Anthelme Croibier-Muscat EN COURS
Légende :
Anthelme Croibier-Muscat, début 1944
EN COURS
Genre : Image
Type : Photographie
Source : © Famille Croibier-Muscat Droits réservés
Détails techniques :
Photographie analogique en noir et blanc.
Date document : Début 1944
Lieu : France - Auvergne-Rhône-Alpes (Rhône-Alpes) - Isère - Grenoble
Analyse média
Amaigri et recherché, Anthelme Croibier-Muscat s'était teint les cheveux en blond, ce qui permet de dater la photographie postérieurement à sa deuxième évasion et son passage par le camp de Drancy. Peut-être s'agit-il de la photo d’identité de ses faux papiers ?
Didier Croibier-Muscat
Contexte historique
Anthelme, Julien, Alexandre Croibier-Muscat est né le 21 septembre 1922 à Grenoble (Isère).
Pseudos : André Morgan- Riguet
Radioélectricien de profession.
Chantier de Jeunesse du 1er mars au 31 juillet 1943
Entre au mouvement Combat en mars 1943.
AS de Grenoble de mars 1943 à fin avril 1944 - groupe franc Paul Vallier
AS Vercors de fin avril 1944 au 22 septembre 1944 - groupe franc Paul Vallier
Interné à du 27 novembre 1943 au 11 décembre 1943.
La citation à l'ordre du Régiment, comportant l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de bronze, signée par le lieutenant-colonel Le Ray le 15 février 1945 , indique :
« Membre du groupe Paul Vallier depuis fin juillet 1943, où il s'est siganlé par son courage et son sang-froid.
Toujours volontaire pour les missions périlleuses, a participé à plusieurs reprises à l'enlèvement des tickets d'alimentation, contribuant ainsi au ravitallement du Maquis.
A pris part à de nombreuses actions contre la milice, les Waffen SS et la Gestapo.
A abattu de sa main de nombreux traîtres à la Patrie, sur l'ordre de ses chefs.
Dans le Vercors, a participé à l'attaque de La Croix-Perrin où 29 Allemands furent tués.
A assuré la liaison entre l'E-M et les premières lignes de Vassieux.
La citation à l'ordre de la Division, comportant l'attribution de la Croix de guerre avec étoile d'argent, signée par le colonel Descour le 25 août 1945, indique :
« Le soldat Croibier-Muscat Anthelme, pseudo "Riquet",
faisait partie du groupe franc Paul Vallier, où il a fait preuve d'un courage et d'un sang-froid exceptionnels.
S'est affirmé particulièrement aux missions périlleuses autant que délicates pour lesquelles il était toujours volontaire.
Dans le Vercors, s'est brillamment conduit au bombardement de La-Chapelle-en-Vercors, lors de l'expédition de la Croix-Perrin et à Valchevrière.
Replié dans la forêt de Lente (Vercors), assura durant trois semaines des missions dangereuses confiées par l'état-major. »
CF. p. 27
* Eléments biographiques transmis par Didier - certaines précisions à apporter
Dans les années 1939 – 1940, Anthelme Croibier-Muscat est ouvrier électricien chez Merlin-Gerin, à Grenoble. Il travaille notamment sur les tableaux électriques du cuirassé « Jean Bart », alors en construction. En septembre (ou novembre ?) 1940, il rejoint un groupe de jeunes anti-vichystes, organisé par des militants du Parti Communiste clandestin. Ils sont arrêtés par la police française début février 1941 et poursuivis pour atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat. Finalement, ils sont condamnés à deux ans de prison. Détenu du 2 ou 3 février 1941 à début février 1943. (dates à retrouver) Prison Saint-Joseph de Grenoble, Fort Montluc (Lyon), Camp de Mauzac ou camp de Maussac, je n’ai pas de certitude, prison militaire de Lodève (Hérault), peut-être d’autres.
Libéré de prison en février 1943 (dates à retrouver). Appelé au camp de jeunesse, il rejoint à Bourg-en-Bresse sur ordre d’Estades (Chef du GF de « Combat » à cette époque qu’il a connu chez Merlin-Gerin) avec pour mission de reconnaitre en détail les stocks du camp. Ceci fait il déserte mais il est repris. Il est transféré dans un camp à Albepierre dans le Cantal. Il déserte à nouveau mais il est repris ! Il est incarcéré à la prison de Saint-Flour (Cantal). Jugé et condamné, il est incarcéré à la Centrale de Riom. Transféré en zone occupée pour être remis aux Allemands, la résistance locale le fait évader en attaquant le transfert et le cache quelques semaines avant d’organiser son retour vers Grenoble fin mai ou début juin 43 (dates à retrouver, en tous cas avant l’arrivée de Paul Vallier au Groupe) Les deux condamnation de 1941 et 1943 ont été annulées (jugement cassé) pour faits de résistance. Je dois pouvoir retrouver les minutes dans les papiers. A partir de mai-juin 43, il est permanent de « Combat » au Groupe-Franc dont Paul Gariboldy (de Merlin-Gerin également, pseudo Paul Vallier) va prendre le commandement en succédant à Estades.
Arrêté le 27 novembre 1943 au cours de la « Saint-Barthélemy Grenoble ». Il est interrogé et torturé. Enfermé dans une cellule avec …internés Juifs, la Feldgendarmerie transfère ces prisonniers vers Drancy et Il s’évade de la Gestapo de Grenoble en s’infiltrant dans ce transfert. À Drancy, il témoigne d’avoir été arrêté dans une rafle, battu (il porte les traces des interrogatoires) puis emmené et demande à être libéré. Au bout de quelques jours, après examen confirmant qu’il n’était pas Juif, il est remis à la Gendarmerie française. Il quittera les bureaux de la Gendarmerie sans demander son reste le matin même avec la complicité passive du planton car il craignait qu’un contact soit repris par les gendarmes avec les services de Grenoble. Il se réfugie chez un cousin-germain qui l’héberge et lui procure des faux papiers. Il découvre alors un petit morceau de résistance parisienne, notamment ses organisations d’accueil et de cache de prisonniers évadés. Il y fera aussi connaissance de sa future femme qui en fait partie.
Ayant donné de ses nouvelles à Grenoble, avec beaucoup de prudence, Paul Vallier lui fait établir des faux papiers plus fiables que sa mère lui apporte à Paris. Il rentre alors à Grenoble le 1er avril où il apprend la mort de Paul Vallier. Il retrouve les quelques rescapés du groupe, rétablit la liaison avec Le Ray par l’intermédiaire de deux policiers (Bouchet et Dorel) qui serviront ensuite à Le Ray d’agents de liaison pour la transmission des ordres. Pendant deux mois, ce groupe se consacre exclusivement à des actions contre la nébuleuse de services de répression de Grenoble, Miliciens, PPF, collaborateurs des J.E.N, S.D.. Fin mai, Le Ray leur donne l’ordre de rejoindre le Vercors et de se mettre à la disposition de Chavant.
Interné à Grenoble Gestapo Cours Berriat du 27 novembre 1943 2 ou 3 décembre (dates à retrouver) puis à Drancy jusqu’au 11 décembre 1943.
À noter il y a un document que je devrai retrouver, une lettre de félicitation signé par Le Ray avec deux particularités, elle est signée « Aux armées » et comporte la fameuse phrase « A abattu de sa main de nombreux traitres à la Patrie »…qui disparaitra de la citation à l’ordre de la division.
La citation à l'ordre du Régiment, comportant l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de bronze, signée par le lieutenant-colonel Le Ray le 15 février 1945 , indique : (il faut que je la retrouve, je ne suis pas certain qu’elle soit signée par Le Ray)
Anthelme Croibier-Muscat est décédé le 3 janvier 2001 à Pont-de-Beauvoisin (Isère).
Auteur : Didier Croibier-Muscat
Sources : archives familiales.


Voir le bloc-notes
()