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Roger Stephan

Légende :

Fiche établie par la brigade spéciale 1 (BS1) qui était chargée de la répression de l'activité clandestine communiste et gaulliste durant l'Occupation.

Genre : Image

Type : Fiche

Source : © Archives de la Préfecture de Police de Paris Droits réservés

Détails techniques :

Support cartonné

Date document : 1941

Lieu : France - Ile-de-France - Paris - Paris

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Contexte historique

Né le 7 septembre 1904 à Paris (VIe arr.) ; chauffeur de taxi ; membre de la CGTU des cochers-chauffeurs, puis de la CGT ; militant communiste de Paris ; interné.

Fils de Jean et de Francine, née Bonniec, Roger Stephan demeura 86 bis rue de Picpus à Paris (XIIe arr.), il était appréhendé le 26 février 1934 vers 9 heures à l’angle des rues Bertrand et Duroc (VIIe arr.) en compagnie de Pommery, il « venait de lancer un pavé sur un taxi en service ». Défendu par maître Maurice Paz l’un des avocats du Secours Rouge International, il plaida l’indulgence, les deux inculpés reconnurent les faits. Roger Stéphan a été condamné à quinze jours de prison et Pommery à six jours pour « entraves à la liberté du travail », le Tribunal accorda le sursis aux deux militants « en raison de leurs bons antécédents ».

Il habitait en 1937 au 13 rue Gossec (XIIe arr.), vivait avec Louise Kérillis, veuve, le couple eut deux enfants, ils furent reconnus par Roger Stéphan. Roger Stéphan travailla pour diverses compagnies dont la Compagnie Générale des Voitures de Place.

Mobilisé en septembre 1939, libéré en décembre, il fut rappelé fin avril 1940 et libéré après la signature de l’armistice de 1940. Chômeur de septembre 1940 à janvier 1941, il s’inscrivit au fond de chômage du XIIe arrondissement. Interpellé le 26 janvier 1941, les policiers saisissaient à son domicile une brochure intitulée « Le rapport de Molotov ». Envoyé au dépôt, il comparaissait le 30 mai 1941 devant la XVe Chambre correctionnelle qui le condamnait à quatre mois de prison pour infraction au décret du 26 septembre 1939. Il affirma par écrit « Je prends librement l’engagement d’honneur de ne me livrer à l’avenir directement ou par personne interposée à aucune activité communiste », il fut libéré.

Ayant fait appel, libre, sur convocation il se rendit les 23, 24 et 26 mars 1942 devant la Section spéciale de la Cour d’Appel de Paris qui le condamna à un an de prison et cent francs d’amende. Il purgea sa peine à la Centrale de Poissy (Seine-et-Oise, Yvelines). En août son nom figurait sur une lettre anonyme de onze noms adressée au Préfet de police où figurait son numéro d’écrou 3532, celui qui signait « Un bon Français », les traitait de « Juifs communistes ou étrangers » et écrivait « Ils ont tous des pistolets, grenades, cravaches cachés dans un parloir ». Les policiers menèrent l’enquête, des affabulations, plusieurs personnes mentionnées dans cette lettre travaillaient pour les autorités allemandes et l’un, réfugié russe était rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Courrier de Paris en langue russe de tendance national-socialiste.

Alors qu’il devait être libéré, en application du décret du 18 novembre 1939, Roger Stéphan était interné au camp des Tourelles (Paris XXe arr.), puis le 19 octobre 1942 à la baraque 15 à Rouillé (Vienne). Le 23 mars 1943 il écrivit au préfet de la Vienne, il soulignait que dans la période où il avait été en liberté, du 31 mai 1941 au 26 mars 1942, il n’avait « été sujet à aucune visite policière ». Il demandait que sa situation soit examinée en vue de sa « remise en liberté ». Le commandant du camp écrivit « Sa conduite est normale ». Le 11 mai 1943, il demanda une autorisation à séjourner chez sa belle-sœur en Charente-Maritime. Le 21 mai le préfet de police décida « le maintien de la mesure d’internement ». Le 21 septembre, il était détaché au camp de Migné (Indre) pour travailler pour le compte de l’organisation Todt, Roger Stéphan s’évada le 23, il aurait pris le maquis. La police édita une fiche de recherche : « Taille : 1m 66, visage ovale, yeux marrons, nez : rectiligne, cheveux gris. Tatouages : bras gauche tête de femme, gauche croissant, femme sur la poitrine ».

Roger Stéphan a été grand électeur du Parti communiste à Paris lors des élections sénatoriales du 24 novembre 1946. Il partit vivre dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor), il entreprit des démarches administratives auprès du ministère des Anciens combattants et victimes de guerre en 1956 pour obtenir le titre d’interné résistant.


Daniel Grason pour le Maitron-en-ligne

SOURCES : Arch. PPo. 1W 299, 77W 1590.