"Survivre à la fin de l'univers concentrationnaire"

À partir de l'été 1944, la défaite militaire parait inéluctable pour l'Allemagne qui poursuit, coûte que coûte, les déportations. Les trains emmenant les déportés vers les camps de concentration ou d'extermination priment sur les transports de troupes. Le 17 août 1944, 1 300 prisonniers du camp de Royallieu à Compiègne auxquels sont ajoutés 51 juifs de Drancy partent par le convoi 79 vers Buchenwald. Un dernier convoi parti de Compiègne le 25 août est stoppé à Péronne avant d’atteindre le Reich. Le 1er septembre 1944, près de 900 prisonniers politiques sont déportés de Tourcoing vers le camp de concentration de Sachsenhausen près de Berlin dans le dernier « train de Loos ». En fait, jusqu’à la libération complète des territoires occupés de l’est de la France en novembre 1944, les déportations se sont poursuivies.

 L'offensive massive de l'armée soviétique à travers la Pologne à laquelle s’ajoute la poussée des armées alliées à L’ouest après les débarquements de Normandie et de Provence, amène le Reichsführer SS Henrich Himmler à ordonner l'évacuation des camps de concentration et d'extermination vers l'intérieur du territoire allemand. Les autorités SS veulent utiliser jusqu'au bout les déportés comme main-d'œuvre dans les usines d'armement. Durant l'été, l'automne 1944 et jusqu'à la fin avril 1945 se déroulent « les marches de la mort ». Certaines évacuations se font par train, dans des wagons à ciel ouvert mais à partir de l'hiver 1944-1945, c'est à pied que les déportés sont dirigés dans des marches épuisantes et erratiques vers le cœur du Reich. Des milliers de prisonniers meurent de faim, d'épuisement, de froid ou sont abattus par les SS et parfois les populations. Cette ultime épreuve prend le nom de « marche de la mort » dans la mémoire des survivants. Des Marseillais vécurent ces ultimes déportations et évacuations.

Auteur(s) : Sylvie Orsoni, Laurent Thiery

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