des actions de propagande (distribution de tracts, collage de papillons sur les murs, participation à des prises de parole devant les portes des usines). Au début de l’année 1944, il participe à des opérations de récupération de matériels sur des soldats isolés et à des actions de sabotages, notamment la destruction d’un transformateur dans une usine d’huile industrielle à Lyon, ou la destruction des pylônes du dépôt de tramway du quartier lyonnais de Vaise. Dans le courant de l’année 1944, il est nommé chef de groupe.

Alors que les Alliés ont débarqué en Provence le 15 août 1944, la 19e armée allemande entame sa retraite en remontant le Rhône sous la pression du VIe corps américain. Lors de l’insurrection populaire de Villeurbanne du 24 au 27 août 1944, Max Weinstein participe comme chef de détachement à l’érection et à la défense de barricades dans le bataillon Carmagnole, groupe de combat des FTP-MOI commandé par André Krischer dit « capitaine Lamiral ». Soutenue par la population et rejointe par différents groupes de résistants, cette insurrection ne peut cependant pas faire face à l’armée allemande qui a recours à des armes lourdes. Un accord entre les belligérants permet aux combattants de s’échapper vers l’est. Le bataillon Carmagnole rejoint alors les hommes des maquis de l’Aiguebelette en Savoie sous les ordres du commandant Sarroglia à Pont de Cheruy dans le Rhône où ils forment le bataillon Henri Barbusse. Alors qu’ils reprennent la route vers Lyon, Max Weinstein et ses camarades du bataillon Barbusse s’opposent à un détachement allemand à la bataille de Pusignan, à l’est de Villeurbanne, le 31 août 1944.

Max Weinstein participe à la bataille sur les toits de Lyon le 3 septembre 1944 pour débusquer des miliciens qui refusent de se rendre alors que Lyon est officiellement libérée. Nommé au grade de caporal-chef, il intègre le 1er régiment du Rhône (4e bataillon, 3e compagnie) en décembre 1944 dont il devient le secrétaire. Ce régiment rejoint la 1ere armée française sous les ordres du général de Lattre de Tassigny dans le cadre de l’amalgame. Max Weinstein qui décide de quitter l’armée est démobilisé officiellement le 13 juin 1945.

Après-guerre, Max Weinstein travaille pour le journal L’Humanité à Lyon puis à Paris en tant que comptable puis en tant que directeur de l’imprimerie. Il a été le responsable de la cité internationale de la Fête de l’Humanité. Enfin, il s’est investi dans la mémoire de l’histoire de la Résistance avec l’association MRJ-MOI (Mémoire des Résistants Juifs de la Main-d’œuvre immigrée) qui vise à faire connaître les actions de leurs membres dans la Résistance française. Il a été aussi très actif dans le montage du Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Il meurt en avril 2020.


Auteur : Hélène Staes

Sources et bibliographie
Service historique de la Défense, Vincennes, dossier individuel de Max Weinstein, GR 16 P 602082.
Georges Brandstatter, Combattants juifs dans les Armées de Libération, Rennes, Ouest France, 2015.
Permezel Bruno, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours. 2824 engagements, Lyon, BGA Permezel, 2003.
Témoignage de Max Weinstein filmé par l’Association pour des Etudes sur la Résistance Intérieure en février 2009 mis en ligne sur la plateforme vidéo YouTube de la Fondation de la Résistance