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Plaque apposée à l'entrée de la prison Saint-Michel, Toulouse (Haute-Garonne)

Légende :

Plaque apposée sur la façade de l'ex-prison Saint-Michel de Toulouse

Genre : Image

Type : Plaque commémorative

Producteur : Marie-Geneviève Tokarz

Source : © Collection Marie-Geneviève Tokarz Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur

Date document : 2016

Lieu : France - Occitanie (Midi-Pyrénées) - Haute-Garonne - Toulouse

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Contexte historique

Sous l’occupation nazie, la prison Saint-Michel devient le lieu d’enfermement des résistants. La Gestapo monopolise trois ailes de la prison. Ce n’est pas un simple lieu de détention : procès et exécutions s’y déroulent aussi. Ainsi, Marcel Langer, chef de la 35e Brigade des FTP-MOI, est guillotiné le 27 juillet 1943 dans la cour d’honneur. Au printemps et à l’été 1944, de nombreux détenus sont déportés vers les camps de concentration en Allemagne et en Autriche. L’écrivain André Malraux, chef des maquis du Lot, s’échappe grâce au coup de force des frères Angel juste avant la libération de la ville le 19 août 1944, où symboliquement les femmes des détenus forcent les portes de la prison et les libèrent.

Parmi les noms gravés sur cette plaque figurent ceux de :

- Enzo Godéas (1925-1944). Blessé dans l’attentat du cinéma des Variétés le 1er mars 1944, Enzo Godéas est arrêté et livré à la Milice. Rapidement identifié, il est torturé puis jeté dans un cachot de la prison Saint Michel. Il est laissé sans soin pendant plus de 3 mois. C’est dans un état physique épouvantable qu’il est jugé dans la cour de la prison. Ses juges sont cachés derrière l’anonymat des cagoules. Incapable de marcher, il est traîné par ses bourreaux, puis attaché sur une chaise. Enzo Godéas, 19 ans, est fusillé par un peloton de policiers français appelés GMR (groupes mobiles de réserve).

- Jacques Grignoux (1926-1944). Membre de la 35e Brigade, Jacques Grignoux dit “André Broussin” dans la Résistance, est arrêté le 7 février 1944. Il rentre d’une mission à bicyclette avec l’un de ses camarades. Les deux jeunes résistants sont arrêtés à un banal contrôle de gendarmerie à Grenadesur-Garonne. Ils sont aussitôt conduits à la gendarmerie. Jacques Grignoux tente alors de s’échapper en lançant une grenade dans la cour de la gendarmerie. Mais elle n’explose pas et il est neutralisé. Conduit à la prison Saint Michel, il est jugé le 16 mars 1944 par la cour martiale. Condamné à mort, il est fusillé le jour même dans la cour de la prison.

- Louis Sabatié (1924-1944). Jeune résistant (FTP) de Montauban, il est arrêté par la police française le 3 février 1944. Il est accusé d’avoir tué un gardien de la paix. Transféré à la prison Saint Michel, il est jugé par la cour martiale de la Milice et condamné à mort le 17 février 1944.


Extraits de :
Mathieu Arnal, "La prison Saint-Michel, forteresse du patrimoine carcéral de Toulouse", Actu côté Toulouse, 10 janvier 2016.
Elérika Leroy, Toulouse, mémoire des rues. Guide historique des Années noires et de la Résistance à Toulouse à travers les plaques de rue et les stèles commémoratives, mairie de Toulouse, 2008