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Jean Rispal : le Débarquement et la 2e DB

Légende :

Jacques Rispal évoque le Débarquement du 6 juin 1944 ainsi que la 2e Division Blindée

Genre : Film

Type : Témoignage filmé

Source : © AERI Droits réservés

Détails techniques :

Durée de l’extrait : 00:01:51

Tournage et montage : Nicolas Voisin

Interview réalisée par Clémence Piet et Manuel Valls-Vicente.

Date document : Février 2009

Lieu : France

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Analyse média

Retranscription :

 

" Alors, l'annonce du Débarquement, le 6 juin au matin, évidemment, on s'est réveillé ne sachant absolument pas la veille ce qu'il allait se passer. On écoutait évidemment radio Londres et tout d'un coup, ça a été l'explosion de joie : " Ils ont débarqué ! Ils ont débarqué ! ", même ceux qui n'étaient pas dans la Résistance ou quoi que ce soit, ceux qui n'étaient pas collaborateurs étaient fous de joie. Donc, à partir de ce moment-là, on a vu paraître dans tous les foyers des cartes de France, puis, avec ce qu'on entendait à la radio, on mettait des petites épingles pour voir l'avancée. Et puis, on a quand même suivi comme ça l'avancée des troupes américaines et de la 2e DB. Nous sommes arrivés sur Paris, nous devions rejoindre le quartier des Halles. Bon, il y a eu, effectivement, des échanges de coups de feu. Dans les écoles où je passe, les élèves me disent : " Monsieur, est-ce que vous en avez tués ? Ca a toujours été le gros problème, de dire : " Est-ce que je tirais bien, est-ce que je tirais mal ? Est-ce que j'ai tué, est-ce que j'ai blessé, est-ce que j'ai manqué". C'est toujours une question que je me pose aujourd'hui, et elle n'a aucune réponse. Alors, j'ai voulu intégrer la 2e DB, et quand je suis arrivé au recrutement avec mes amis qui, eux, ont tous été à la 2e DB, ils m'ont dit : " Non, mon petit, toi, tu es trop jeune. " Là, ça a été la vexation la plus énorme que j'ai pu encaisser, parce que j'étais persuadé que j'allais continuer avec mon groupe. "


Contexte historique

Jean Rispal est né le 13 mai 1928 à Paris. Au moment de l'exode, un événement qui le marque beaucoup, il part pour Lyon. Il vient alors d'avoir douze ans. Déjà, il s'amuse à montrer à ses amis une photo du général de Gaulle qu'il garde dans sa poche, et à faire des graffitis engagés sur les murs...
Ses parents sont divorcés. Après deux années passées à Lyon, sa mère souhaite le voir revenir à Paris avec elle. Mais elle a peur de bombardements sur Paris et juge plus prudent d'envoyer Jean à la campagne en banlieue parisienne, à Senlisse (Seine-et-Oise). Il y séjourne avec son petit frère et une jeune fille au pair qui lui donne ses leçons... Et le laisse très libre malgré son jeune âge !

Au printemps 1943, Jean repère dans le village un groupe de jeunes qu'il pense être des résistants. Il leur demande de participer à leurs activités. Après quelques hésitations dues à son jeune âge, il est intégré au mouvement Libération-Nord. Il porte encore des culottes courtes (vêtement réservé aux petits garçons de l'époque), ce qui fait de lui un agent de liaison insoupçonné des Allemands. Il transporte avec sa bicyclette des messages, des armes... Afin de préparer un bombardement allié, il recueille des renseignements à la gare de Trappes, où il s'infiltre en jouant avec les enfants des cheminots. 

Il participe aux combats de la libération de Paris, mais il est refusé dans l'Armée régulière à cause de son jeune âge. Il s'engage donc au service des recherches du Lutétia, qui accueille les déportés à leur retour des camps. Jean a ensuite poursuivi une carrière commerciale, en s'appuyant sur sa capacité à entreprendre.

 


DVD-ROM « Valeurs de la Résistance, valeurs des jeunes aujourd’hui », AERI, 2012.