Fernand GONTELLE

Etat-civil
Profession en 1940 : Non renseigné
Domicile en 1940 : Lyon (Rhône)
Résistance
Organisation de Résistance : MUR et FFI Hautes-Alpes
Commentaires
Issu d’une famille profondément patriote, Fernand Gontelle est le fils d’un ancien combattant de la Première Guerre mondiale, poilu et sapeur-mineur engagé du 4 août 1914 au 25 octobre 1918, qui décéda en 1943 des suites des gaz de combat inhalés au front. Cet exemple de courage et de sacrifice a marqué son éducation et nourri son engagement futur.
Originaire d’un milieu forain, contraint en 1939 de demeurer à Saint-Bonnet durant l’Occupation, il grandit dans un contexte difficile, marqué par la précarité et parfois par la défiance, aussi bien de la part des forces d’occupation que de certains compatriotes. Malgré cela, il choisit très jeune l’engagement et la fidélité à son pays, rejoignant la Résistance et assumant des missions périlleuses.
Dès 1943, après le décès de son père, alors âgé de 17 ans, il entre en contact avec la Résistance par l’intermédiaire de son frère Raymond, membre du groupe FFI du Champsaur. Il participe à des missions de soutien logistique : transport de messages, acheminement de bogues de cuir destinées aux résistants, approvisionnement en matériel. Ces activités, menées au péril de sa vie, témoignent d’un engagement ferme malgré son très jeune âge.
Le 1er juillet 1944, son frère Raymond est abattu par la Milice à Saint-Michel-de-Chaillol. Dès le lendemain, avec ses sœurs, Fernand ramène son corps à Saint-Bonnet dans une charrette, au risque d’être intercepté par l’ennemi.
Le 6 juillet 1944, il est arrêté à un barrage de la Milice au col Bayard, soupçonné d’être impliqué dans l’affaire du « tabac de Chaillol ». Conduit à la Villa Mayoli de Gap, siège de la Gestapo et de la Milice, il subit interrogatoire et violences. Grâce à son sang-froid, ce jeune homme de 18 ans parvient à s’évader de sa cellule, en dévissant la serrure avec un petit couteau dissimulé. Il parcourt alors plus de 17 kilomètres pieds nus avant d’être recueilli par un agriculteur, puis mis en relation avec M. Imbert, chef de maquis, qui le conduit à La Chapelle-en-Valgaudemar, puis au camp FFI du Pont-du-Fossé.
Durant l’été 1944, il reçoit une formation militaire et prend part activement aux combats. Le 20 août 1944, il participe à la libération de Gap aux côtés des FFI et de l’armée française. Dans les jours suivants, il contribue aux opérations autour de Briançon et à la libération progressive des Hautes-Alpes.
Après la Libération, il est intégré dans l’armée régulière. Incorporé au 4ᵉ régiment du génie à la caserne d’Ode de Grenoble, il est affecté à la garde des prisonniers de guerre allemands et SS. Cette mission, confiée à un jeune homme marqué par l’assassinat d’un frère et la déportation d’un autre, témoigne de son sens des responsabilités et de son endurance morale. En 1946, il apprend la mort de son frère Jean-Baptiste Joseph, déporté pour motif politique le 8 juin 1944 par la Gestapo, décédé dans le « train de la mort » en direction du camp de Dachau le 2 juillet 1944.
Fernand Gontelle est démobilisé après quelques mois, l’armée prenant en considération la situation dramatique de sa famille. Resté le seul homme de sa lignée, il assume alors la charge de ses trois sœurs et de sa mère.
Sources et bibliographie utilisées
Informations et documents transmis par Fabien Vogel , son neveu (mars 2026).
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