Plaque en mémoire de Célestin Plourde, Chauvigny (Vienne)

Légende :

Plaque en mémoire de Célestin Plourde, assassiné par les nazis le 31 août 1944, située 9, rue des Alouettes, Chauvigny (Vienne)

Genre : Image

Type : Plaque

Producteur : Christophe Durand

Source : © Cliché Christophe Durand Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur.

Date document : Mai 2018

Lieu : France - Poitou-Charentes - Vienne - Chauvigny

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Contexte historique

A l'été 1944, les maquisards des groupes Jacques, Baptiste, Pinard, Rolland, Le Chouan se déplaçaient en direction de Chauvigny (Vienne) pour participer à la libération de la ville occupée par les Allemands. 

Le 23 août 1944 (1), les hommes sont mis en alerte. Des camions de soldats allemands sont aux portes de Chauvigny. D'un lieu non déterminé, ils tirent au mortier sur la ville faisant des victimes parmi la population.

Le 24 août, les Allemands cherchent à établir une tête de pont. Leur souci est de protéger les ouvrages d'art qui doivent permettre à un convoi de franchir la Vienne. Mais les maquisards sont là pour faire obstacle à leur projet.

Le 25 août, une colonne allemande, forte de 800 hommes, se déplace à pied vers Chauvigny. Le maquis prend la décision de faire sauter le pont de Chauvigny. A 16  h  30, une détonation déchire l'air. Malheureusement, l'opération coûte la vie au chef du groupe Baptiste, le capitaine Pierre Blanchier.

Le 26 août, la population est menacée de sanglantes représailles. Des otages sont rassemblés sur la place du Champ-de-foire. Des Allemands emmènent des civils vers les Halles de la mairie. Puis arrive une autre colonne d'otages venant de la direction de l'ancienne gare du tram. A son tour, le maire Jacques Toulat est pris et interrogé par un officier. Vers 14 h, c'est plus d'une centaine d'otages qui est retenue. Sur la place du Marché, ils sont alignés, encadrés par des soldats en armes. Les interrogatoires commencent sous les coups de cravache qui pleuvent, les hurlements et les insultes. Des hommes sont tués comme le jeune Picouays, étendu sur les marches de la mairie.

Le 27 août, la Légion indienne (composée de membres du corps expéditionnaire britannique, qui, faits prisonniers par les Allemands et gagnés par l'antisémitisme des nazis, furent incorporés dans l'armée allemande) lâchée en ville pille et commet des violences sur les jeunes filles croisées. Ce calvaire dure jusqu'au 28 août.

Puis finalement, Allemands et Indiens se retirent de la ville. Tous les otages sont libérés, grâce notamment au rôle capital joué en ces journées par le maire. Ces journées tragiques ont été une nouvelle fois commémorées vendredi, sous la présidence du maire Gérard Herbert, en présence des porte-drapeaux, élus et population. « Souvenons-nous plus particulièrement ce soir, de ceux qui sont tombés sous les balles et les coups des nazis au cœur de notre cité », commente le maire. Et d'ajouter « le courage de ces hommes, qui ont offert le sacrifice de leur vie pour la libération de notre ville, ne doit pas être oublié. »

Les victime sont Mathieu Sheuer, Pierre Blanchier, Jacques Robin, Marius Serrault, Émile Velluet, Clément Magnon, Louis Bernard, Marcel Blanchard, Maurice Combet, Albert-Marcel Picouays, Alexandre Raffray, Baptiste Rigaud, Émilien Tranchant et Célestin Plourde.
Par ailleurs, le 10 juillet 1944, lors du massacre de Bélâbre (Indre) parmi les 46 hommes tués, 14 étaient originaires de Chauvigny.


Sources : Article intitulé "Ne pas oublier la bataille de Chauvigny", publié sur le site Internet de La Nouvelle République, le 27 août 2017, consulté le 4 mai 2018.

(1) Office national des anciens combattants (ONAC) et Vienne Résistance.