Stèle en mémoire des résistants d’origine arménienne décédés pendant la Seconde Guerre mondiale
Légende :
Stèle en mémoire des résistants d’origine arménienne morts pour la France au sein des Francs-Tireurs-Partisans se situant dans la cour de la cathédrale apostolique arménienne des Saints Traducteurs à Marseille.
Genre : Image
Type : Lieu de mémoire
Producteur : MUREL PACA
Source : © Marilyne Andréo Droits réservés
Lieu : France - Provence-Alpes-Côte-d'Azur - Bouches-du-Rhône - Marseille
Analyse média
Dans la cour de la cathédrale apostolique arménienne des Saints Traducteurs à Marseille au 339 avenue du Prado dans le 8ème arrondissement, se trouve une stèle en hommage à 20 résistants d’origine arménienne appartenant aux Francs-Tireurs-Partisans (FTP).
Vingt combattants FTP ont leur nom inscrit sur cette stèle : 18 résistants arméniens, un Grec et un Yougoslave. L’inscription est la suivante : « L’Amicale des Anciens combattants et résistants d’origine arménienne à la mémoire de leurs camarades FTP morts pour la France pendant l’occupation et à la libération de Marseille ».
Trois d’entre euxdécèdent pendant l’occupation. Huit sont tués lors des combats de la Libération et six sont morts après celle-ci. Un seul succombe en déportation. Pour deux d’entre eux, aucune information sur leur parcours n’a été retrouvée.
L’expression « d’origine arménienne » souligne que ces résistants sont de nationalité étrangère, naturalisés français ou nés français. Pour Dimitri Kotorovitch et Athanas Kambouroglou, ce sont peut-être leurs parents qui sont d’origine arménienne.
Presque tous ces FTP habitent à Marseille mais septpérissent en dehors des Bouches-du-Rhône. Des résistants d’origine arménienne ayant appartenu à d’autres groupes de la Résistance sont tués pendant la guerre mais leur nom n’est pas cité ici.
Marilyne Andréo
Contexte historique
Un mémorial du génocide arménien est édifié en 1972 et inauguré le 11 février 1973. Une double dédicace y est présente. « A la mémoire des 1 500 000 Arméniens victimes du génocide ordonné par les dirigeants turcs de 1915. A la gloire des combattants et résistants arméniens morts pour la liberté et la France ». Une stèle pour les résistants d’origine arménienne membres des FTP est ajoutée par la suite à gauche du mémorial.
Les dates, les lieux et les causes de leur décès permettent d’éclairer le parcours de ces résistants qui est présenté ci-dessous selon l’ordre chronologique de leur décès.
Trois d’entre deux périssent pendant l’occupation allemande. Le premier Arménien tué est Azad Nigoghossian. Il meurtau combat à Marseille à l’âge de 32 ans en décembre 1943 lors de l’attaque du garage de la Milice.
Nichan Der Mardirossian décède le 21 mars 1944 à Nice.Il est membre des FTP-MOI à Marseille puis à Nice. Une traverse de Marseille porte son nom dans le 15ème arrondissement (voir la notice sur la traverse Mardirossian).
Dimitri Kotorovitch (ou Koturovic) est mort à Marseille le 8 avril 1944. Il est yougoslave.Il est responsable technique interrégional des FTP-MOI des Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes-Maritimes (voir la notice sur la traverse du Moulin de la Villette à Marseille).
Les combats de la Libération sont la principale cause de décès des résistants d’origine arménienne. Huit d’entre eux donnent leur vie pour la Libération de la France, sept à Marseille et un dans le Var.
Torkom Menatzaganian est né en 1912 à Erevan en Russie à l’époque. Il est mort le 17 août 1944 lors de la Libération de Barjols dans le Var. Il est enterré dans cette commune.
Sarkis Bedikian est né en 1906 à Zeïtounen Turquie. Ildécède le 21 août 1944 à Marseille lors de la prise de la Préfecture. La résistante polonaise et photographe, Julia Pirotte, le photographie l’arme à la main une heure avant sa mort. Il est inhumé au cimetière Saint-Pierre à Marseille.
Maurice Dermerguerian est né le 9 mars 1926 à Marseille, il est de nationalité française. Il est le fils d’Ohannes Dermerguerian, tailleur, et d’Angèle Nersessian, sans profession. Il habiteau 24 boulevard du Nord dans le quartier Beaumont de la cité phocéenne. Il est mort au combat le 23 août 1944 à Marseille dans le quartier des Caillols. Il est inhumé au cimetière de Saint-Julien. Une rue est inaugurée à Marseille dans le 12ème arrondissement le 14 janvier 2012.
Edmond Pirian est né le 7 octobre 1927 à Marseille, il est de nationalité française. Il est le fils de Garabed Pirian et d’EprouhiTarakdjian. Il réside au 28 boulevard du Nord à Marseille, il estle voisin de Maurice Dermerguerian. Il périt comme lui au combat le 23 août 1944 à Marseille dans le quartier des Caillols. Une rue est inaugurée à Marseille dans le 12ème arrondissement le 14 janvier 2012.
Yervant Djanikian est mort au combat à Marseille dans le quartier Saint-Loup le 23 août 1944.
Sarkis Nazarian est né le 20 juillet 1907 à Kharpout en Turquie. Il est le fils de Guiragos Nazarian et de Mariam Margossian. Il est réfugié d’origine arménienne. Ce père de six enfants esttailleur. Il rejoint les rangs des FTP-MOI le 1er juin 1944. Il est abattu par une rafale de mitrailleuse allemande près du viaduc de Saint-Antoine le 24 août 1944 à Marseille. Il reçoit à titre posthume la Croix de guerre avec étoile de bronze. Son corps repose à la nécropole nationale de Luynes dans les Bouches-du-Rhône. Sa femme, Ovsanna Mardirossian, et son fils Jean font aussi partie des FTP-MOI.
Yervant Sarekechichian(ou Sarikechichian d’après l’état-civil) est né le 1er septembre 1915 à Kars en Turquie. Il est le fils de Bedros Sarikechichian et de Nartouhi Hampartzoumian. Il habite au 71 traverse Chevalier dans le quartier Saint-Loup de Marseille. Ilestmortellement blessé au combat le 24 août 1944 à Marseille dans le quartier Saint-Tronc et il décède deux jours plus tard à l’hôpital.
Arthur (Artin)Rakedjian est né le 6 octobre 1912 à Brousse en Turquie. Il est le fils de Kegham Rakedjian et d’Aghaouni. Il demeure à Marseille au 2 rue Philippe de Girard. Il entre dans la Résistance en janvier 1944. Il est mort au combat non loin de son domicile sur le boulevard d’Athènes le 25 août 1944. Sa sépulture se trouve au cimetière Saint-Pierre de cette ville.
Six résistants décèdent après la Libération.
Samuel Topalian ou plutôt Guiragos Topalian (Samuel est son père) est né le 9 juin 1915 à Adana en Turquie. Il estcordonnier et domicilié au 32 boulevard des Grands Pins dans le quartier Saint-Loup à Marseille. Il est mort en service commandé le 3 septembre 1944 dans son quartier.
Léon Andonian est né le 12 septembre 1901 à Alexandropol en Russie. Il est le fils de Bartjdassar Andonian. Il est marié et il habiteau 18 rue de la Butineuse à Marseille. Blessé lors de la Libération de la ville, il est en convalescence à l’hôpital de Cassis lorsqu’il saute sur une mine. Il succombe à ses blessures le 12 novembre 1944.
Trois autres FTP domiciliés à Marseillemeurent lors de l’explosion du château de la Simone à Pertuis dans le Vaucluse le 25 novembre 1944 qui blesse 27 personnes et ôte la vie à 31 FFI dont Fernand Karabadjakian, Markar Mesrobian et Sarkis Tarpinian. Les deux premiers sont inhumés à la nécropole nationale de Luynes. Cette explosion demeure un mystère : accident, règlement de comptes ou attentat ? Un détachement d’anciens résistants du Luberon, de la région d’Apt et quelques éléments de Marseille sont stationnés dans ce château. La 9ème compagnie du Bataillon de sécurité doit rejoindre les unités de l’armée française sur le front des Alpes.
Fernand Karabadjakian est né le 21 août 1925 à Marseille. Il est le fils de KalaustKarabadjakian et de Topibian.
Markar Mesrobian est né le 27 janvier 1925 à Kharpout en Turquie. Il est le fils de Kachadour Mesrobian et d’Altoum Kalanian. Il rejoint les FTPF de Pertuis le 1er décembre 1943.
Sarkis Tarpinian estné le 12 mars 1926 à Athènes en Grèce. Il est le fils de Garabed Tarpinian et de Lydia Haranian. Il s’est engagé dans les FTPF en même temps que Markar Mesrobian.
Hatchik Marikian décèdele 26 février 1945 à Saint-Etienne-de-Tinée dans les Alpes-Maritimes. Ce secteur fait partie des derniers réduits des Alpes qui sont encore sous le contrôle de l’armée allemande au printemps 1945.
Un seul d’entre eux est mort en déportation, Athanassios Kambouroglou. Il est né le 22 novembre 1909. Il est grec. Il est déporté le 22 mars 1944 depuis Compiègne à Mauthausen. Transféré au Kommando de Gusen, il y décède le 1er mars 1945.
Pour Agop Morayan et Sarkis Miralian, aucune information n’a été trouvée.
Marilyne Andréo
* Sources :
149 W 139, AD Bouches-du-Rhône, « Les immigrés de la région du Sud-Est tombés pendant la bataille de France », La Tribune de l’immigration, n°2, 24 septembre 1944, p.3.
150 W 184, AD Bouches-du-Rhône, Crimes de guerre : recensement par commune, des déportés et morts en Allemagne, des fusillés par la Milice ou la Gestapo, des fils de fusillés pour des secours. Recherches des corps d’aviateurs français (dont Saint-Exupéry) et étrangers.
2 159 W 145, AD Bouches-du-Rhône, Dossier de demande de la carte de CVR de Nichan Der Mardirossian.
2 159 W 323, AD Bouches-du-Rhône, Dossier de demande de la carte de CVR de Nazarian Sarkis et Nazarian Jean.
2 159 W 282, AD Bouches-du-Rhône, Dossier de demande de la carte de CVR de Mardirossian Ovsanna.
Etat-civil, Archives municipales de Marseille, consulté en ligne le 29 septembre 2026.
21 P 7 641, DAVCC Caen, Dossier de décès d’Andonian Léon.
21 P 16 978, DAVCC Caen, Dossier de décès de Bedikian Sarkis.
21 P 117 658, DAVCC Caen, Dossier de décès de Dermerguerian André Maurice.
21 P 94 556, DAVCC Caen, Dossier de décès de Mesrobian Markar.
21 P 106 019, DAVCC Caen, Dossier de décès de Nazarian Sarkis.
21 P 130 069, DAVCC Caen, Dossier de décès de Pirian Edmond Albert.
21 P 132 116, DAVCC Caen, Dossier de décès de Rakedjian Artin.
21 P 151 704, DAVCC Caen, Dossier de décès de Sarikechichian Yervant.
21 P 163 529, Dossier de décès de Tarpinian Zarkis.
21 P 164 608, DAVCC Caen, Dossier de décès de Topalian Guiragos.
Michèle Bitton, Jean Priol, Mémoires 1939-1945 du pays d’Aigues (Vaucluse), 1. Ici même en 1944. Evénements locaux et personnes commémorées sur les lieux mêmes où elles ont péri, manuscrit, p. 103-147.
Grégoire Georges-Picot, L’Innocence et la ruse : des étrangers dans la Résistance en Provence 1940-1944, Paris,Editions Tirésias, 2000, 312 p.
Site internet Mémoire des hommes.
Site internet de la cathédrale arménienne de Marseille, consulté le 20 septembre 2026.
https://www.cathedralearmeniennemarseille.com/architecture/
Site internet de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, consulté le 20 septembre 2026.


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