Paulin Colonna d'Istria

Légende :

Paulin Colonna d'Istria, alias "Paul Cesari", qui remplacera le commandant de Saule à la tête de la mission "Pearl Harbour"

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © Musée de l’Ordre de la Libération Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique en noir et blanc.

Date document : Sans date

Lieu : France - Corse

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Contexte historique

Alias : Paul Césari
Fils de militaire de carrière, Paulin Colonna d'Istria est né le 27 juillet 1905 à Petreto Bicchisano en Corse. Il se destine lui aussi à la carrière militaire et, après avoir suivi les cours du collège d’Autun puis ceux de l’école d’officiers de Saint-Maixent, sert en Afrique du Nord pendant la campagne du Rif jusqu’en 1926. Lieutenant en 1930, il choisit la Gendarmerie. Promu capitaine, il est affecté, en 1936, en Afrique du Nord où il se trouve au moment de la déclaration de guerre de septembre 1939. Il n'accepte pas la défaite et, ayant entendu l'appel du général de Gaulle le 18 juin 1940, il cherche le moyen d’agir.

En janvier 1943, alors qu'il vient d'être nommé adjoint au commandant de la Gendarmerie en Afrique du Nord, il est désigné pour remplacer le commandant de Saule à la tête d'une mission secrète ("Pearl Harbour") en Corse, avec l'accord des services britanniques. Il constitue une équipe franco-anglaise dans laquelle il enrôle deux de ses parents. Il est prêt à partir mais, retenu à l'hôpital pour des raisons de santé, ses cousins et un radio anglais partent sans lui.
En mars 1943, Paulin Colonna d'Istria se met en rapport avec le commandant Lejeune, officier de liaison entre le cabinet du général Giraud et le SOE britannique, et forme avec lui une seconde équipe avec mission d'unifier et de coordonner les mouvements de Résistance en Corse. Le 4 avril 1943, il débarque clandestinement, via un sous-marin anglais, sur la côte orientale corse et, à travers le maquis et les montagnes, rejoint la région du Niolo où il établit son PC provisoire. Il s'appuie sur le mouvement Front National pour unifier les différents mouvements de Résistance qui sont très divisés. Le FN va passer de 2 000 à 9 000 adhérents en mai. Ils seront 12 000 et plus en septembre, au moment de la libération.
Parallèlement au travail d'unification des mouvements et du recrutement des francs-tireurs, le travail d'équipement se poursuit à travers de nombreuses difficultés. La liaison radio est établie avec l'Afrique du Nord. Plus de cinquante terrains de parachutages sont repérés et signalés. Les armes sont reçues par air et par mer dans un contexte d’arrestations et de répression. Recherché par les Italiens, souvent décelé, parfois effectivement poursuivi, Paulin Colonna d'Istria échappe à l'arrestation. Le 9 juin 1943, il repart fortuitement avec un sous-marin britannique pour Alger. Accompagné d'un opérateur radio, Luc Le Fustec (alias "Michel"), il ramène en Corse, trois semaines plus tard, dans la nuit du 2 au 3 juillet, avec le sous-marin Casabianca, 12 tonnes d'armes et de matériels divers. Il entre au comité départemental du Front national et organise la lutte préparatoire au débarquement qui a lieu le 11 septembre 1943 à Ajaccio et qui libère, avec l’insurrection de la Résistance, le territoire de la Corse. Le chef d'escadron Colonna d'Istria est ensuite placé par le Comité français de la Libération nationale (CFLN) à la disposition du préfet de Corse avant d'être détaché, en novembre 1943, au commandement des Forces françaises en Grande-Bretagne puis d'entrer dans Paris avec la 2e DB du général Leclerc, le 25 août 1944.
Après la guerre, il est affecté au commandement de la gendarmerie à Alger puis à Lyon. Promu colonel de Gendarmerie en 1947 puis général de brigade en 1956, il commande ensuite la gendarmerie des Forces françaises en Allemagne. Candidat RPF en 1951, il est élu député d'Alger mais il démissionne rapidement de son mandat.

Paulin Colonna d'Istria est décédé le 4 juin 1982 à Toulon. Il est inhumé à Marseille.

Décorations :
Grand Officier de la Légion d'honneur ; Compagnon de la Libération - décret du 16 août 1944 ; Croix de Guerre 1939/1945 (2 citations) ; Distinguished Service Order (GB).


Site Internet du Musée de l'Ordre de la Libération.