Jane BURIN DES ROZIERS

Nom de jeune fille : d'Oilliamson
Né(e) le/en 21/09/1920 à Paris
Profession en 1940 : Non renseigné
Domicile en 1940 : Paris
Etat-civil
Profession en 1940 : Non renseigné
Domicile en 1940 : Paris
Résistance
Organisation de Résistance : ORA
Arrestation et détention
Lieu de détention : Fresnes
Déportation
Lieux : Ravensbrück (57621), Kdos Torgau le 01/10/1944 (matricule 33917), Abteroda, Markkleeberg
Date de libération ou de rapatriement : 27 avril 1945 lors de l'évacuation
Commentaires
Jane d'Oilliamson (épouse Burin des Roziers) est une résistante française née le 21 septembre1920 à Paris et morte à Paris le 17 mars 1997.
Agent de liaison de l’Organisation de résistance de l’armée (ORA), elle est arrêtée le 3 juin 1944 et déportée à Ravensbrück. Elle s'évade le 21 avril 1945 lors de l’évacuation du camp de Markkleeberg.
Jane d’Oilliamson s’engage dans la Résistance en octobre 1942[1], à l’âge de 22 ans. En février 1943, elle devient l’un des premiers agents de liaison du poste de commandement de l’ORA auprès du commandant René Cogny à Paris[2].
À partir de mars 1943, elle est placée sous les ordres de Jean de Montangon, qui organise le groupe de liaison de l’état-major central de l’ORA[3]. En avril 1944, lorsque l’ORA est intégrée aux FFI commandées en région Parisienne par Pierre Lefaucheux, elle assure quotidiennement des liaisons au "Bureau central des liaisons de la résistance" pour la région parisienne (Seine, Seine et Oise, Seine et Marne)[4], situé 15 rue du Hameau à Paris. Ce bureau central permet de relier chaque jour près de 20 chefs parisiens de la Résistance.
Autres réseaux
En novembre 1943, sous le pseudonyme « Catherine », elle rejoint le réseau de renseignement Cohors-Asturies dirigé par Jean Cavaillès. Elle y accomplit des missions de liaison, de secrétariat et d'aide à l’hébergement de clandestins[5].
Parallèlement, sous le pseudonyme de « Rosine», elle contribue à plusieurs réseaux d’évasion :
• le réseau Comète[6], chargé d'exfiltrer les aviateurs alliés[7][8] ;
• les réseaux Shelburn, en liaison avec Bertranne d'Hespel, et Possum[9].
Arrestation
Le 3 juin 1944, elle est arrêtée rue du Hameau à Paris avec cinq agents de liaison de l'ORA, au cours d'une opération organisée avec les agents de la Gestapo infiltrés Max Dumas ("Jean-Louis") et Henry Ponchelet ("Leloup")[10]. Simultanément, Lefaucheux, Montangon, et 9 chefs de secteur des FFI de la région Parisienne sont arrêtés 86 rue Lecourbe. Au total une soixantaine d'arrestations sont effectuées dont 32 pour l'ORA. Après un passage au siège de la Gestapo n° 11 rue des Saussaies, elle est incarcérée à la prison de Fresnes, où elle communique avec la résistante Marie-Thérèse Henry, détenue dans une cellule voisine.
Le 15 août 1944, elle est déportée dans le convoi partant de la gare de Pantin, et qui emporte 1 650 hommes (dont 11 résistants arrêtés rue Lecourbe et rue du Hameau) et 550 femmes vers les camps de concentration de Buchenwald et de Ravensbrück. Son transport, dit « convoi des 57 000 » le arrive le 21 août 1944 au camp de Ravensbrück, près de Berlin, où elle reçoit le matricule 57621 et est placée en quarantaine au block 24[12].
Elle est ensuite transférée dans plusieurs camps :
• du 4 au 7 septembre 1944, transfert au kommando de Torgau[13] [14]
• du 2 au 6 octobre 1944, transfert au kommando d'Abteroda, où elle partage sa paillasse avec la résistante Monique Livry-Level[15] ;
• du 24 au 26 février 1945, transfert au camp de représailles de Markkleeberg[16], dans la banlieue de Leipzig, sanction collective à la suite de soupçons de sabotage de la production par les déportées Françaises à l'usine BMW d'Abteroda[17].
Très myope, elle casse volontairement ses lunettes pour ne pas travailler pour les usines d’aviation Junkers de Leipzig
Évacuation, évasion et fin de guerre
Le 13 avril 1945, le camp est évacué vers Theresienstadt avec 259 Françaises et environ 1 300 déportées Juives hongroises. Jane d’Oilliamson participe au transport des malades du Revier, notamment une camarade surnommée « Gigi ».
Le 21 avril 1945, profitant d’un mitraillage allié, elle s’évade avec « Gigi », qui marche avec des béquilles. Les deux femmes atteignent les lignes américaines le 27 avril.
Rapatriée en France le 21 mai 1945, elle s'engage comme conductrice d’ambulance auprès de la 2e armée britannique à Brunswick. Elle est démobilisée le 30 octobre 1945.
Après-guerre, elle adhère à l’ADIR et siège au conseil d’administration des Amis de l’ADIR. Elle témoigne en 1948 au procès Richard, qui juge des collaborateurs Français de la Gestapo. Henry Ponchelet est condamné à mort le 23 mars 1948 et exécuté.
Elle se marie avec Etienne Burin des Roziers en 1950.
Jane d’Oilliamson meurt en 1997.
Décorations et récompenses
- Croix de guerre 1939-1945
Sources et bibliographie utilisées
Notes et références
1. « Cote(s)Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 187989 »
2. Jean de Montangon, Un Saint-Cyrien des années 40, France Empire, 1987, 254 p. (ISBN 978-2704805556), p47 et 52
3. Bernard de Boisfleury, L'armée en résistance , 1940-1944, L'esprit du livre, 2005, 711 p. (ISBN 978-2915960075), p137-138
4. « Archives du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale - Rapport d'activité du capitaine de Montangon, accompagné de copies de documents sur les FFI parisiens et l'affaire Grandval », 1er juillet 1945, 16 mars 1948
5. « Cote(s)Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 187989 »
6. « Jane D'Oilliamson (Q41168) personne liée à la résistance belge durant la Seconde Guerre mondiale »
7. Odile de Vasselot, Tombés du ciel, Éditions du Félin, 2005, 441 p. (ISBN 978-2866455835), p335
8. « Case Files Relating to French Citizens Proposed for Awards for Assisting American Airmen, 1945–1947 Record Group 498 Entry UD 193 Box 998 File D'Olliamson, Jane **The name is listed as both D'Olliamson and D'Oilliamson in the file** »
9. Jean-Pierre Husson, « La naissance et l'activité du réseau d'évasion Possum »
10. « Pierre Lefaucheux: Le commandant Gildas »
11. « Fondation pour la mémoire de la déportation, « Liste du convoi I.264 parti de Pantin le 15 août 1944 »
12. Archives Arolsen.
13. Jacqueline Fleury-Marié et Jérôme Cordelier, Résistante, Calmann-Lévy, 2019, 122 p. (ISBN 978-2-7021-6750-2), p83-86
14. Philippe Mezzasalma, « La déportation des femmes depuis la France par mesure de répression (1940-1945) »
15. Monique Corblet de Fallerans, Voyage nocturne au bout du parc, Heimdal, 1992, 181 p. (ISBN 978-2840480068), p131
16. « Markkleeberg-Wolfswinkel, camp annexe de Buchenwald Camp pour femmes juives hongroises et résistantes françaises, au sud de Leipzig »
17. Bernard Favre, Marguerite oubliée, Ampelos, 2023, 203 p. (ISBN 978-2-35618-255-5), p108-111 ; Dossier Service historique de la Défense, Caen - AC 21 P 719864 (non consulté) ; informations et documents transmis par M. Nicolas Burin des Roziers, son fils (juillet 2026).
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