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Libération de Meaux et Montry

Genre : Film

Type : Reportage

Source : © National Archives and Records Administration, Washington Libre de droits

Détails techniques :

Film muet en noir et blanc
Durée : 6 minutes 43 s

Date document : 27-28 août 1944

Lieu : FranceSeine-et-Marne

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Analyse média

Découpage du film réalisé par Raymond-Robert Pezant


LIBERATION DE MEAUX 

0'00
vers 19h00 nationale 3 (actuelle D 603) de Paris à Meaux, à hauteur de l’actuel lycée Pierre de Coubertin,
entrée panneau Meaux,
véhicules américains descendant la chaussée de Paris,
et venant aussi de la droite, route de Villenoy

0’13
la cathédrale de Meaux vue prise dans le virage de la descente de l'avenue Gallieni

0’24
entrée de Meaux, dans la descente de l’avenue Gallieni, à gauche panneau direction Château-Thierry
circulation de véhicules américains dans les deux sens

0’33
vue prise au bas de l’avenue Gallieni (à gauche route direction de Senlis)

0'46
la rue Saint-Rémy, vue prise sous le pont de chemin de fer
la remontée des véhicules américains vers la cathédrale

0'58
à hauteur à peu près du n°32 de la rue Saint-Rémy vue vers la cathédrale
la foule et les véhicules américains


Lundi 28 août 1944

1'13
place de la cathédrale, drapeaux américain et français
la cathédrale de Meaux, le palais épiscopal

1’36
la rue Saint-Rémy
les troupes américaines depuis la place de la cathédrale et le parvis de la cathédrale

1'48
rue Saint-Etienne, à hauteur du n°13 (actuelle droguerie Dauvergne existante depuis 1871)
défilé des F. F. I. (Forces Françaises de l'Intérieur) et de diverses formations

2'19
rue Saint-Etienne, hauteur n°15 et balcon n°17
la foule exhibant un portrait d'Hitler, inscription : K POUT

2'35
rue Saint-Nicolas (actuelle rue du général Leclerc) au n° 35, devant l’entrée de l'ancien hôtel-restaurant de la Sirène
la foule, destruction à coup de pioche et pic par deux civils des inscriptions peintes : un aigle allemand Soldatenheim Feldkommandantur Melun

3'02
vue prise de la place Moissan, départ de la mairie de Meaux par la rue de Martimprey
cortège de civils, un élu ceint d’une écharpe tricolore, musiciens, porte-drapeaux,
anciens combattants, se dirigeant via la cathédrale vers le monument aux morts de la ville

3'27
10h00 : la foule, cérémonie place Doumer au monument aux morts de Meaux

4'21
le commandant appelé aussi capitaine Bernard, (chef local de la section F.F.I. de Meaux et ingénieur des ponts et chaussées), lit une proclamation

LIBERATION DE MONTRY (suite du film)

Dimanche 27 août 1944

4'31
Montry : progression de six soldats américains à droite un mur avec inscriptions peintes : ETS BERGOUD ? il s’agit de la route de Magny-le-Hongre débouchant aux intersections de l’ancienne Nationale 34, de la rue Pascal très pentue et en face la rue du maréchal Gallieni.

4'40
Montry : char américain progressant sur route montante et ombragée à gauche maison, poste essence, garage, le tout bordant la route 5'17
officier américain avec deux soldats (conducteurs de véhicules) au carrefour route de Magny et de la Nationale 34

5'29
prisonnier allemand emmené et passant devant l'établissement avec inscriptions : Garage Réparations E. GAILLET Entreprise Mécanique Générale

LIBERATION DE MEAUX (suite du film)

Lundi 28 août 1944

5,43
Meaux, route de Varreddes, soldats américains devant le mémorial américain édifié en 1932 en souvenir de la bataille de la Marne en 1914.

6’43
fin du film


Travail réalisé par Raymond-Robert Pezant

Des compléments d'informations sont disponibles via ce lien.

Contexte historique

Meaux se situe à l'abri d'un grand méandre de la Marne, fleuve apte à la navigation et que deux canaux ont pu parfaire. La voie ferrée Paris-Strasbourg y passe. La ville compte 14.400 habitants. Meaux est le chef-lieu d'un arrondissement de 187 communes regroupées en neuf cantons– l'ancien arrondissement de Coulommiers s'y rattache depuis 1926 –, dont le sous-préfet Poulat, qui y demeure durant toute la guerre, reste un observateur attentif et minutieux. Evêché de Seine-et-Marne, c'est une ville d'histoire (les Meldes, la Réforme, Bossuet), une ville d'art (la cathédrale), mais aussi une ville aux industries diversifiées : fromageries, conserveries, pâtes alimentaires, mécanique et chimie – certes moins notable qu'à Trilport – lingerie (les "bas Guy" des usines Verdier).

Les Allemands implantent boulevard Jean Rose une Kreiskommandantur dont la juridiction se calque précisément sur le territoire de l'arrondissement, au moins jusqu'en 1943, date à laquelle, dissoute (on s'adresse alors à la Feldkommandantur 680 à Melun), elle est partiellement remplacée par une Feldgendarmerie (rue Saint-Faron). Il n'y a pas de services allemands du SD à Meaux : ce sont des Français qui ont joué le rôle d'agents sous la direction de l'un des éléments moteurs du PPF. C'est dans l'arrondissement de Meaux, qui connaît une importante communauté juive, que la persécution raciale s'est le plus fortement manifestée comme, aussi, à la Ferté-sous-Jouarre.

De la Résistance, il est possible de retenir une expression individuelle : celle de Marc Verdier, fils de l'industriel (mort à 27 ans dans son avion de "Normandie-Niémen" en URSS), celle de l'abbé Maurice Rondeau, professeur au petit séminaire, prisonnier de guerre devenu travailleur civil pour soutenir les jeunes requis et mort à Buchenwald à 29 ans, celle de François de Tessan, le député radical socialiste de Meaux, mort également à Buchenwald en avril 1944.

Dans le secteur de Vengeance, le mouvement se fixe à Meaux : on y trouve deux compagnies. La présence de l'OCM est plus notable encore : elle recrute dès le printemps 1942 et surtout en 1943 ; l'élément moteur en est sans conteste Maurice Philadelphe ("Capitaine Gaston"), né en 1899 dans la Vienne et que secondent son épouse et sa fille. Certains sont bien de Meaux, comme l'inspecteur de police de Sûreté, Roland Verresen, recruté en septembre 1942, comme Paul Barennes, futur délégué départemental de l'OCM, futur maire de Meaux. Nombreux cependant sont les éléments enrôlés dans les secteurs de Marcilly (groupe de Raphaël Lamy), de Vendrest… c'est à dire du canton de Lizy-sur-Ourcq. Certains viennent de Défense de la France : ce sont les seules traces de ce mouvement qui semble absent de Seine-et-Marne. L'OCM n'exclut pas d'autres relations. On peut ainsi citer celles d'avec le réseau Bourgogne, créé à Meaux avec le commandant Berge, Léon Morrisson et, depuis mai 1943, Louis Bour, entrepreneur de la rue de la Crèche qui cache un "pianiste", ses adjoints (déportés) et leur émetteur radio. Le terrain de Bouillancy (Oise), qui reçoit trois parachutages en juin 1944, permet l'armement du groupe, du réseau et aussi du maquis de la Rouette, protégé de l'OCM.

Le réseau Publican de Maurice Braun a représenté l'autre grand volet de cette Résistance. C'est le secteur Meaux, que les autres ignorent et qui ne connaît pas les autres. Ce secteur est celui de Camille et Thérèse Morin, dentistes, résidant à Meaux. Thérèse Morin a mis Braun en contact avec des agents et des ingénieurs de la SNCF qui lui fournissent des plans de voies ferrées. Arrêté, Camille Morin s'évade mais doit se cacher et c'est Thérèse qui recueille un temps Maurice Braun lorsque tout s'écroule en septembre 1943. Thérèse Morin poursuivra son action comme agent du réseau Alliance. Dans un rapport au nouveau préfet daté du 2 septembre 1944, le sous-préfet écrit : "L'entrée des Américains à Meaux s'est effectuée sans de gros incidents et sans bataille". La première armée du général Hodges fait tout simplement son entrée à Meaux et se partage avec les résistants la libération du secteur au nord de la Marne. Aucune analogie avec les combats de la IIIe Armée sur le plateau central, avec la bataille de Melun, encore moins avec les journées tragiques de Chelles. Barennes prend, avec Bour, la tête d'un CLL fort de vingt-sept personnes, parfaitement dosé.


SOURCES : Claude Cherrier, "Meaux" in dvd-rom La Résistance en Ile-de-France, AERI, 2004.