Le sabotage du pont de Livron

Légende :

Réalisé par le commando Henri Faure dans la nuit du 16 au 17 août 1944.

Genre : Carte

Type : Carte

Producteur : Christophe Clavel d\'après Alain Coustaury

Source : © AERI Droits réservés

Détails techniques :

Carte couleur format numérique.

Date document : 2006

Lieu : France - Rhône-Alpes - Drôme - Livron-sur-Drôme

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Contexte historique

Le 15 août 1944, les troupes franco-américaines débarquent sur les côtes de Provence malgré l'opposition de la XIXe armée allemande.

Le 15 août, à 16 heures 30, le capitaine Henri Faure (« Gérard », « Albert ») chef de la SAP reçoit un message du commandant De Lassus Saint-Geniès (« Legrand ») chef des FFI de la Drôme : « Faites sauter le pont de Livron, rendez compte de l'opération ».
Le matin du 16, Henri Faure vérifie l'armement disponible. Il effectue une reconnaissance le soir, vers 19 heures. Tous les véhicules allemands présents pendant la journée autour du pont ont disparu. Il ne reste plus qu'un cantonnement d'hommes de la batterie de Flak. Des convois d'artillerie remontent vers le nord vers 21 heures. Henri Faure maintient l'opération. Il fixe le rassemblement du groupe à la ferme Brunel, située 3 km en amont du pon. Le groupe est au complet à 22 heures. Les consignes de sécurité sont précisées. Le départ est donné à 22 heures 30, les hommes approchent du pont en suivant la voie ferrée Livron-Veynes, Paris-Briançon, ligne ne fonctionnant plus à cause des sabotages. Un groupe de protection est placé au nord du pont. Il est composé de Monnier, Valette, Jean Boyer, Maurice Brunet, Léon Brunel, Pierre Chastel et Mathon. Son armement est constitué d'un fusil-mitrailleur, de mitraillettes, de grenades et de Gammons. Le reste des hommes franchit le pont, courbé, protégé par le parapet en pierre. Le groupe de protection sud se divise en deux, un près de la ferme Courty à 100 mètres du pont avec Baulac, Bertalin Raymond, Planet Camille, l'autre près du pont, au bord oriental de la route avec Charles Comer, Jean Boulange, Max Lafont, René Achard et Philippe Vitali. Une fois les protections mises en place, les mineurs opèrent en deux groupes.
Commence la phase la plus délicate, creuser à l'aide de barres à mine deux puits de mine à 6 mètres d'intervalle. Afin d'éviter d'être découverts, les sapeurs espacent leurs coups, écoutent, protègent leur barre par des chiffons. Un arrêt du forage est provoqué par l'arrivée de véhicules allemands qui s'arrêtent au campement. Le travail reprend. Après avoir creusé la croûte de la route, on approfondit la cavité avec les mains qui rencontrent du sable. Les trous étant jugés suffisamment profonds, trois cellules de plastic sont placées dans chacun d'eux, un crayon allumeur, une mèche lente. Tout est relié par deux cordons détonants. Après vérification, le groupe de protection éloignée sud rejoint le groupe nord. Le repli s'effectue sans problème. Henri Faure et un compagnon allument alors les mèches. Le groupe se replie par la route départementale 93. Quelques minutes après, 180 kg de plastic explosent, détruisant l'arche sud du pont sur 27 mètres, longueur que ne pourront réparer les sapeurs du Génie allemand qui ne disposent pas de travées assez longues.

La destruction du pont routier de Livron a eu plusieurs conséquences. Connue très rapidement par les Américains, ils n'ont pas monté une opération aérienne pour tenter de détruire ce pont et toucher également la ville de Livron. Sur le plan militaire, la destruction a fortement ralenti la retraite allemande, sans l'arrêter toutefois, comme il est parfois dit.


Auteur(s) : Alain Coustaury
Sources : Dvd-rom La Résistance dans la Drôme et le Vercors, éditions AERI-AERD, 2007.