Aux hommes des maquis, circulaire des Mouvements Unis de Résistance, mai 1943
Légende :
Circulaire envoyée par les Mouvements Unis de Résistance (MUR) aux membres des maquis afin que tous soient conscients des conditions matérielles et morales de leur engagement, 25 mai 1943.
Genre : Image
Type : Circulaire d'information
Producteur : MUREL PACA
Source : © Archives privées de l'ANACR(Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance) des Bouc Droits réservés
Lieu : France - Provence-Alpes-Côte-d'Azur - Bouches-du-Rhône - Marseille
Analyse média
Après la guerre, d'anciens résistants et résistantes marseillais fondent une antenne locale de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance(ANACR) qui conserva dans ses archives de nombreux documents témoignant de leur engagement.
En mai 1943, les Mouvements Unis de Résistance(MUR) tiennent à fixer clairement ce qu'implique l'engagement dans les maquis qu'ils contrôlent (voir contexte historique).
Le maquisard s'engage :
-à reconnaître le rôle dirigeant du général de Gaulle et du Comité National Français constitué le 24 septembre 1941 à Londres. A ce titre, il est un opposant irréductible à la personne, au gouvernement du maréchal Pétain et à ceux qui le soutiennent.
-à respecter les consignes de sécurité y compris vis-à-vis de sa famille.
-à supporter les conditions de vie très frugales du maquis
-à n'opérer sur les paysans voisins du maquis que les prélèvements indispensables, en d'autres termes, ne pas se servir de ses armes pour les piller.
-à respecter les croyances religieuses, politiques ou spirituelles de ses camarades. Les lois xénophobes et antisémites du gouvernement de Vichy se sont faites avec l'assentiment d'une partie de la population. Les affrontements politiques avant-guerre étaient également très vifs. Les MUR et leurs maquis reflétaient la diversité de la résistance non communiste. Le rappel de la tolérance comme valeur et comme gage de survie est indispensable.
L'admission dans le maquis ne se fera qu'après que le candidat ait prouvé ses qualités morales et physiques. L'attribution d'une arme sera une preuve de confiance mais aussi un engagement solennel mettant en jeu la vie du maquisard.
Les rédacteurs de la circulaire sont conscients des dérapages auxquels des hommes en armes peuvent se livrer et du danger qu'il y aurait à recruter des éléments fragiles. La réalité des maquis sera quelque peu différente de cette république spartiate décrite dans la circulaire. Mais le document témoigne du souci de rénovation morale qui caractérise la Résistance.
Sylvie Orsoni
Contexte historique
A la fin de 1942, les mouvements Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur décident de créer un comité de coordination présidé par Jean Moulin. Début 1943 les trois organisations fondent les Mouvements Unis de Résistance. Ce n'est pas une fusion, les trois mouvements sont représentés dans les instances dirigeantes. Les MUR mettent sur pied deux structures paramilitaires : l'Armée secrète qui a pour vocation de se tenir en réserve pour préparer le débarquement et les Groupes Francs engagés dans l'action immédiate(sabotages, évasion de résistants).L'année 1943 voit le développement des camps de refuges pour les réfractaires au STO(Service du travail obligatoire) qui, pour une part d'entre eux, rejoignent les maquis. Les maquis sont présents dans tous les départements de la région avec des vulnérabilités diverses en fonction du relief. Devant ce développement, un service national des maquis des MUR est créé fin avril-début mai 1943 et supprimé en avril 1944, les dirigeants régionaux des MUR n'appréciant pas son autonomie.
Sylvie Orsoni
Sources
Mencherini Robert, Résistance et Occupation (1940-1944). Midi Rouge, ombres et lumières, tome 3. Paris, Syllepse, 2011.


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