Caserne du Prince Eugène, Paris

Légende :

Parc de stationnement des véhicules allemands devant la Caserne du Prince Eugène à Paris.

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique en noir et blanc

Date document : Août 1944

Lieu : France - Ile-de-France - Paris - Paris

Ajouter au bloc-notes

Contexte historique

La reddition la plus importante après celle du Luxembourg est celle de la caserne du Prince Eugène, place de la République. 

A la veille de l'insurrection, la caserne Prince Eugène est transformée en camp retranché et de nombreuses patrouilles en sortent régulièrement pour inspecter les environs. Des pièces d'artillerie ont été disposées au débouché des principales avenues qui donnent sur la place : avenue de la République, boulevard Voltaire, boulevard Saint Martin, rue du Faubourg du Temple, boulevard du Temple ; deux blockhaus prennent sous le tir le boulevard Magenta. Un champ de mines empêche la traversée entre les deux terre-pleins centraux séparés par la statue. 

De leur côté, les FFI à l'appel du colonel Rol-Tanguy ont érigé des barricades rue du Faubourg du Temple, rue de la Fontaine-au-Roi, rue de la Douane ; ils se tiennent en masse sur le quai de Valmy mais ne peuvent approcher à cause de la puissance de feu des Allemands. Le camp retranché s'est transformé en piège pour les cinq cents soldats qui tiennent la caserne. L'ennemi ne pourra pas sortir mais il faudra attendre le 25 août, l'arrivée des chars du général Leclerc pour le réduire. 

Le 25 août, les FFI progressent lentement par les toits, sur les trottoirs par bonds de porte en porte. Ils arrivent de toutes parts. Les servants des pièces allemandes, installées au débouché des avenues, sont des cibles de choix mais causent des pertes sévères aux assaillants qui les encerclent. Manifestement ils n'ont pas l'intention de se rendre aux "terroristes". Certains tentent de s'enfuir par une bouche de métro. Ils seront mis hors de combat par des groupes de FFI qui ont envahi les souterrains. Le capitaine Lebert est allé en personne réclamer des renforts à l'Hôtel de Ville et revient avec environ cent cinquante hommes. La nasse se resserre. Les soldats allemands sont obligés de se réfugier dans la caserne. Mais, postés aux fenêtres, ils tiennent encore la place sous leurs feux. L'entrée principale est trop étroite pour envisager un assaut de la part des FFI. 

Capturé à l'hôtel Meurice, le général Von Choltitz a signé sa capitulation à la Préfecture de Police. Il s'est engagé dans ce document à donner l'ordre à ses troupes de se rendre. Plusieurs officiers de la 2e Division blindée accompagnés d'officiers allemands font le tour des derniers points de résistance pour diffuser cet ordre et obtenir la reddition des derniers combattants. Le lieutenant de vaisseau Vivier, du régiment blindé de fusiliers marins, et un officier allemand, agitant un drapeau blanc, s'approchent de la statue de la République et annoncent au microphone de leur véhicule que le combat doit cesser. Un parlementaire sort de la caserne. Les FFI qui n'ont pas tous compris le message continuent leurs tirs. Le lieutenant Vivier remonte alors dans son char et entreprend un tour complet de la place en agitant un drapeau tricolore et en criant qu'il faut cesser le feu. Quelques balles allemandes lui font écho. Le calme s'établit enfin et la garnison se rend. Elle compte plus de cinq cents hommes.