La mémoire des combats de la Libération : l'Aillantais

Légende :

Plaque commémorant les événements survenus du 18 au 23 août 1944, lors de la libération du canton d'Aillant-sur-Tholon, sise aux Ormes

Genre : Image

Type : Nom de place

Source : © Cliché T. Roblin / ARORY Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur (2004).

Date document : 2004

Lieu : France - Bourgogne - Yonne - Aillant-sur-Tholon

Ajouter au bloc-notes

Analyse média

Il s'agit d'une petite plaque de marbre gris, très sobre, avec inscription en lettres dorées. La plaque indique le nom de la place : « Place de la Libération » et ajoute deux dates, celles qui encadrent les événements de la Libération, entre le 18 et le 23 août 1944. À la différence de la plaque inaugurée à Sens en 2002, sur un mur du collège Montpezat, aucune précision informative n'est donnée.


Auteurs : Joël Drogland et Thierry Roblin

Sources : 

CD-Rom La Résistance dans l'Yonne, AERI - ARORY, 2004.

C. Delasselle, J. Drogland, F. Gand, T. Roblin, J. Rolley, Un département dans la guerre. Occupation, Collaboration et Résistance dans l’Yonne, Paris, éd. Tirésias, 2007.

Contexte historique

La libération du canton d’Aillant-sur-Tholon a été marquée par une série d’engagements très durs, où se sont principalement distinguées les forces combattantes du réseau Jean-Marie Buckmaster. Roger Bardet, responsable du réseau Jean-Marie, est contacté le 16 août par des membres de la mission Jedburgh chargée de coordonner la stratégie de libération du département. Il déclare être à la tête de près de 500 hommes armés, fort mal intégrés aux FFI du département.

Le 16 août 1944, les premiers éléments de la 2e compagnie du réseau Jean-Marie entrent sans combattre dans Aillant-sur-Tholon, un des premiers chefs-lieux de canton du département avec Charny à être libéré. Cette libération provoque l’enthousiasme de la population. Les drapeaux alliés fleurissent aux fenêtres. Alors que les hommes de la compagnie s’installent sous le marché couvert, le PC est installé dans les locaux du café Félix, situé sur la place de l’église. À proximité est également implanté le PC de l’état-major du réseau. Tout un dispositif de défense est mis en place sur les différents points d’accès de la commune.

Le 17 août, en début de matinée, une patrouille de reconnaissance américaine venant du Mans et opérant en flanc-garde de la 7e division blindée de l’armée Patton, prend contact avec l’état-major du réseau Jean-Marie. D’après Robert Bailly, leur armement est composé de  « trois chars légers type M2, armés d’un canon de 37 et de deux mitrailleuses, de deux half-tracks et d’une Jeep armée de mitrailleuses, d’un mortier et de deux bazookas ». Leur arrivée justifie le parachutage du 19 août : des containers chargés de vivres et de munitions sont réceptionnés en plein jour, près du château de Bontin, situé sur le plateau des Ormes.

Dans la nuit du 22 au 23 août, un important convoi hippomobile allemand se repliant depuis Poitiers organise un bivouac dans les bois du village des Ormes, situé à l’ouest d’Aillant-sur-Tholon. Découvrant le monument aux morts pavoisé aux couleurs françaises, des soldats allemands incendient l’école ainsi qu’une ferme. Alertée, la patrouille américaine, secondée par un détachement de la 2e compagnie, engage un combat au cours duquel un parachutiste des SAS, le britannique Jimmy Hall, est tué. Paniqué, le convoi allemand se disloque, abandonnant une grande partie des chevaux et du matériel. Certains réussissent à se dégager et à rejoindre Villiers-sur-Tholon, où ils se heurtent à un barrage organisé par les hommes de la 1re compagnie. Le combat est bref mais violent, et fait deux morts.

Le soir du 23 août, le PC d’Aillant-sur-Tholon apprend la présence de quelques soldats allemands dans une ferme des Brûleries, près de Saint-Aubin-Châteauneuf. Après avoir participé dans la journée au combat de Monéteau, la section commandée par Roger Colson, assisté d’un interprète alsacien, l’adjudant Fagermann, se rend sur place dans le but de procéder à la reddition des soldats réfugiés dans une grange. Ils ne veulent se rendre qu’à l’armée américaine ! Alertée, la patrouille américaine, heureusement toujours en poste à Aillant-sur-Tholon, peut procéder à la capture d’un état-major entier, qui est en fait le reste du convoi hippomobile attaqué dans les bois des Ormes la veille. Un colonel, 24 officiers, 16 sous-officiers, 31 hommes de troupes, au total 72 hommes se rendent.

Les environs d’Aillant-sur-Tholon sont libérés à partir du 23 août 1944, mais les combats se poursuivent à travers le canton car de nombreux soldats allemands errent dans la nature, paniqués pour la plupart, mais aussi redoutables car très entraînés. Le danger est présent, mais malheureusement sous-estimé par certains combattants, l’euphorie de la Libération aidant.


Auteurs : Joël Drogland et Thierry Roblin

Sources : 

CD-Rom La Résistance dans l'Yonne, AERI - ARORY, 2004.

C. Delasselle, J. Drogland, F. Gand, T. Roblin, J. Rolley, Un département dans la guerre. Occupation, Collaboration et Résistance dans l’Yonne, Paris, éd. Tirésias, 2007.