Plaque en mémoire de Dimitri Koturovic à Marseille
Légende :
Plaque de la traverse du Moulin de la Vilette dans le 3ème arrondissement de Marseille en mémoire de Dimitri Koturovic.
Genre : Image
Type : Lieu de mémoire
Producteur : MUREL PACA
Source : © Marilyne Andréo Droits réservés
Lieu : France - Provence-Alpes-Côte-d'Azur - Bouches-du-Rhône - Marseille
Analyse média
Cette plaque se trouve à l’angle de la traverse du Moulin de la Vilette et du boulevard National dans le 3ème arrondissement de Marseille, à l’arrière du lycée professionnel Le Chatelier. Elle est située à l’emplacement où est mort Dimitri Koturovic, responsable des FTP-MOI, alors qu’il était en train de fabriquer des explosifs dans son atelier.
Cette plaque fut apposée par l’Association nationale des Anciens combattants de la Résistance (ANACR) regroupant des anciens camarades de combat de Dimitri Koturovic dont Hélène Taich, membre également des FTP-MOI.
Sur cette plaque, son nom est orthographié Koutourovic Dimitri mais il existe plusieurs variations orthographiques selon les sources. Il est appelé Kotorovitch Dimitri sur la stèle en mémoire des résistants d’origine arménienne morts pour la France au sein des Francs-Tireurs-Partisans se situant dans la cour de la cathédrale apostolique arménienne des Saints Traducteurs au 339 avenue du Prado dans le 8ème arrondissement de Marseille. Il est dénommé Coutourovich Dimitri au Service historique de la Défense à Vincennes. Son décès est enregistré par la mairie de Marseille au nom de Koturovic Dimitri. Il est parfois aussi dénommé Cotourovic ou Coturovic.
Marilyne Andréo
Contexte historique
D’après son acte de décès, Dimitri Koturovic est né le 3 mai 1911à Ub en Yougoslavie. Sa date de naissance diffère selon les sources, il serait né entre 1910 et 1911. Il est le fils de Yovan Koturovic et de Mamejla Solic. Il travaillait comme mécanicien dans une usine d’aviation à Rakovica dans la banlieue de Belgrade. Il adhéra aux Jeunesses communistes puis au parti communiste yougoslave. Lors de la guerre d’Espagne, en septembre 1937, il s’engagea dans les Brigades internationales en tant que mitrailleur dans le bataillon « Dura Dakovic ». Il combattit en Aragon, à Levante, en Estrémadure et en Catalogne. Il fut promu au grade de sergent dans le bataillon « Dimitrov ». Lors de la Retirada, il se replia en France et fut interné dans le camp de Gurs d’où il s’évada. Repris, il fut envoyé au camp du Vernet. Il s’échappa de nouveau en 1942 et il gagna Marseille. Il devint responsable technique interrégional des FTP-MOI des Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes-Maritimes. « Cot » organisa les premiers FTP-MOI de Marseille, une de ses missions était la confection d’explosifs. Il participa à plusieurs opérations ou sabotages contre les troupes allemandes. Il se tua en avril 1944 en préparant une bombe dans son atelier de la traverse du Moulin de la Vilette à Marseille. Dans son maigre dossier conservé au Service historique de la Défense à Vincennes, sa date de décès est fixée au 8 avril et selon son acte de décès officiel enregistré à la mairie de Marseille, le 15 avril.Cet acte a été établi après la Libération, le 8 novembre 1944 afin de régulariser son décès qui avait été caché sous l’occupation. Il y est déclaré « lieutenant-colonel » décédé à la Villa la Pauline, chemin de Saint-Loup dans le quartier de Sainte-Marguerite à Marseille et non pas dans son atelier de la Traverse du Moulin de la Vilette.
Une plaque apposée à l’emplacement de son ancien atelier clandestin à Marseille rappelle son sacrifice. En Yougoslavie, après la guerre, Tito lui attribua à titre posthume la médaille de l’Ordre du héros national. Plusieurs lieux portent son nom en Yougoslavie (aujourd’hui en Serbie) : une rue à Rakovica près de l’usine où il travaillait, un centre culturel et éducatif de Rakovica, une pouponnière de Belgrade comprenant un buste à son effigie ainsi qu’un groupe folklorique serbe.
Marilyne Andréo
Sources :
Archives municipales de Marseille, Acte de décès de Koturovic Dimitri, consulté en ligne le 29 septembre 2026.
https://archives.marseille.fr/archive/resultats/etatcivilnom/n:305?RECH_nom=koturovic&arcfacfull=RECH_numero&type=etatcivilnom
GR 16 P 148 992, SHD Vincennes, Dossier d’homologation des services de Dimitri Coutourovich. Ses services ne furent pas homologués.
149 W 139, AD BDR, « Les immigrés de la région du Sud-Est tombés pendant la bataille de France », La Tribune de l’immigration, n°2, 24 septembre 1944, p.4.
150 W 184, AD BDR,
David Coquille, « Dimitri Koturovic, héros serbe des FTP-MOI tombé dans l’oubli », La Marseillaise, 18 septembre 2016, consulté en ligne le 29 septembre 2026.
Grégoire Georges-Picot, L'innocence et la ruse. Des étrangers dans la Résistance en Provence 1940-1944, Paris : Éditions Tiresias, 2000, p.104.
Daniel Grason, « Koturovic Dimitrije », Le Maitron. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, mouvement social. Consulté le 29 septembre 2026
https://maitron.fr/koturovic-dimitrije/
Biographie de ДимитријеКотуровићc sur Wikipédia, consultée le 29 septembre 2026.


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