Armistice italien du 3 septembre 1943

Légende :

L'armistice avec l'Italie signé par les généraux Giuseppe Castellano (en civil) et Dwight D. Eisenhower, le 3 septembre 1943 à Cassibile, près de Syracuse (Sicile). A l'arrière plan se tient le général Walter Bedell Smith.

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © Wikipedia Commons - domaine public Libre de droits

Détails techniques :

Photographie analogique en noir et blanc.

Date document : 3 septembre 1943

Lieu : Italie - SicileCassibile

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Analyse média

Signé dans le plus grand secret le 3 septembre 1943, l'annonce officielle de l'armistice italien ne se fera que le 8, une tactique qui devait permettre à l'Italie de gagner du temps sur l'arrivée des troupes allemandes sur son sol... en vain.


Département AERI.

Contexte historique

Le 3 septembre 1943 à Cassibile, près de Syracuse (Sicile), le général Castellano pour l’Italie et Bedell Smith pour les Alliés signent en secret le document de capitulation. Le soir du 8 septembre 1943, l’armistice italien est radiodiffusé par Badoglio et Eisenhower.

Depuis les débarquements alliés en Sicile puis en Calabre, la Corse se trouve dans un théâtre de guerre qui englobe, avec le Maghreb, l’Italie péninsulaire et insulaire. Le maréchal Badoglio gouverne une Italie déséquilibrée par le changement de régime en pleine guerre (chute de Mussolini), et par la pénétration sur son territoire de troupes étrangères, anglo-saxons par le sud, Allemands par le nord. Dans les îles, la partie est perdue pour l’Allemagne : la Sicile est aux Alliés et le 90e Panzer se prépare à évacuer la Sardaigne, trop isolée pour être gardée. Les Allemands espèrent encore maintenir leur contrôle sur le couloir tyrrhénien et l’archipel toscan – particulièrement l’île d’Elbe -. En effet, il leur faut soutenir le front péninsulaire italien : en août, ils ont fait entrer en Italie neuf divisions, dont deux blindées. La 90e Panzer doit les rejoindre en transitant par la Corse où le maréchal allemand Kesselring compte sur la coopération du général Magli, le chef des forces d’occupation, et où la brigade SS, présente depuis le mois de juin, a été renforcée pendant l’été. Au mot de code « Axe », ces troupes doivent combattre tous les éléments hostiles, y compris les alliés de la veille.

En Italie, le 3 septembre, dans le plus grand secret, l’armistice a été signé par les mandants d’Eisenhower et de Badoglio, respectivement les généraux Castellano et Bedell Smith à Cassibile près de Syracuse (Sicile). L’Italie demande désormais l’appui des Alliés pour éviter la mainmise allemande sur Rome : au moins 15 divisions qui se déploieraient surtout dans la zone La Spezia-Civita Vecchia. Elle essaye de retarder l’annonce de l’armistice mais ne réussit à la différer que jusqu’au 8 septembre, au soir duquel l’armistice italien est radiodiffusé par Badoglio et Eisenhower.

Le 9 septembre, la 5e armée américaine débarque à Salerne où il lui faut combattre jusqu’au 11. Dans l’intervalle, le maréchal Kesselring a obtenu, le 10 septembre, la capitulation de Rome. Les Anglais, conduits par Montgomery ayant réussi à débarquer sur le sud-est de la péninsule, la ligne de front s’établit le 16 septembre de Salerne à Bari.

Par ailleurs, depuis le 13, des secours venus d’Alger ont commencé à entrer en Corse par Ajaccio, mais les Corses sont encore seuls face aux Allemands et sont engagés dans la bataille de Levie qui a pour but de leur barrer la route d’Ajaccio.


D'après Hélène Chaubin, Corse des années de guerre, 1939 - 1945, Editions Tirésias - AERI, 2005.