La 1ère compagnie du 1er bataillon de l'Armée secrète (AS) de Savoie

Légende :

Le 31 août 1944, la compagnie reçoit la mission de passer le col de Chavière pour se porter au Polset et prendre part à la libération de la Maurienne. Le résistant Jean-Pierre Rozier est au premier plan.

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © Archives privées de la famille Chappel Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique sépia

Date document : 31 août 1944

Lieu : France - Rhône-Alpes - Savoie

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Contexte historique

Dans les derniers jours de juillet et les premiers d'août, le 1er bataillon AS de Savoie reste en observation. Un parachutage est attendu car il manque des armes pour équiper tous les résistants sédentaires. Celui du col des Saisies le 1er août, entraîne l'unité à opérer des coupures de voies de communication, routes, ponts, voies ferrées et téléphone entre Chambéry et le Beaufortain, mais également avec Annecy et Grenoble. C'est Alfred Ory qui se charge de l'instruction pour l'utilisation des charges explosives. Des embuscades sont aussi organisées sur la Route nationale (RN) 6.

Le 15, alors que les Alliés débarquent en Provence, les Gardes mobiles (GM) de Chambéry prennent le maquis. Le capitaine Louis Perrollaz réunit moins de vingt hommes aux Garins. L'importance du bataillon se concrétise par la demande du Préfet de la Savoie au capitaine Georges Héritier pour assurer le transport des titres de ravitaillement depuis Lyon. C'est le lieutenant Jacques-Yves Mulliez qui s'en charge. Les sabotages se multiplient alors que les embuscades sont limitées car les résistants économisent les munitions.

Le dispositif se met en place à Aix-les-Bains, Chambéry et Saint-Pierre d'Albigny. Les compagnies se forment. Le 20, une tentative dirigée par Alfred Ory pour faire sauter le Pont Royal échoue. A Aix-les-Bains, le capitaine Jean Casalta fait réaliser des tracts en allemand et en polonais. Ces derniers sont diffusés mais les résistants ne sont pas assez nombreux. Il fait alors appel aux Forces françaises de l'intérieur (FFI) de Haute-Savoie. Le 21, l'encerclement de la ville se précise. Après quelques combats et la sortie "déguisée" des derniers soldats allemands valides, le reste de la garnison capitule durant la nuit. La même journée, la section du sous-lieutenant Auguste Delemontex intensifie la pression sur Saint-Pierre d'Albigny. En prévision d'un départ des Allemands de Chambéry, le capitaine Georges Héritier rassemble tous les éléments disponibles soit 18 fusils mitrailleurs (FM) et 150 hommes pour tendre une embuscade. Le 22, l'ennemi évacue la capitale savoyarde dans la matinée et essuie de lourdes pertes dans le secteur de Chignin. Le 23 au soir, l'attaque du capitaine Jean Casalta sur Montmélian échoue, la ville n'est libérée que le 24. Le Poste de commandement (PC) du bataillon s'y installe rapidement. Les combats s'intensifient du côté de Saint-Pierre d'Albigny où les résistants appuyés par des éléments FFI de Haute-Savoie continuent à faire pression sur la retraite des Allemands venant de Chambéry ou de Grenoble. Tout le bataillon est maintenant mobilisé dans les combats en Combe de Savoie. Les pertes sont importantes, le sergent-chef Joseph Jawetz est tué le 24 et le jeune soldat Guy Gellon le 25 à La Chavanne.

Le 25 août, le pont Royal est pris avant d'être à nouveau repris par les Allemands. Il saute finalement dans la nuit du 25 au 26. Les sections sont alors dirigées vers la Basse-Maurienne où elles se heurtent à une défense acharnée de l'ennemi. Du 28 au 30, l'unité est placée en repos et, en partie, réorganisée. Dès le 31, elle reçoit l'ordre de gagner Pralognan-la-Vanoise afin de participer à la manoeuvre d'encerclement de Modane. Les compagnies des lieutenants Pierre Cazenavette et Alfred Weber atteignent l'objectif dans la soirée du 1er septembre. Le détachement, commandé par le capitaine Jean Casalta, franchit le col de Charvière le lendemain et s'installe dans les chalets de Polset et de l'Orgère. Les autres éléments du bataillon font mouvement sur le col des Encombres pour une action éventuelle sur Saint-Michel-de-Maurienne.

Le 4 septembre, la 1ère compagnie atteint le fort du Sapey. Le 6, le PC du bataillon s'installe à Pralognan-la-Vanoise et organise le ravitaillement des compagnies dispersées en Haute Maurienne. Les Allemands se replient vers Modane et leurs effectifs deviennent chaque jour plus importants. Le capitaine Georges Héritier décide de renforcer ses unités en première ligne. Le 9, la mission de gêner le repli de l'ennemi par le Mont-Cenis est assignée au 1er bataillon de l'AS de Savoie. En collaboration avec la compagnie de Haute Maurienne dirigée par Antonin Mistral, une action est organisée contre le verrou que représentent les forts de l'Esseillon. Dans le même temps, la liaison est établie avec les troupes qui viennent de libérer la vallée. L'attaque de Modane est fixée au 13. Après de durs combats où l'unité subit quelques pertes, l'ennemi se replie dans la soirée. Le 14 au matin, la ville est prise. Toutefois, les Allemands tiennent solidement la rive gauche de l'Arc en Haute Maurienne. Jusqu'au 20, les activités se bornent à des patrouilles et des reconnaissances dans le secteur.

Le 21, le 1er bataillon de l'AS de Savoie est relevé par une unité de l'Isère. Il est envoyé à Modane puis Apremont. Le 24, il participe à la cérémonie commémorative de Valmy organisée à Chambéry avant d'être dissout. Les hommes qui le souhaitent peuvent s'engager au sein du bataillon Savoie qui deviendra plus tard le 13ème bataillon de chasseurs alpins (BCA).


Eric Le Normand, "Le 1er bataillon de l'Armée secrète (AS) de Savoie durant les combats de la Libération" in DVD-ROM La Résistance en Savoie, AERI, 2012.