Plaque en hommage à Jacques Arthuys, fondateur de l'OCM

Légende :

Plaque en hommage à Jacques Arthuys, fondateur de l'OCM, située 72 avenue Victor Hugo, Paris XVIe

Genre : Image

Type : Plaque

Source : © Département AERI de la Fondation de la Résistance Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur.

Date document : 2003

Lieu : France - Ile-de-France - Paris

Ajouter au bloc-notes

Contexte historique

Fils d'officier, Jacques Arthuys est né le 15 février 1894 à Belfort. Engagé volontaire, il participe à la guerre 1914-1918 dans la cavalerie puis dans l'aviation. Après la guerre, il quitte l'armée pour devenir industriel. Il dirige, associé à son beau-père, la société des tours Cazeneuve.
Proches des idées d'extrême-droite, Jacques Arthuys et son ami Georges Gressent (qui se fait appeler Georges Valois) créent en novembre 1925 le premier parti français se réclamant explicitement de l'expérience mussolinienne, le Faisceau. Malgré l'adhésion d'Hubert Lagardelle (fondateur du Mouvement socialiste) ou Marcel Bucard (futur fondateur du Parti franciste), le Faisceau disparaît en 1928. Cette même année, Gressent et Arthuys lancent une nouvelle organisation, le Parti révolutionnaire fasciste, qui se dissout en 1930.
Partisan d'un rapprochement franco-allemand et de la création des Etats-Unis d'Europe, il devient un ennemi acharné du nazisme après l'avènement d'Hitler. A partir de 1936, Arthuys anime avec l'industriel Lefaurichon et l'architecte Souchère le Mouvement des classes moyennes, domicilié au 5 rue Logelbach à Paris.
Au cours de la campagne de 1939-1940, il est capitaine au 60e groupe de reconnaissance divisionnaire. Son unité se replie de Sedan à Organe sans aucune perte. Il souhaite poursuivre la guerre dans l'Armée des Alpes mais l'armistice est signée. Arthuys camoufle les armes de son groupe dans la région d'Orange puis est démobilisé.

Après un passage à Vichy où il s'entretient avec Bichelonne, Belin et Dumoulin de la Barthète, il revient à Paris. Il prend également contact avec quelques officiers de l'état-major de l'armée d'armistice. C'est ainsi que le Deuxième Bureau le met en relation avec le colonel Heurtaux.
Lefaurichon, grand mutilé de 1914-1918, n'est pas mobilisé en 1939 mais il n'entend pas rester les bras croisés. Dès juin 1940, il organise les secours aux camps de prisonniers de la Région parisienne et facilite les évasions. Il commence également un travail de recrutement en vue de constituer un groupe de résistants. Lorsque Arthuys revient à Paris, il prend la direction de l'organisation naissante et installe son PC à son domicile, avenue Victor Hugo où il est aidé par sa secrétaire, Vera Obolensky. Au cours d'une réunion chez Arthuys en novembre 1940, le groupe se fixe plusieurs objectifs : créer des filières de passage en zone libre, chercher des liaisons dans les amicales régimentaires, monter un service de renseignement dont Souchère prendra la direction.
Parallèlement à ces activités, Arthuys rédige à partir de décembre 1940 des Lettres aux Français destinées à faire réagir l'opinion face à la collaboration. En décembre 1940, le groupe d'Arthuys fusionne avec un groupe constitué par Maxime Blocq-Mascart par l'intermédiaire de l'industriel Jean Mayer appartenant au mouvement des Classes moyennes et ancienne connaissance d'avant-guerre de Blocq-Mascart.
Jacques Arthuys prend la direction de ce groupement qui prend le nom d'Organisation civile et militaire (OCM). En février 1941, un fils du colonel Heurtaux est arrêté. Afin de le faire libérer, Heurtaux intervient à Vichy et même auprès de la Kommandantur de Paris, ce qui ne manque pas d'attirer l'attention sur lui. Il est arrêté à son tour. Arthuys et Lefaurichon disparaissent quelque temps en province puis décident de revenir à Paris.

Le 21 décembre 1941, Jacques Arthuys est arrêté en même temps que Lefaurichon au domicile de celui-ci. Déporté à Hinzert, il y décède le 9 septembre 1943. Le colonel Touny le remplace à la tête de l'OCM.
Jacques Arthuys a été homologué au grade de colonel le 13 juillet 1945 avec prise de rang au 1er décembre 1941.



Auteur : Fabrice Bourrée
Sources et bibliographie :
Archives du Bureau Résistance, dossier individuel de Jacques Arthuys.
Michel Chaumet, "Jacques Arthuys" in CD-ROM La Résistance en France, une épopée de la liberté, AERI – Montparnasse Multimédia, 1998.
Arthur Calmette, L'OCM, histoire d'un mouvement de résistance de 1940 à 1946, Paris, PUF, 1961.