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Plaque et croix de Lorraine à Ciron, lieu-dit "Les Descends", près de Bélâbre (Indre)

Légende :

Plaque et croix de Lorraine érigées en hommage aux 28 soldats FFI morts au champ d'honneur le 10 juillet 1944, à Ciron, lieu-dit "Les Descends", près de Bélâbre (Indre)

Genre : Image

Type : Plaque

Source : © ANACR Indre Droits réservés

Détails techniques :

Montage d'après photographies numériques en couleur (voir recto-verso).

Date document : 1949

Lieu : France - Centre - Val-de-Loire (Centre) - Indre - Ciron

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Analyse média

Erigée en 1949, la plaque a fait l'objet d'une souscription pour un montant de 50 000 francs. Chaque année, une commémoration a lieu le dimanche le plus proche du 10 juillet.


ANACR Indre.

Contexte historique

En ce début de juillet 1944, les sabotages, les accrochages avec l'ennemi, les mouvements des multiples unités de maquisards animent le quotidien des campagnes indriennes. Il en est ainsi, comme ailleurs, dans le secteur ouest, sud-ouest. Dans tous les hameaux des communes aux environs de Bélâbre, cantonnent des groupes armés d'appartenance diverse : AS, FTP, ORA. Ils sont à CHâteua-Guillaume, à Saint-Hilaire, à Mauvières, à Lignac, au moulin de "La Clavière", à Oulches, etc.
En outre, deux groupes de FFI de la Vienne aux ordres du commandant Gilles Ferron et du capitaine Baptise Blancher pour échapper à l'ennemi puissamment armé, se sont réfugiés les 7 et 8 août dans la forêt de la Luzeraize, à l'est de Bélâbre, au "Terrier-Porcher" et aux "Descends".

C'est dans ce contexte que le 10 juillet, dès le matin, plusieurs colonnes allemandes vont investir la région, monter des embuscades, se livrer à des attaques sous la conduite de miliciens. 28 maquisards seront tués, torturés, massacrés aux "Descends" Six seront fusillés dans le bois du Paillet et cinq autres à Lignac, commune de Ciron (trois à "la Clavière" et deux à "la Vieille Chave") [Voir les médias liés].

Vers 15 heures, à l'entrée de Bélâbre, se présente une colonne allemande de 1 500 soldats, bien équipés et lourdement armés. Tout de suite, le colonel se dirige vers la mairie, et demande le maire de la commune, mais ce dernier est à la campagne, à 4 km.

Malgré les conseils de prudence qu’il reçoit, Anatole Ferrand, maire de la ville, revient vers sa commune. Sur son chemin, il croise Schmidt de la gestapo qui le reconduit jusqu’à la mairie. Le colonel dit alors au maire de Bélâbre qu’il le tient responsable de ce qui se passe. Le colonel ajoute que les forêts autour de Bélâbre sont pleines de maquisards que le maire reçoit dans cette ville, et qu’il encourage. Enfin le colonel dit au maire de Bélâbre qu’il doit sévir, et qu’il a l’ordre d’exterminer tous les résistants de la régions. Ensuite, ce dernier donne 20 minutes au maire pour rassembler tous les hommes sur la place. Pour finir, il dit au maire que ceux qu’ils trouveront encore dans les maisons seront passés par les armes.

Après que le colonel eut fini de dire ses conditions, le maire de Bélâbre va engager une longue discussion avec le gradé, en lui rappelant qui sont les vrais responsables de la guerre, et que cette dernière fait souffrir des innocents, de plus il rappelle au colonel que deux soldats allemands sont enterrés dans le cimetière de la commune. Il ajoute également que s’il y avait des résistants avant, maintenant il n’y en a plus. C’est alors que l’officier allemand suspend la discussion pour vérifier l’affirmation des soldats allemands enterrés dans le cimetière de la commune.

Pendant ce temps, les hommes de la commune se rassemblent lentement sur la place, et les soldats allemands les poussent contre l’église sous la garde des tireurs derrière leurs mitrailleuses.


ANACR Indre.