Veuillez activer votre plugin flash player

Les combats du Luxembourg : témoignage d'Alain de Boissieu

Légende :

Témoignage du général de Boissieu sur les combats du Luxembourg et la reddition de la garnison allemande du Sénat

Genre : Film

Type : Témoignage vidéo

Source : © Collection Georges Mourier Droits réservés

Détails techniques :

Témoignage extrait de "24 heures pour Paris", un documentaire de Georges Mourier, 1998.

Date document : 1998

Lieu : France - Ile-de-France - Paris

Ajouter au bloc-notes

Contexte historique

Le 25 août 1944, pour réduire le nid de résistance du Palais du Sénat et des Jardins du Luxembourg, les FFI du colonel Fabien et les soldats de la 2e Division blindée du général Leclerc devront livrer une dure bataille. L'état-major de la Luftwaffe pour le tout le Front de l'Ouest s'est installé dans le Palais en 1940 et y a réalisé des aménagements défensifs qui vont compliquer singulièrement la tâche des assaillants. Le personnel de l'état-major a quitté les lieux à partir du 10 août et a été remplacé par une troupe d'environ 600 hommes sous les ordres du colonel von Berg et composée en partie de SS. Le plan de défense prévoit des chars en réserve dans la Cour d'honneur du Palais, des barrages épaulés par des chars face au Nord rue de Tournon, à l'Est rue Soufflot, des blockhaus rue de Vaugirard et boulevard Saint-Michel, et enfin d'autres barrages à l'Ouest rue Guynemer, au Sud rue Auguste Comte, à l'Est boulevard Saint-Michel.

Le 25 août 1944, Pierre Georges, 26 ans, alias "colonel Fabien", chef des Unités de choc des FFI, est chargé de réduire le nid de résistance. Il sera épaulé, au Nord, par les chars et l'infanterie du sous groupement Putz de la 2e Division blindée et au Sud par les chars du capitaine de Boissieu, de l'escadron de protection du général Leclerc. Le colonel Fabien dispose de 200 hommes pour attaquer le Luxembourg par l'Est et le Sud et d'une bonne centaine pour la façade Nord. Parmi ses FFI, des hommes du 1er Bataillon d'Eure et Loir.

Le lieutenant-colonel Putz, envoie la 10e compagnie d'infanterie du 3e RMT et la 2e compagnie de chars du 501e RCC remonter le boulevard Saint-Michel pour investir le Luxembourg et empêcher la garnison allemande de se répandre dans les rues de Paris. Il ignore le nombre exact de blindés tenus en réserve dans la Cour d'honneur. Le capitaine de Boissieu, commandant l'escadron de protection du général Leclerc, arrivant du Sud et dont la mission principale est de protéger le P.C du général qui se rend à la Préfecture de police, s'occupera des Jardins de l'Observatoire, du Lycée Montaigne et remontera vers l'Ecole des Mines par le boulevard Saint-Michel. A la première approche ses chars de tête sont immédiatement pris sous le feu ennemi. Manifestement un observateur guide les tirs de la coupole du Sénat. Au Nord, les fantassins du capitaine Sarrazac escortent les chars du capitaine de Witasse. Place de la Sorbonne le "Lützen", de la 2e section, essuie le tir d'un blindé ennemi tapi rue de Vaugirard près de l'Odéon. Des FFI sont blessés.

La tête de la colonne arrive place Edmond Rostand. André Corler, 27 ans, adjudant de la 2e compagnie de chars, est monté dans un appartement au premier étage de l'immeuble qui fait l'angle de la rue de Médicis pour observer, à l'abri des volets entr'ouverts, les soldats allemands postés derrière les grilles du Jardin. Il est mortellement atteint par une rafale de mitraillette partie d'un petit blockhaus. Un char Panther, posté rue de Médicis, interdit la place et le carrefour de l'Odéon. La "Moskowa", de la section de commandement, guidé par le capitaine de Witasse à pied devant lui, s'approche par le rue de Vaugirard et l'immobilise d'un coup dans la chenille gauche. L'équipage allemand abandonne le char et se réfugie dans le Sénat. Le capitaine de Witasse installe ses chars en surveillance, prêts à s'opposer à toute sortie en force de la réserve de blindés allemands. Il a envoyé la 3e section du lieutenant la Bourdonnaye contourner la place Edmond Rostand par la rue Soufflot pour revenir à l'Est des Jardins sur le boulevard Saint-Michel à hauteur de l'Ecole des Mines.

Après la capitulation du général von Choltitz à la Préfecture de police, des équipes comprenant un officier de la 2e Division blindée et un officier allemand sont chargées de porter, aux derniers nids de résistance, l'ordre de cesser le feu. Le colonel d'artillerie Crépin, accompagné d'un colonel d'état-major allemand, arrive en auto mitrailleuse devant le Sénat. Il y pénètre à pied, un fusil dans le dos, et montre au colonel von Berg, commandant la garnison, l'ordre du général von Choltitz. Si l'ordre n'est pas exécuté, les soldats allemands ne seront pas considérés comme des prisonniers de guerre. L'argument est décisif mais les officiers SS, présents au milieu de leurs troupes, protestent vigoureusement. Ils peuvent encore se défendre et tenir. Dehors on entend les hauts parleurs des voitures de la Préfecture de police annoncer à la population que le Sénat sera bombardé à partir de 19h00 par l'aviation. Après de longues palabres la reddition est acquise. Le colonel von Berg a une heure devant lui pour passer le message à tous ses hommes éparpillés dans les bâtiments et dans les Jardins. Des spahis marocains de la 2e Division blindée et des FFI du 6ème sont parvenus enfin à pénétrer dans l'îlot de la rue Auguste Comte sous la conduite de Mr Cuny, conservateur du Jardin. Quelques soldats allemands tirent leurs dernières cartouches. C'est fini.