Carte des combats de Saint-Nizier

Légende :

Carte illustrant les éléments constitutifs des combats de Saint-Nizier-du-Moucherotte, qui se déroulèrent du 13 au 15 juin 1944

Genre : Image

Type : Carte

Source : © Christophe Clavel - Département AERI Droits réservés

Détails techniques :

Carte en couleur légendée.

Date document : 2014

Lieu : France - Rhône-Alpes - Isère - Saint-Nizier-du-Moucherotte

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Analyse média

La légende de la carte informe sur la topographie du terrain et, au moyen de flèches de couleurs diverses, décrit les mouvements des troupes allemandes ainsi que les flux de renforts résistants.

Le 9 juin 1944, l’ordre de mobilisation des unités et des individuels est donné par François Huet, Hervieux, selon la directive de M. Descour.
Le 10 juin, les compagnies civiles Brisac et Prévost reçoivent l’ordre d’interdire l’accès au camp de Saint-Nizier en cas d'éventuelle attaque allemande venant de Grenoble.

Le 15, les Allemands attaquent en force. Malgré les renforts dépêchés par F. Huet, l’ordre de repli est donné. Les Allemands sont maîtres du verrou mais n’exploitent pas entièrement leur succès.

 

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Guy Giraud

Contexte historique

Les combats de Saint-Nizier : première attaque des 13 et 14 juin 1944 

François Huet, Hervieux, organise l’occupation du camp de Saint-Nizier, au centre du plateau de Charvet, qui présente un large front à défendre pour s’opposer à une attaque venant de Grenoble. Dans les alentours de Saint-Nizier-du-Moucherotte, se trouvent, depuis le 10 juin 1944, la compagnie civile commandée par Brisac (Belmont), et la compagnie Goderville (Prévost), composée des corps-francs de la région. La position domine Grenoble. Elle permet d’observer le trafic routier et ferroviaire de l’ennemi. Elle peut servir de base de départ pour effectuer des raids sur les villages en contrebas, où les Allemands sont installés et disposent de nombreux services... D’où l’intérêt pour l’occupant de se saisir de ce point clef. 

La grande majorité des FFI est insuffisamment armée. Elle possède des fusils et des mitraillettes, quelques mitrailleuses légères et des fusils mitrailleurs, des grenades, Gammon en particulier, et un mortier léger (mortier de 60 français ou mortier de 2 pouces anglais assorti d'une trentaine d’obus).

Bien entendu, ce branle-bas, consécutif au déploiement des maquis à Saint-Nizier-du-Moucherotte, n'était pas passé inaperçu des Allemands.
Le 13 juin, l'état-major allemand lance, depuis Grenoble, un bataillon pour forcer la trouée de Saint-Nizier-du-Moucherotte, voire pour effectuer une première reconnaissance du dispositif du maquis. Le 13 juin toujours, vers 9 heures, des paysans préviennent les résistants que 300 à 400 soldats allemands montent à pied de Seyssins vers Saint-Nizier-du-Moucherotte, après avoir laissé leurs camions plus bas. Le chef de bataillon Roland Costa de Beauregard (Durieu) se porte sur les lieux.

Le 13 juin 1944, la BBC diffuse deux messages personnels : le premier, "Le petit chat est mort", annonce un parachutage sur le terrain Sous-Main, à Méaudre (Isère). Deux bombardiers Halifax larguent 30 containers ; les armes sont dégraissées, immédiatement distribuées puis utilisées dès le 15 juin, lors de la deuxième attaque allemande sur Saint-Nizier.
Dans la nuit du 13 au 14 juin, le second message, « Gloire et honneur à ce cochon de popotier » concernant le terrain Rayon de La-Chapelle-en-Vercors (Drôme) est diffusé.

Étant en nombre égal à celui des Allemands, les résistants vont combattre pendant quatre heures. Les hommes de la Wehrmacht s'infiltrent dans les bois, placent des armes automatiques sur la route de Charvet et dominent ainsi le camp. Grâce à la compagnie Chabal, qui arrive en renfort en chantant la Marseillaise, les résistants rétablissent la situation et les Allemands regagnent Grenoble.

Le bilan des victimes des combats du 13 juin 1944 s'élève, pour les maquisards, à 12 tués et 6 blessés. Il s'élève, côté allemand - et selon Pierre Tanant, d'une part, et l'historien Peter Lieb, d'autre part - à 1 tué et 5 blessés. On ne déplore, pour ce jour, aucune victime civile, le village étant à l'écart de la zone de combat.

Le 14 juin, des renforts allemands arrivent à Saint-Nizier et ouvrent le feu, mais ne causent aucun dommage sur le village.
F. Huet annonce l’arrivée de différents renforts : une section de chasseurs alpins du 6e BCA, une section civile d’Autrans, commandée par l’adjudant Esch, et deux sections prélevées sur les camps du Sud-Vercors (11e Cuir.), dirigées par les lieutenants Point (Payot) et Grange (Cathala). 

Tenus en échec, les Allemands renouvelleront leur attaque le 15 juin 1944, avec des moyens renforcés et l'appui de l'artillerie, tirant depuis Grenoble.

 

La deuxième attaque de Saint-Nizier, le 15 juin 1944

Le 15 juin 1944, vers 5 heures, débute la deuxième attaque. Cette fois, à peine 600 résistants se battent contre 2 000 Allemands et miliciens qui attaquent de tous côtés.
La 2e section de la compagnie Bordenave (Dufau ou Duffau) ainsi que 60 hommes de la compagnie Crouau (Abel) arrivent en renfort. Des miliciens, portant des brassards tricolores, réussissent à s'infiltrer parmi les résistants et leur tirent dans le dos.

Malgré le combat farouche des maquisards, trop légèrement armés, l'assaillant progresse partout, atteint et incendie Saint-Nizier-du-Moucherotte, sans chercher à pousser plus loin : il a désormais forcé la porte du Vercors et pris pied dans le massif. 
Vers 10 heures, François Huet ordonne le repli de ses hommes en direction de la Croix-Perrin, Corrençon et Valchevrière. F. Huet admet bientôt l'impossibilité de rejeter l'adversaire et renonce à défendre le plateau de Lans et Villard-de-Lans, pour reporter ses défenses plus au sud et, ainsi, les raccourcir.

Les Allemands déterrent les corps des tués, enlèvent ceux déposés à la morgue et brûlent les victimes des deux jours de combat. Ils pillent et incendient fermes et maisons, en en détruisant au total 81 sur 93, épargnant un seul hôtel. Les hameaux de Charvet, des Michallons, de Rochetière, des Roux, et des Guillets sont entièrement détruits. L’ennemi ne pousse alors que quelques pointes vers Lans-en-Vercors, et jusqu’à Villard-de-Lans, où il contrôle le personnel présent au lycée polonais Cyprian-Norwid. Il a désormais forcé la porte de la forteresse et pris pied dans le massif.

Le bilan des combats du 15 juin 1944 s'élève, pour les maquisards, à 9 tués et 6 blessés. Il s'élève, côté allemand, à 12 tués et environ 25 blessés. Il faut ajouter les victimes civiles, au nombre de 9.

Au total, les deux combats de Saint-Nizier coûtèrent la vie à vingt-et-un maquisards, neuf civils de Saint-Nizier et treize Allemands qui déplorèrent, en sus, une trentaine de blessés.

 

Questions :

Quelles étaient les possibilités de défense du massif devant une attaque en force, appuyée par l’artillerie et l’aviation ?

Quelle était la valeur opérationnelle des compagnies Brisac et Prévost ? 

Quel fut le rôle de la milice française dans cette attaque allemande ?

Peut-on apprécier l’attitude générale au feu des combattants du maquis ?

Quelles furent les représailles allemandes à l’égard des combattants tués ou blessés et de la population ?

Quelles furent les conséquences de ces combats pour le village de Saint-Nizier-du-Moucherotte ?

 

Pour en savoir plus :


Les événements de juin 1944
(G. Giraud)

Tableau récapitulatif des parachutages sur le Vercors

Le premier jour de la bataille de St-Nizier vu par Paul Brisac

 Le premier jour de la bataille de St-Nizier vu par Pierre Tanant

La bataille de St-Nizier vue par Yves Perotin, dit "Pothier"


Auteur : Guy Giraud

Sources :

Archives du Bureau Résistance - Service historique de la Défense (SHD) - dossiers Vercors.

VERGNON Gilles, Résistance dans le Vercors, Histoire et lieux de mémoire, Grenoble, Glénat, 2012, 191 pages.

Association Nationale des Pionniers et Combattants Volontaires du Vercors (ANPCVV), Le Vercors raconté par ceux qui l’ont vécu, Grenoble, ANPCVV, 1994, 431 pages.

BERNET Jean-Pierre, Les maquis de Rhône-Alpes, préfacé par Alain Le Ray, Panazol, Editions Lavauzelle, 1987.

TANANT Pierre, Vercors Haut lieu de France, Grenoble, éditions Arthaud, 1948, 237 pages.