Plaque en hommage au groupe "Sébastopol"

Légende :

Plaque en hommage au groupe "Sébastopol", au siège du mouvement Résistance du IIIe arrondissement parisien, située 46, boulevard de Sébastopol, Paris

Genre : Image

Type : Plaque

Source : © Département AERI de la Fondation de la Résistance Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur.

Date document : 2014

Lieu : France - Ile-de-France - Paris - Paris IIIe

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Contexte historique

La formation du groupe parisien d'action du mouvement Résistance dit "Groupe Sébastopol" a lieu en 1941. Le groupe existait déjà avant son affiliation à Résistance. La liaison s'établit par l'intermédiaire de Marceliline Borne, femme de ménage dans la pharmacie Canonne où Roger Lardenois est employé comme chef de service. 

Contacté par Raymond Burgard, Lardenois rejoint le mouvement Valmy à la fin de l'année 1940 où il participe à la diffusion du journal. Il est également fondateur, rédacteur et diffuseur du journal clandestin Demain. En novembre 1942, en contact avec Marcel Renet ("Destrée"), il rejoint le mouvement Résistance. Membre avant-guerre de Jeune République et disposant du fichier de ce parti, il permet à Résistance de trouver de nombreux appuis chez ses militants. Roger Lardenois fit partie du premier comité directeur clandestin de ce mouvement où il fut plus particulièrement chargé de la diffusion du journal en province et en région parisienne, ainsi que de l'organisation des entrevues entre Destrée et les chefs régionaux. La pharmacie Canonne, où il était employé boulevard Sébastopol, devint ainsi le principal centre de dépôt du journal. Roger Lardenois fut arrêté le 13 avril 1944 dans les locaux de la pharmacie Canonne par la Gestapo. Interné à Fresnes, il fut déporté à Neuengamme puis à Orianenburg (Kommando de Falkensee). Il fut rapatrié en juin 1945.

Marcelline Borne explique à Lardenois qu'il existe au restaurant "Le Grillon" tenu par M. Baron, 48 boulevard de Sébastopol, un groupe de résistants qui souhaite absolument le rencontrer. Lardenois accepte et le restaurant devient alors un lieu de rencontres non seulement pour les agents de Paris mais aussi pour ceux de Province de passage dans la capitale. Les responsables de Résistance y emmènent également leurs interlocuteurs des autres mouvements.

Le groupe déjà actif avant son affiliation à Résistance, devient d'une redoutable efficacité dans la lutte contre la déportation et l'aide aux aviateurs alliés. En août 1944, en lien avec le groupe Cloche des Halles, le groupe Sébastopol participe activement aux combats pour la libération de Paris. Durant cette période insurrectionnelle, le groupe Sébastopol compte une soixantaine de membres et comprend quatre filiales : Lancevin, Turenne, Capitain et Champerret. A partir du 19 août 1944, le groupe Sébastopol patrouille dans les rues des 2e, 3e et 4e arrondissements et mène diverses attaques contre des soldats ou des véhicules allemands :
- 20 août, attaque d'un camion allemand devant les magasins Damoy, boulevard Sébastopol.Le camion est récupéré et mis en travers de la route pour bloquer toute circulation.
- 20 août, échanges de tirs avac des soldats allemands devant le PC du groupe Sébastopol
- 21 août, arrestations de miliciens
- 23 août, patrouilles dans les Halles ; combats rue du Louvre
- 24 août, sérieux accrochages autour de la mairie du 3e arrondissement attaquée par un blindé allemand et une dizaine de soldats.
- 25 août au matin, tentative de prise du Central téléphonique des Archives. Les blindés de la 2e DB sont appelés en renfort. 
- 25 août, 17h, le groupe part en renfort place de la République

Selon une liste établie par M. Baron, le groupe Sébastopol a perdu 15 hommes durant les combats de la libération de Paris. Sur la plaque du 46 boulevard Sébastopol, huit y figurent :

Aimos Raymond
Âgé de 53 ans, Raymond Caudrilliers dit Aimos est un acteur renommé pour ses seconds rôles dans La banderaLa belle équipeTerre d'angoisse … Pendant l'Occupation, il a ouvert rue Montmartre, un restaurant pour les enfants nécessiteux. Charles Trenet y chantera en avant première La cigale et la fourmi devant un parterre de spectateurs invités à mettre la main à la poche pour aider L'oeuvre des gosses d'Aimos. Parallèlement, il milite dans le mouvement de résistance Libération Nord et porte le grade de caporal des FFI du groupe Sébastopol du 3e arrondissement. Le 20 août 1944, il trouve la mort sur une barricade installée en travers de la rue Louis Blanc, à hauteur du numéro 50, pas très loin de la gare du Nord. 

Creignou Jean et Lelièvre Charles
Selon divers témoignages, Creignoux et Lelièvre auraient été attirés dans un piège et seraient entrés dans la Caserne du Prince Eugène où ils auraient été fusillés immédiatement. Leurs coprs ont été retrouvés le 26 août sommairement enterrés dans la cour de la caserne.

Dureuil Adrien
Capturé et fusillé rue Traversière le 20 août 1944.

Minier Raymond (et non Henri comme mentionné par erreur sur la plaque)
Deux versions à la mort de Minier, 34 ans :
– mortellement blessé le 20 août 1944 à la hauteur du 170 rue du Temple et décédé le 25
– tué le 25 sur la place.

Mus Edmond
Tué le 19 août, boulevard Magenta, alors qu'il essayait avec cinq camarades de forcer un barrage allemand à bord d'une automobile. Il fait partie des cinq FFI mentionnés comme non-identifiés sur la plaque du 130-132, boulevard de Magenta, Paris Xe.

Plessis Robert
Tué place de la République le 24 août 1944

Prevost André

Aux noms figurant cette plaque, il faut ajouter Emile Jeanne, Noël Blachier et Henri Dausset, tous trois abattus par une rafale de mitrailleuse sur le terre-plein central de la place de la République le 25 août 1944 en fin d'après-midi. Georges Blarieaux, quant à lui, est mortellement blessé le 21 août 1944 à l'angle de la rue Beaubourg et de la rue des Gravilliers et décède le 28 août de ses suites de ses blessures. 


Auteur : Fabrice Bourrée
Sources :
Françoise Bruneau, Essai d'historique du mouvement né autour du journal clandestin "Résistance", Paris, SEDES, 1952.
Archives nationales, archives du mouvement Résistance, dossiers nominatifs.
Bureau Résistance, dossier individuel de Roger Lardenois.
Site internet de Gilles Primout