Traverse Mardirossian à Marseille

Légende :

Plaque de la Traverse Mardirossian à Marseille dans le 15ème arrondissement.

Genre : Image

Type : Lieu de mémoire

Producteur : MUREL PACA

Source : © Marilyne Andréo Droits réservés

Lieu : France - Provence-Alpes-Côte-d'Azur - Bouches-du-Rhône - Marseille

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Analyse média

Cette plaque honore la mémoire de Nichan Der Mardirossian dans le 15ème arrondissement de Marseille même si son prénom n’est pas inscrit. Elle est apposée dans la rue où sa famille habitait. La traverse Mardirossian remplace la traverse de la Cabucelle par délibération du conseil municipal du 27 juillet 1946.

 


Marilyne Andréo

Contexte historique

Nichan Der Mardirossain naquit le 8 février 1922 à Constantinople en Turquie. Il est le fils de Yervant Der Mardirossian, originaire de Sivas, et d’OssanaZavidian, sans profession. Ilarriva en France avec ses parents en 1923. Il était ajusteur mécanicien à Marseille. Il s’engagea dans les FTP-MOI de Marseille le 1er octobre 1943 pour échapper au Service du Travail obligatoire (STO). « Richard » fut ensuite envoyé comme organisateur des milices patriotiques et des FTP dans les Alpes-Maritimes avec le grade de capitaine. Le 21 mars 1944, avec deux camarades, Francesco Pauselli et Bruno Ratti, il fit sauter la voie ferrée pour empêcher un train chargé d’armements et de troupes ennemies d’arriver à Nice. Selon un autre témoignage, ils venaient de récupérer des armes parachutées dans l’arrière-pays niçois. Sur le chemin du retour, deux agents de police leur demandèrent leurs papiers d’identité. Les résistants leur tirèrent dessus, les laissant pour morts mais l’un d’entre eux parvint à donner l’alerte. La police (ou la Milice)les localisa et encercla l’hôtel des trois FTP-MOI. Nichan Der Mardirossian et Francesco Pauselli moururentlors de l’assaut lancé par la police.Bruno Ratti, blessé, fut condamné à mort par la cour martiale de La Milice et fusillé par les gendarmes. Une plaque située au 9 rue de France à Nice rappelle leursacrifice. Son père et sa sœur avaient également rejoint les rangs de la Résistance à Marseille.

 

 


Marilyne Andréo

 

Sources :

2 159 W 145, AD Bouches-du-Rhône, Dossier de demande de la carte de Combattant volontaire de la Résistance de Nichan Der Mardirossian.

149 W 139, AD BDR, « Les immigrés de la région du Sud-Est tombés pendant la bataille de France », La Tribune de l’immigration, n°2, 24 septembre 1944.

Adrien Blès, Dictionnaire des rues de Marseille, Marseille : Editions Jeanne Laffitte, 2001, p.286.

Grégoire Georges-Picot, L'innocence et la ruse. Des étrangers dans la Résistance en Provence 1940-1944, Paris : Éditions Tiresias, 2000, p. 233

Jean-Marie Guillon, « Der-Mardirossian Nechan dit Michel [pseudonyme dans la Résistance : Richard], Le Maitron. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, mouvement social. Consulté le 29 septembre 2026

https://fusilles-40-44.maitron.fr/der-mardirossian-nechan-dit-michel-pseudonyme-dans-la-resistance-richard/

Léo Lorenzi, Pascal Posado et 150 témoins, 1938-1945, les communistes dans la tourmente dans les Bouches-du-Rhône, Marseille : Fédération des Bouches-du-Rhône du PCF et l’amicale des vétérans, 1995, p. 82.

Jean-Louis Panicacci (dir.), La Résistance azuréenne, Nice : Serre, 1994.