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Marseillaises, en avant !, Union des comités des femmes de France

Légende :

Appel du comité des Bouches-du-Rhône des Femmes de France (organisation communiste) aux femmes de Marseille pour qu'elles rejoignent leurs rangs.

Genre : Image

Type : Tract

Producteur : MUREL PACA

Source : © Archives privées de l'ANACR des Bouches-du-Rhône Droits réservés

Lieu : France - Provence-Alpes-Côte-d'Azur - Bouches-du-Rhône - Marseille

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Analyse média

Après la guerre, d'anciens résistants et résistantes fondent à Marseille une antenne de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance(ANACR) qui conserva dans ses archives de nombreux documents témoignant de leur engagement.  

Une des spécificités du Parti communiste français et des organisations qui lui sont liées, est de s'adresser aux femmes, ici aux Marseillaises.(voir contexte historique)

Ce tract appelle les Marseillaises à se mobiliser et se montrer dignes de leurs ancêtres. Il répond aux stéréotypes genrés en vigueur à l'époque : l'adresse « Mamans, femmes, jeunes filles » montre que les femmes sont par nature destinées à être des mères et des épouses.La défense de leurs enfants et de leurs foyers est citée avant des considérations plus générales et non genrées comme l'avenir du pays, la paix et le bonheur de tous. Les manifestations que les femmes doivent organiser sont des manifestations du pain. Les femmes sont des mères nourricières.

Mais il est aussi porteur d'innovations:les femmes sont dotées de compétences « vos connaissances », de capacités d'initiatives « à vous de déclencher les grèves, les manifestations ».Elles sont appelées à participer au combat au même titre que les hommes « Faites trembler les ennemis de la France et chassez les à jamais du sol National ».


Sylvie Orsoni

Contexte historique

Dans l'entre-deux guerres, le Parti communiste français se dote d'une presse féminine alors que les femmes sont privées de tout droit politique. Dès l'été 1941, des militantes communistes sous la direction de Danielle Casanova créent des comités populaires ou comités de femmes. L'Union des Femmes de France est l'appellation en vigueur en zone sud alors qu'en zone nord c'est l'Union des Femmes françaises(UFF) qui s'impose et restera après la Libération.

Dans la clandestinité, les comités féminins ont pour mission de mobiliser les femmes. Le discours est à la fois genré, en faisant des femmes les gardiennes du foyer, les aidantes, mais il innove en les appelant à sortir de la sphère privée et à s'engager dans une action collective. L'ambiguïté demeure puisque les femmes reçoivent la missions d'organiser des manifestations de « ménagères » selon le terme en vigueur à l'époque tout en étant créditées d'une capacité de lutte égale à celle des hommes.


Sylvie Orsoni

 Sources :

Anton Églantine, La presse clandestine féminine communiste, Maîtrise [Claire Andrieu], 2000, Univ. Paris 1 CHS, 150 p.