Colonel Georges Fournier, chef de l'opération SAS "Dickens" (Bois d'Anjou)

Légende :

Le colonel Georges Fournier, chef de l'opération "Dickens" du 3e régiment SAS* parachuté au Bois d'Anjou en juillet 1944 - sans date

 

* Special Air Service

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © Amicale Libération-Nord de Sud-Loire Droits réservés

Détails techniques :

Photographie analogique colorisée.

Date document : Sans date

Lieu : France - Pays de la Loire - Maine-et-Loire - Somloire

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Analyse média

Consulter l'historique des SAS - Entretien avec Octave Bernault


Contexte historique

Georges Fournier est né à Rueil-Malmaison (actuels Hauts-de-Seine) le 5 juin 1909.

Au déclenchement des hostilités, Georges Fournier est mobilisé à l'âge de 30 ans comme lieutenant au 6e régiment d’infanterie coloniale commandé par le colonel Lelong et passe l’hiver 1939-1940 en forêt de Wardts, où il gagne sa première citation. Le 6e est jeté dans la brèche de Sedan au moment de l’offensive allemande. Il y est cité pour la deuxième fois. Capturé le 20 juin après avoir été blessé et cité une nouvelle fois, il est incarcéré près de la frontière tchèque.

Ne rêvant que de reprendre le combat, il imagine de se faire passer pour sourd. Après trois mois d’une simulation de chaque instant, il est rapatrié sanitaire fin mars 1940. Afin de rejoindre les FFL, on lui suggère de s’engager pour un poste en Extrême-Orient, les Anglais prévenus devant l’intercepter à Gibraltar. Hélas, il n’est est rien ! Ne cachant pas ses sentiments, il est l’objet de mesures discriminatoires et de brimades pendant tout son séjour, qui s’achève par une évasion vers la Chine nationaliste en mars 1943.

Evitant de justesse d’être remis aux autorités militaires françaises, il commence son périple ; c’est Long Tchéou, Nanning, Kweiling, puis enfin Tchoung King où il peut signer son engagement aux FFL, encore faut-il les rejoindre. Et pour gagner le Moyen-Orient, il fait de l’avion stop près des Américains, alors en guerre. De base en base, il réussit à gagner Calcutta puis, par le train, rejoint Bombay. Le reste n’est qu’une croisière jusqu’à Alexandrie. Lelong, devenu général, le réclame à son état-major mais il préfère prendre le commandement du détachement parachutiste de Rayack le 15 juillet 1943. Le 15 août, il a rejoint Le Caire avec ses hommes, puis ce sera le regroupement avec les autres éléments du 3e BIA de Tripoli et de Rouiba et l’arrivée à Camberley en novembre, où, un temps adjoint du capitaine Château-Jobert, dit Conan, il devient au camp d’Auchinleck commandant du 3e Squadron.

Ensuite, il est parachuté à la base du Bois d'Anjou en juillet 1944 à la tête du 3e régiment de chasseurs parachutistes (3e RCP) pour assurer l'opération "Dickens" pour la libération du Sud de la Loire.

Distingué, alliant allure et puissance, il est aussi bien à son aise dans une bagarre qu’à l’entraînement, et ses hommes savent que sous un dilettantisme apparent, il dissimule une énergie et une volonté que ni l’épreuve ni l’autorité ne font plier.

Après la libération du Choletais, des Deux-Sèvres et de la Vendée, il poursuit la campagne de France en combattant dans le secteur de Paimboeuf-Saint-Nazaire.

Grièvement blessé à Paimboeuf en octobre 1944, il quitte le 3e RCP. Devenu colonel, il est affecté à la recherche des criminels de Guerre en Allemagne du 7 mai 1945 au 1er juillet 1948.

A la fin de cette mission, il quitte l'armée et retourne à la vie civile comme ingénieur agricole, tout en gardant des liens étroits avec les anciens du 3e RCP, les anciens volontaires qui les avaient rejoints pour les opérations de Libération et avec les populations de Somloire et du Bressuirais, en raison de l'aide que celles-ci avaient apporté à ses troupes durant l'été 1944.

Il est décédé le 7 décembre 1966, à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes), et a été inhumé, suivant sa volonté, à Somloire.

 

Titres et décorations :
commandeur de la légion d'Honneur ; croix de Guerre 1939-1945 ; Croix volontaire de la Résistance ; médaille des évadés ; Military Cross.

 


Informations transmises par M. Joseph Ripoche (21 août 2018).