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Les grèves de mai-juin 1941 dans le Nord de la France

Légende :

Recto : Mines de Dourges, fosse 7 puit du Dahomaey, d'où est parti le mouvement de grève le 27 mai 1941

Verso : La citadelle de Huy près de Liège, Belgique : premier lieu de déportation des mineurs arrêtés. 

Genre : Image

Type : Photos

Producteur : Laurent Thiery

Source : © Fondation de la Résistance Droits réservés

Détails techniques :

Carte postale d'avant-guerrre. 

Photo 2005

Lieu : France - Hauts-de-France (Nord - Pas-de-Calais)

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Contexte historique

A quelques semaines seulement du déclenchement de l’attaque allemande contre l’Union Soviétique et de la rupture du pacte de non agression signé entre les deux pays en août 1939, le Commandant de l’OFK 670 est confronté à un premier grand mouvement de masse. Pour l’occupant, les industries minières et sidérurgiques sont de grande importance et tout arrêt de travail est susceptible de perturber son programme d’exploitation économique[1]. Or, depuis la proclamation, le 10 mai 1940, de l’ordonnance introduisant le droit pénal allemand dans les territoires occupés des Pays-Bas et de Belgique, étendue à la France par l’arrêt du 13 juin, « sont passibles de peines ceux qui cesseront le travail avec l’intention de nuire aux intérêts de l’occupation allemande », ainsi que « ceux qui en engageront d’autres à cesser le travail »[2]. Depuis le début de l’Occupation, tout mouvement de grève frappant directement les intérêts allemands est donc explicitement menacé de sanctions pénales. Ces menaces trouvent toutes leurs limites à l’occasion du mouvement déclenché, en mai 1941, dans le bassin minier du Nord – Pas-de-Calais. En raison du nombre de mineurs arrêtant le travail, l’administration militaire de l’OFK 670 est contrainte d’adapter ses méthodes répressives et de revoir sa stratégie générale en matière de maintien de l’ordre.

Alors que la répression des manifestations d’hostilité se traduisait, depuis juin 1940, par un recours massif à la justice militaire, l’OFK 670 de Lille prend des mesures inédites aboutissant à la constitution d’un premier convoi massif de déportation dirigé vers un camp de concentration SS du Reich. Pour réprimer les dizaines de milliers de mineurs qui ont refusé de reprendre le travail entre le 27 mai et le 10 juin 1941, le recours à des sanctions judiciaires apparaît en effet matériellement impossible. Concomitante d’un tournant majeur du conflit mondial, la répression qui frappe les grévistes s’étend depuis le mois de juin jusqu’à la fin de juillet 1941 et marque ainsi une transition nette entre deux grandes périodes de l’Occupation. L’occupant pose alors les bases futures d’un rapport nouveau avec les autorités de Vichy, rendu indispensable par les nécessités de la guerre à partir du 22 juin 1941. La gestion de cette crise particulière par les autorités allemandes pose la question d’une radicalisation intervenue avant la rupture du pacte germano-soviétique et le lancement de la lutte armée par le parti communiste clandestin. La répression de la grève constitue-t-elle un tournant dans les politiques de maintien de l’ordre appliquées en « zone rattachée » ou bien une réponse adéquate à un événement exceptionnel ? D’autres questions se posent aussi, notamment celle de l’appréhension par l’occupant des motivations de ce mouvement de masse ou encore, alors que les communistes apparaissent très tôt comme les instigateurs de la grève, celle de l’assimilation de ces faits à la Résistance en tant que telle.

            Les méthodes employées par les autorités en place pour stopper le mouvement, la responsabilité des acteurs répressifs français et allemands, les politiques coercitives mises en œuvre pour réprimer les « agitateurs » et enfin le bilan de la répression constituent encore aujourd’hui les parents pauvres de la recherche historique sur cette grève par ailleurs particulièrement bien connue depuis les travaux d’Etienne Dejonghe[3]. Très souvent, les ouvrages ou les articles traitant de la grève des mineurs de mai – juin 1941 s’achèvent par la seule évocation de la déportation de « 250 mineurs en Allemagne », événement qui apparaît inéluctable et comme une conséquence directe de la grève[4].Il faut attendre 2004 et la publication des résultats de l’étude nationale lancée en 1995 par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation pour voir apparaître une première liste des mineurs déportés et connaître leur sort[5]. La chronologie, les enjeux politiques et conjoncturels de la répression du mouvement apportent beaucoup d’éclaircissements sur la stratégie adoptée par l’occupant et sur les ressorts de la radicalisation de la violence dans les territoires occupés.

 

La grève et les premières réactions de l’occupant

 

            Le mouvement éclate le 27 mai 1941au puits 7 dit « Dahomey », à Montigny-en-Gohelle (Pas-de-Calais)[6]. Michel Brulé, mineur à cette fosse, lance le mouvement préparé en sous-main par le parti communiste clandestin (PCF)[7]. Particulièrement bien implanté dans la région, le PCF a su éviter la désagrégation connue par les autres partis politiques lors de la débâcle de mai – juin 1940. Paradoxalement, son interdiction en 1939, après la signature du pacte germano-soviétique, en le contraignant à la clandestinité, lui a permis d’acquérir des bases solides pour travailler dans l’ombre et profiter du climat de mécontentement[8]. Car la misère sociale, le manque de ravitaillement, l’aggravation des conditions de travail, accompagnés d’une baisse des salaires, d’une extension des heures de travail pour accroître la production et de la réintroduction de la méthode Bedaux[9], rendent depuis plusieurs mois la situation explosive au sein de la corporation. De son côté, le patronat, à la solde des autorités allemandes et de Vichy, en profite pour prendre sa revanche sur les avancées sociales de 1936 et régler ses comptes avec les syndicats. Dans ce cadre, les responsables de la Chambre des Houillères, qui regroupe les directeurs de la vingtaine de compagnies minières de la région, ont pour principal interlocuteur le Dr. Schensky, chargé à l’OFK 670 de la production charbonnière[10]. Ce dernier a pour principale mission d’augmenter la productivité sans accroître les moyens. Son ambition rejoint largement celle du patronat français dans une convergence d’intérêts économiques[11]. Ces intérêts communs se renforcent d’ailleurs dans la phase répressive de la grève, alors que l’occupant établit son quartier général aux bureaux de la Société des Mines de Lens et que les directeurs de compagnies fournissent les listes de meneurs présumés à arrêter. En conséquence, le conflit avec les ouvriers des mines est latent depuis le début de l’Occupation. Des premiers arrêts de travail ont éclaté dans différents puits, mais souvent l’occupant est resté en dehors d’un conflit qu’il estime franco-français. Se bornant à sa mission première, il intervient seulement quand un mouvement prend de l’ampleur et menace l’ordre. C’est le cas en janvier 1941 alors que près de 3 500 mineurs arrêtent le travail et refusent d’accomplir la demi-heure supplémentaire nouvellement imposée[12]. Respectant l’ordonnance du 10 mai 1940 sur les arrêts de travail, la Feldgendarmerie intervient spécifiquement contre les « agitateurs » et procède, le 25 janvier, à 39 arrestations parmi ceux qui avaient essayé d’empêcher les autres de reprendre le travail. Les meneurs sont particulièrement visés et désignés par la direction des puits permettant d’arrêter douze nouveaux mineurs le lendemain[13]. Le 8 février, 300 mineurs arrêtent temporairement le travail à la cokerie Dormin de Dourges (Pas-de-Calais). Si, comme le note l’OFK 670 de Lille, il ne peut être établi qu’une organisation politique est à l’origine de ces mouvements, les préfets n’hésitent pas à « informer l’occupant qu’une grande partie des meneurs de grèves sont des communistes actifs »[14].

Galvanisés et encouragés par les promesses obtenues par les mineurs belges après la grève menée entre les 10 et 21 mai et l’absence de réaction importante de la part des allemands[15], les houilleurs du Nord de la France pensent néanmoins pouvoir obtenir l’amélioration de leurs conditions d’existence[16] en privant le Reichet le reste de la France de ressources énergétiques importantes. Car, comme le note Olivier Kourchid, si la production reste stable par rapport à l’avant-guerre, c’est au prix d’une « augmentation drastique des horaires, de la suppression partielle des dimanches, grâce à l’apport d’une main-d’œuvre corvéable et à la répression »[17]. La nouvelle rationalisation de la production minière instituée dès août 1940 avec la création des Comités d’organisation de la production vient aggraver les conditions de travail et d’existence des mineurs du Nord de la France. Faisant suite à une première série d’arrêts de travail dans les mines, le nouveau mouvement déclenché le 27 mai 1941 atteint son paroxysme le 4 juin et 82 385 employés des mines ont cessé le travail sur les 150 000 que comptent les dix-huit compagnies minières, soit près de 55 %[18]. En outre, des femmes de mineurs, constituées en « groupes de ménagères », manifestent dans les corons, bloquent l’entrée des puits aux récalcitrants qui ne veulent pas stopper la production de houille. Très vite, les arrêts de travail s’étendent à l’ensemble des entreprises installées dans les deux départements, paralysant la sidérurgie dans le Pas-de-Calais, mais aussi le textile dans le Nord. Jusqu’au 3 juin, alors que l’acteur allemand reste en retrait, cette première période consacre les défaillances des autorités de Vichy. La police française, dont les effectifs font cruellement défaut, est incapable de ramener l’ordre. En mars 1941, Niehoff constatait déjà que « les effectifs de la gendarmerie et de la police communale françaises sont toujours aussi faibles »[19]. Entre le 27 mai et le 3 juin, la Feldgendarmerie procède bien à quelques arrestations « d’agitateurs », mais avant cette date, aucune politique répressive d’ensemble n’est élaborée. Ces interpellations sporadiques auxquelles procède l’occupant, dès le 27 mai, frappent les premiers « agitateurs » reconnus et désignés par les compagnies de gendarmerie françaises ou les ingénieurs des mines : vingt-sept mineurs sont arrêtés le 28 mai à Hénin-Liétard, puis trente-deux le lendemain ; sept arrestations ont lieu le 30 à Sallaumines, six interpellations le 2 juin à Annœullin. La quasi-totalité de ces hommes est libérée par la suite. En fait, parmi les 273 mineurs envoyés ensuite à la citadelle de Huy en Belgique, seuls trente-huit ont été arrêtés avant le 3 juin, soit moins de 15 %.

L’incapacité des autorités de Vichy à ramener l’ordre dans les mines contraint le général Niehoff à prendre la direction des opérations pour obtenir la reprise du travail. Chaque jour, la grève coûte 93 000 tonnes de charbon qui font défaut pour approvisionner l’industrie française travaillant pour le Reich. Car, le « contexte de la guerre et de l’Occupation place l’extraction charbonnière au premier plan des domaines stratégiques de la production »[20].

Le « convoi des mineurs » vers le camp de concentration de Sachsenhausen : 

            C’est à 7 heures du matin, le 23 juillet 1941, lors de l’appel général à la citadelle de Huy, que sont extraits 244 des 266 mineurs grévistes encore internés au fort[1]. Sous encadrement militaire, le groupe prend la direction de la gare de la ville où un train de marchandises attend pour procéder à leur embarquement. Après une courte halte à Aix-la-Chapelle où la Gestapo prend en charge le convoi, le train se dirige vers Berlin où il arrive deux jours plus tard, vers 19 heures, en gare d’Oranienburg, au nord de la capitale du Reich. Embarqués dans des camions découverts, les mineurs du Nord et du Pas-de-Calais entrent au Konzentrationslager Oranienburg-Sachsenhausen. Pourtant, en raison de cette arrivée tardive, leur enregistrement ne se fait que le lendemain matin, le 26 juillet[2]. Commence alors pour les mineurs une période dramatique, faite de souffrances et de mort, inhérente au système concentrationnaire nazi[3]. Particulièrement précoce, leur entrée dans les camps SS du Reich s’accompagne d’une forte mortalité, à une époque où la question de la préservation d’une main d’œuvre nécessaire importe peu aux dignitaires nazis. Les mineurs du Nord sont, en outre, parmi les premiers déportés de France à entrer dans les camps de concentration. Ils ne peuvent, dès lors, disposer d’une certaine solidarité entre compatriotes. Pris dans la noria des transferts, les Français se trouvent très vite éparpillés dans les différents camps et Kommandos implantés partout dans le Reich : Auschwitz, Bergen-Belsen, Buchenwald, Dachau, Mauthausen et Neuengamme. Ils sont présents lors de la création des principales nouvelles installations SS, comme à Gross Rosen, Wewelsburg-Niederhagen ou encore dans le tunnel de Dora-Mittelbau. Affectés aux travaux les plus pénibles (creusement et aménagement d’usines souterraines), les mineurs du Nord de la France connaissent une très importante mortalité : avant le début 1943, 97 sont déjà morts, soit près de 40 %. Lors de la libération des camps par les Alliés en 1945 et au moment du rapatriement des survivants, 142 ont disparu, soit près de 60 %. Or, ce type de déportation de masse depuis les territoires occupés de l’ouest vers un camp de concentration SS apparaît, encore en 1941, largement exceptionnel.



[1]Zugangs und Abgangs Liste Zitadelle Huy, mouvements d’effectifs de la citadelle de Huy, archives de la citadelle de Huy, non coté, ministère des Victimes civiles, Bruxelles.

[2] L’heure d’arrivée est précisée par Robert Fourneau dans son témoignage de 1974 déposé à la FNDIRP. Par ailleurs, les archives originales du KL Sachsenhausen évoquent la liste du 26 juillet, alors que le transport arrive bien la veille, SA 14, mouvement d’effectifs du KL Sachsenhausen (02 mai 1941-30 décembre 1941 et 1er février 1943-3 juillet 1943), BAVCC, Caen.

[3] Pour plus d’éléments sur le parcours des mineurs à l’intérieur du système concentrationnaire nazi, nous renvoyons à nos articles, « La répression de la grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais de mai-juin 1941 et le convoi des mineurs », in Témoigner. Entre Histoire et Mémoire, Revue pluridisciplinaire de la Fondation Auschwitz, Bruxelles, Ed. Kimé (Paris), 2008,n°101, octobre-décembre 2008, p. 171-197 ; « La répression de la grève de 1941 » in revue Gauheria, Lens, n° 60, fév. 2006, p. 87-102 et n°61, août 2006, p. 73-98.

Au final, 244 mineurs, dont 33 Polonais seront déportés le 23 juillet 1944 depuis la citadelle de Huy en Belgique vers le camp de concentration de Sachsenhausen près de Berlin. 

Laurent THIERY


[1] Sur l’importance de la production charbonnière dans le Nord de la France, se référer à la thèse de Nathalie Piquet, Charbon, travail forcé collaboration. Der nordfranzösische und belgische Bergbau unter deutschen Besatzung 1940 bis 1944, Essen, Klartext Verlag, 2008, 373 p.

[2]Heeresgruppen-Verordnungsblatt für die Besetzten Gebiete, n°1, 10 mai 1940, 1W1652, AD 59, Lille.

[3] Voir notamment, « Chronique de la grève des mineurs du Nord – Pas-de-Calais (27 mai – 6 juin 1941 », Villeneuve d’Ascq, Revue du Nord, tome 99, avril-juin 1987, p. 323-345 ; « Pénurie charbonnière et répartition en France (1940-1944) », RHDGM, n°102, avril 1976, p. 21-55 ; « les problèmes sociaux dans les entreprises houillères du Nord et du Pas-de-Calais durant la Seconde Guerre mondiale », Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine, tome XVIII, janvier-mars 1971.

[4] Ainsi, dans un chapitre consacré à la grève des mineurs, Yves Le Maner et Etienne Dejonghe concluent que « 450 personnes ont été arrêtées, sur lesquelles 244 seront déportées en Allemagne quelques semaines plus tard », in Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande, Lille, La Voix du Nord, 2000, p.194. Olivier Kourchid, dans un article consacré à la répression et la résistance des ouvriers des mines du Nord – Pas-de-Calais, dresse un rapide bilan : « on dénombre 400 détenus, sur des listes établies par l’armée et les compagnies. Il y a des meneurs connus et des personnes prises au hasard, dont 270 seront déportées en Allemagne en juillet 1941 », « Répression et résistances : les ouvriers des mines du Nord – Pas-de-Calais », in Denis Peschanski et Jean-Louis Robert, (sous la direction de), Les ouvriers en France pendant la seconde guerre mondiale, Actes du colloque, Paris, CNRS, 1992, p. 217. Enfin, dans le bulletin Memornuméro 35, 2002, on peut lire « 250 hommes environ sont déportés, le 22 juillet 1941, vers le camp d’Oranienburg », op. cit., p. 15.

[5] Gérard Fournier, Laurent Thiery, « Le transport parti du Nord-Pas-de-Calais le 13 juin 1941 et arrivé à la citadelle de Huy en Belgique le même jour, le “Train des mineurs“, notice I.6, p. 265-266, in Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Livre-Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression (1940-1945) , 4 tomes, Paris, Ed. Tirésias, 2004.

[6] Sur la grève, voir Auguste Lecoeur, Le partisan, Paris, Flammarion, 1963, p.172-175 ; Etienne Dejonghe, « Chronique de la grève des mineurs du Nord – Pas-de-Calais (27 mai – 6 juin 1941 », Villeneuve d’Ascq, Revue du Nord, t. LXIX, n°273, 1987, p. 323-345 ; Etienne Dejonghe, Yves Le Maner, Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande, Lille, La Voix du Nord, 2000, p.192-195 ; Bulletin MEMOR n° 35, 2002, La grande grève des mineurs de 1941.

[7] Né le 26 février 1914 à Courrières (Pas-de-Calais), Brulé était responsable des Jeunesses communistes du Pas-de-Calais et délégué mineur à la fosse 7. Dès le déclenchement de la grève, il entre dans la clandestinité et, après le 22 juin 1941, forme un groupe armé de l’organisation spéciale du parti communiste. Le 23 juillet notamment, il participe à la destruction d’un pylône à haute tension à Hénin-Liétard. Il reconnaît en outre être l’instigateur des attaques des mairies de Leforest et Lapugnoy commises les 11 et 14 octobre 1941. Arrêté le 15 octobre 1941 à Hénin-Liétard, il est accusé d’avoir participé à quatorze actes de « terrorisme » par les Allemands et fusillé comme otage le 14 avril 1942, fiche d’otage de Michel Brulé, CDXCVI-3, CDJC, dossier « Mort pour la France », BAVCC, Caen, voir aussi procès-verbal d’interrogatoire de Michel Brulé par la brigade de gendarmerie de Leforest, 21 janvier 1942, 1874W124, ADN, Lille.

[8] Sur le PCF dans le Nord de la France, voir Yves Le Maner, « Le parti communiste dans le Nord – Pas-de-Calais de la crise des années trente à la grève des mineurs de 1941 », in La grande grève des mineurs de 1941, Lille, Mémor, n°35, 2002, p. 9-17.

[9] C'est-à-dire le paiement des mineurs à la tâche avec chronométrage ressenti par le mineur comme particulièrement contraignant et déjà refusé par eux en 1936. Sur cette question, voir Olivier Kourchid, « La remise en cause des acquis de 36 : la réintroduction du système Bedaux aux Mines du Nord – Pas-de-Calais », p. 183-194, in La grève patriotique des mineurs du Nord – Pas-de-Calais, édition Print-Forum/Marxisme-région, 1992, actes du colloque, 1er et 2 juin 1991.

[10] Sur le fonctionnement de l’OFK 670 et de ses services, voir procès-verbal d’audition de Max Techow alors affecté au service agricole à l’Oberfeldkommandantur, 13 mai 1947, pièce 139, carton n°1 530, procédure contre Falkenhausen, Niehoff, Daser, Bertram et autrespour assassinats et complicité, jugement par contumace, 2è chambre du tribunal permanent des Forces armées de Paris, 30 juin 55, AJM, Le Blanc.

[11] Sur les rapports entre le patronat français des mines et l’occupant, voir Olivier Kourchid, « Un leadership industriel en Zone interdite : la Société des mines de Lens et le Comité d’organisation sous Vichy », Revue du Nord, tome 74, janvier-mars-1992, Université Lille III, p. 115-132.

[12]Lagebericht OFK 670 Lille, période du 17 janvier au 18 février 1941, AJ 40/448, Archives nationales.

[13]Idem.

[14]Ibidem.

[15] La grève a démarré le 10 mai dans la citadelle métallurgique de Cockerill à Seraing, puis s’est étendue aux mines et aux usines du bassin liégeois. Le 19 mai, le nombre de grévistes atteint 60 000. Si les problèmes de ravitaillement constituent le catalyseur du mouvement, les Allemands y voient très vite le lien avec les précédentes grèves en Belgique, la montée de la Résistance et les mots d’ordre de Moscou après l’intervention de la Wehrmacht en Yougoslavie. Sur la répression de la grève des mineurs belges, se référer à José Gotovitch, « La grève des 100 000 » in Jours de guerre. Jours de lutte, Bruxelles, Crédit communal, 1997, n°7, p. 91-101 et du même auteurDu rouge au tricolore, Résistance et Parti communiste. Les communistes belges de 1939 à 1944, Bruxelles, Ed. Labor, 1992.

[16] Sur la question des conditions de vie des ouvriers des mines pendant l’Occupation, se référer à Alain Petit, Occupation et quotidiens dans les mines du Nord – Pas-de-Calais, 1939-1945, Mémoire de maîtrise, Université Lille III, 1991, 460 p.

[17]Olivier Kourchid, « Vivre ou survivre : la place du charbon dans l’énergie en France (1900-1980) », in La politique énergétique française au XXème siècle, Annales des mines, août 1998, p. 34-45, p. 41.

[18] Rapport de l’OFK 670 Lille du 17 juin 1941 sur la grève dans le secteur charbonnier dans le Nord de la France, Anlage zum Lagebericht der Rü In Belgien vom 2. Juli 1941 Br. Nr. 1341/41 geh, CDJC, CDXCII-17.

[19]Lagebericht OFK 670 Lille, période du 20 février au 20 mars 1941, 21 mars 1941, AJ 40/448, Archives nationales. Nous sommes dans le contexte des négociations entre le gouvernement de Vichy et les autorités allemandes sur le réarmement de la gendarmerie. Par ailleurs, de nombreux fonctionnaires de police n’ont pu rejoindre la zone fermée par une ligne de démarcation sur la Somme. Sur la question des polices françaises, nous renvoyons aux travaux de Jean-Marc Berlière, notamment « Les polices de l’Etat français : genèse et construction d’un appareil répressif », in La répression en France, 1940-1945, actes du colloque international de Caen tenu les 8, 9 et 10 décembre 2005, Collection « Seconde guerre mondiale » n°7, Editions du CRHQ, Caen, décembre 2007, p. 107-127.

[20] Olivier Kourchid, « Répression et résistances : les ouvriers des mines du Nord – Pas-de-Calais », op. cit., p. 210.


Laurent THIERY

-Laurent THIERY, La répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Thèse de doctorat, Université Lille 3, 2011.