Monument dédié aux résistants de la brigade RAC, Périgueux

Légende :

Ce monument élevé au niveau du rond-point de la Beauronne, chemin de Saltgourde (en direction d'Angoulême en partant de Périgueux), a été officiellement inauguré le 21 octobre 2017.

Genre : Image

Type : Monument

Producteur : Marc Delage

Source : © Cliché Marc Delage Droits réservés

Détails techniques :

Photographie numérique en couleur

Date document : 21 octobre 2017

Lieu : France - Aquitaine - Dordogne - Périgueux

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Contexte historique

Fait prisonnier, avec les 25 000 hommes de la ligne Maginot, Rodolphe Cézard (futur chef de la Brigade Rac) est interné à l'oflag XB à Nieubourg. Libéré en sa qualité de Lorrain en février 1941, il rejoint sa famille qu'il fait passer aussitôt en zone libre. Après bien des péripéties, Rodolphe Cézard échoue à Thiviers (petite ville du nord de la Dordogne) en décembre 1942 et adhère immédiatement à l'armée secrète sous la pseudonyme de Collet. Remarqué par Charles Serre, responsable de l'A.S. Dordogne-Nord, il devient son suppléant et prend le nom de Christian.
Au cours d'une réunion de tous les principaux résistants du secteur, le 15 juillet 1943, Rodolphe Cézard est désigné à l'unanimité comme chef militaire de Dordogne nord. Après l'arrestation de Charles et Charlotte Serre le 22 janvier 1944, Rodolphe Cézard prend le nom de RAC (en référence au petit chien combattif du journal pour enfants) et il va redoubler d'efforts pour créer partout des maquis, organiser les compagnies et les bataillons.

Le 27 juin 1944, eut lieu la première réunion des différents responsables de maquis A.S Dordogne-Nord qui devait aboutir à la « structure militaire » de la Brigade Rac, avec constitution de trois bataillons de volontaires. Extrait du discours de Rodolphe Cézard qu'il prononce, le 18 août 1974 à Thiviers, à l'occasion du 30e anniversaire : « Elle est née, rappela-t-il, des maquis de l'AS5 Dordogne-Nord qui ont engendré les GM1 et GM2, cependant que s'organisaient quatorze secteurs en vue de recevoir les volontaires. Ils furent six mille, le jour du débarquement allié. Mal armés, mais pleins de courage et emportés par la flamme du leur jeunesse, ils ne constituaient pas encore cette force qui peut s'opposer efficacement à l'ennemi, mais plutôt la proie facile. Tout en multipliant les actions pour créer l'insécurité chez l'occupant, se modelaient de nouvelles structures. Le 27 juin une importante réunion se tint à Saint-Jory-de-Chalais. Il en sortit trois bataillons et trois grands chefs : Dupuy, Vieugeot, Violette. Repoussant toutes les attaques, progressant de la Corrèze à l'Atlantique, la Brigade menait sa mission libératrice ».

Cette nouvelle AS est donc présentée dans son ensemble le 13 août 1944 à la population de Thiviers sous le nom de « La Brigade Rac » avec plus de 5 000 hommes répartis en 3 bataillons sous les ordres de :
- Rodolphe Cézard dit RAC, officier d'active, lieutenant colonel FFI, commandant la Brigade.
- Robert Dupuy, officier d'active, commandant le 1er Bataillon.
- Roger Vieugeot, officier d'active, commandant le 2e Bataillon.
- René Tallet dit Violette, officier de réserve, commandant le renommé 3e Bataillon dit Bataillon Violette.

Les combats sont âpres et durs : Thiviers, Javerlhac le 24 juillet, prise de Périgueux le 18 août, prise d'Angoulême le 1er septembre, combat de Saintes le 4 septembre, Marennes, Rochefort, Saujon, prise de Royan en avril, prise de l'ile d'Oléron en mai.

De septembre 1944 à avril 1945, la brigade Rac, qui le 1er décembre 1944 deviendra le 50e Régiment d'infantrie de Périgueux, occupe un front qui s'étend de Saujon à l'Eguille. A la vielle du 14 avril, près de 30 000 hommes cernent la poche de Royan : des FFI qui se battent désormais au sein d'unités régulières, la 2e DB, des commandos de Marine, l'aviation etc. Le colonel Rac a sous ses ordres un dixième des effectifs : les 3 000 hommes de son régiment. Royan sera libérée du 14 au 17 avril, l'Île d'Oléron le 1er mai. Ce régiment était le plus nombreux, le mieux armé, il avait une artillerie de 26 canons, tous les services y compris un journal, une aumônerie et une musique de 100 exécutants.

La Brigade Rac s'opposant à l'humiliation, à l'asservissement et à la barbarie, paya un lourd tribut, puisque 550 de ses hommes sont restés profondément marqués dans leur chair et 252 "morts pour la France et la Liberté, morts pour rendre à la France, dans la dignité et l'honneur, sa place parmi les Nations Libres".

Les monuments et les stèles en mémoire de la Brigade Rac sont nombreux : Thiviers, Javerlhac, Vouzan, Saintes, Le Pizou, Nontron, Royan, l'Île l'Oléron, Saint-Jory-de-Chalais, Torsac, Mouthiers, Arvert, La Rémigeasse, Saint-Saud-Lacoussière, Angoulême, Brie (Medis), Périgueux (stèle inaugurée le 21 octobre 2017). 


Auteur : Alan Latter (webmaster du blog Résistance Française)

Bibliographie :


Marc Leproux, Nous, les Terroristes Vol I et II (1947 et 1948)
Capitaine Fred, Bataillon Violette (1975)
Capitaine Fred, Brigade Rac (1977)
Capitaine Fred, L'affaire de Saintes (1989)
Histoire Simple et vraie de la 2e Compagnie Brigade Rac. Témoignages recueillis par Marcel Belly (2009)
Philippe Papon, Mémoires d'un maquisard : Le groupe Phiphi (2014)
Gérard Blier, Jean Courant, un homme, un soldat (2015)
La Résistance racontre les jeunes. Témoignages (2015)