Plaque en hommage au général Delestraint

Légende :

Plaque en hommage au général Delestraint, dit "Vidal", chef de l'Armée secrète, déporté et assassiné à Dachau le 19 avril 1945, située 11, chaussée de la Muette, à l'angle de l'avenue-Mozart, Paris XVIe

Genre : Image

Type : Plaque

Source : © Wikimedia Commons Libre de droits

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur.

Lieu : France - Ile-de-France - Paris - Paris

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Contexte historique

Charles Delestraint est né le 12 mars 1879 à Biache Saint-Vaast (Pas-de-Calais). Son père était comptable dans les fonderies. Il fait ses études secondaires chez les Maristes à Haubourdin-lez-Lille jusqu'en 1896, où il obtient brillamment le baccalauréat. Il entre ensuite à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1897 et en sort parmi les premiers, trois ans plus tard. Le 1er octobre 1900, il est nommé sous-lieutenant au 16e Bataillon de chasseurs à pied, où il reste pendant treize ans. Capitaine en décembre 1913, il est reçu à l'Ecole supérieure de Guerre le 18 mars 1914.

Le 25 août 1914, chargé d'une mission spéciale sur la Meuse à hauteur de Haybes (Belgique), il bouscule un important détachement ennemi, retarde la progression allemande et permet ainsi la liaison des 4e et 5e Armées françaises ; il est alors fait chevalier de la Légion d'honneur, reçoit la Croix de Guerre avec palme et la Croix de Guerre belge. Le 30 août, il tombe dans une embuscade allemande lors de l'attaque de Chesnoy-Auboncourt ; il est fait prisonnier et détenu au camp de Plassemburg jusqu'en 1918. Rapatrié en décembre 1918, il est ensuite affecté à l'Etat-major du G.Q.G., Section du Personnel et nommé chef de bataillon en juin 1919. Dépendant du 104e RI puis de l'Etat-major de l'Armée, il est affecté à l'Ecole supérieure de Guerre où il avait été reçu en 1914. Le 3 octobre 1923, ayant demandé à servir dans les chars, il est affecté au 517e Régiment de chars de combat (517e RCC) à Düren, en zone d'occupation. En avril 1927, il est nommé commandant en second de l'Ecole d'Application des chars de Versailles sous la direction du général Frère. Il est promu lieutenant-colonel en décembre 1927. En 1932, il prend le commandement du 505e RCC à Vannes et est promu colonel. En 1936, il commande la 3e Brigade de chars à Metz et, le 23 décembre de la même année, reçoit ses étoiles de général de brigade ; il a alors comme subordonné le colonel de Gaulle qui commande le 505e RCC. Ils luttent tous deux pour une utilisation différente et plus importante des blindés. Atteint par la limite d'âge en mars 1939, il est rappelé le 1er septembre et reçoit le commandement des chars de combat de la 7e Armée. En avril 1940, il est nommé adjoint à l'inspection des chars, puis on lui confie, dans une situation désespérée, le 2 juin 1940, le commandement du Groupement cuirassé qui ne comprend plus que deux divisions. Malgré la médiocrité de son équipement, il parvient à couvrir le repli de deux armées, sauvant ainsi des centaines d'unités de toutes armes, après avoir réduit la poche d'Abbeville.


Dès l'armistice, il n'accepte pas la défaite, et décide de regrouper les "Anciens des Chars". A partir de 1941, il accentue son activité de résistant ce qui lui vaut un rappel à l'ordre de Vichy le 27 février 1942.

A l'été 1942, sur l'avis d'Henri Frenay, Jean Moulin propose le nom de Delestraint au général de Gaulle pour organiser, d'abord en zone sud, l'Armée secrète (AS) qui doit voir fusionner les groupes paramilitaires des mouvements de Résistance Combat, Libération et Franc-Tireur. Le 4 août 1942 parvient de Londres à Jean Moulin le message confirmant ce choix : "Charles à Charles, d'accord".


Le 11 novembre 1942, après avoir rencontré Jean Moulin, il est confirmé dans sa mission par une lettre manuscrite du général de Gaulle. Chef de l'Armée secrète, il prend pour pseudonyme "Vidal". Dès lors, il collabore étroitement avec Jean Moulin pour organiser la Résistance au plus haut niveau en rencontrant les principaux responsables des mouvements. C'est ainsi qu'ils sont tous deux convoqués par le général de Gaulle à Londres le 13 février 1943. Charles Delestraint est alors chargé d'étendre la structure de l'Armée secrète en zone Nord. Vidal rentre en France le 20 mars 1943 en compagnie de "Max" (Jean Moulin) et de Christian Pineau. Il est promu général de corps d'armée par le général de Gaulle. Il visite début avril, le plateau du Vercors et les premiers maquis. Ensuite, à Paris, il participe aux réunions visant à regrouper les grands mouvements de zone Nord. 
Le 9 juin 1943, au métro La Muette, alors qu'il a rendez-vous avec René Hardy, l'un des responsables de Résistance-Fer, Vidal est arrêté par la Gestapo, douze jours avant l'arrestation de Jean Moulin à Caluire. Il est interrogé à Neuilly puis avenue Foch par la Gestapo. En juillet, il est incarcéré à Fresnes. Après une instruction de neuf mois, il est envoyé au camp de Natzwiller-Struthof, en Alsace, et devient un déporté "Nacht und Nebel", de la catégorie de ceux que l'on doit faire disparaître dans "la nuit et le brouillard". Il y est tout de suite considéré comme le chef, le conseiller porteur de l'espoir que nombre de ses compagnons ont perdu. Les alliés approchant, il est transféré au début du mois de septembre 1944 à Dachau, près de Munich. Mais un ordre, probablement signé Kaltenbrünner, le condamne à disparaître avant l'arrivée des alliés.
Le 19 avril 1945, dix jours seulement avant l'arrivée des Américains, il est lâchement abattu d'une balle dans la nuque avant d'être incinéré au crématoire du camp. 
Le 10 novembre 1989, en hommage de la Nation, le nom de Charles Delestraint était officiellement gravé en lettres de bronze au Panthéon à Paris.

Décorations :
Commandeur de la Légion d'Honneur ; Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945 ; Croix de Guerre 1914-1918 avec palme ; Croix de Guerre 1939-1945 ; Croix de Guerre belge.


Musée de l'Ordre de la Libération