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Raymond Aubrac : les différents moyens de communiquer avec Londres

Légende :

Raymond Aubrac évoque les différents moyens de communiquer avec Londres

Genre : Film

Type : Témoignage filmé

Source : © Département AERI de la Fondation de la Résistance Droits réservés

Détails techniques :

Durée de l’extrait : 00:03:19
Tournage et montage : Nicolas Voisin
Interview réalisée par Clémence Piet et Manuel Valls-Vicente.

Date document : Février 2009

Lieu : France - Ile-de-France - Paris - Paris

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Analyse média

Retranscription : 

" Donc, les liaisons étaient assurées par des radios, d'une part et par des déplacement d'agents, d'autre part. Les radios faisaient un métier extrêmement dangereux. C'était un des métiers les plus dangereux de la Résistance. Les imprimeurs aussi faisaient un métier très dangereux. A l'origine, on considérait qu'un radio ne pouvait pas survivre plus de trois ou quatre mois à cause des moyens de radiogonométrie qui permettaient de localiser les postes émetteurs. Il y a toute une série de techniciens de très haut niveau des radiocommunications qui ont aidé la Résistance à établir ces réseaux. Le volume des messages était énorme. Je crois qu'en 1944, il se montait à plusieurs milliers de messages par jour.

Il y a eu un certain nombre d'opérations aériennes. Vous avez les opérations maritimes que j'ai mentionnées, soit de Bretagne, soit de Méditerranée (...) même avant que le gouvernement ne s'installe à Alger. C'était, en Bretagne, des petits bateaux de surface, et, en Méditerranée, des sous-marins britanniques, parce qu'il fallait passer Gibraltar. Et puis alors, il y avait les opérations aériennes dont nous avons, nous, bénéficié. C'était des opérations qui étaient montées avec la Royal Air Force, qui avait une escadrille spécialisée. Ils naviguaient avec les rivières et avec les voies ferrées. Donc, ils pouvaient naviguer deux ou trois jours avant et deux ou trois jours après la pleine lune. C'est la lune qui les éclairait. Ce qui était très important pour les Anglais, c'était de ne pas risquer la vie de pilotes. En temps de guerre, les avions, ça se remplace très facilement. Il faut quatre jours pour faire un avion... et vingt ans pour faire un pilote. Alors, on évite de prendre des risques avec les pilotes.

Alors, ces petits avions amenaient des agents, amenaient du courrier, du matériel, des armes, un petit peu de cigarettes aussi de temps en temps. Il y avait une équipe qui arrivait et une équipe qui partait.  Ca, c'était les opérations aériennes. Il n'y en a pas eu tellement. Je crois qu'on a déplacé en tout quelques centaines de personnes, pas plus.

Nous avons, Lucie et moi et notre petit garçon Jean-Pierre, bénéficié d'une opération d'atterrissage - qu'on appelait des " pick- ups", c'est-à-dire qu'on attrape quelqu'un et qu'on l'emmène - en février 1944, qui nous a emmenés à Londres. "


Contexte historique

Raymond Samuel est né le 31 juillet 1914 à Vesoul. Il étudie le Droit et entre à l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées.
A la déclaration de guerre, il effectue son service militaire à Strasbourg où il fait la connaissance de Lucie Bernard, qui deviendra sa femme en décembre 1939.
Mobilisé, il est fait prisonnier le 21 juin 1940 à Sarrebourg. Lucie l'aide à s'évader, lui remettant un médicament provocant une forte fièvre. Une fois transféré à l'hôpital, l'évasion est plus facile.

Le couple part alors à Lyon. En octobre 1940, Lucie revient d'un séjour à Clermont-Ferrand où elle a rencontré Jean Cavaillès, Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Georges Zérapha et Jean Rochon qui ont créé La dernière colonne : un petit groupe anti-vichyste décidé à passer à l'action. Elle propose à Raymond de se joindre à eux. Ils collent des papillons, diffusent des tracts, mais peinent à recruter et à développer d'autres actions...

En 1941, le groupe change de stratégie et crée un journal afin de dénoncer plus amplement l'Occupation et la collaboration et, ainsi, recruter plus facilement : le premier numéro du journal Libération paraît en juillet. Le mouvement de Résistance Libération-Sud est en train de naître. Son champ d'action et sa puissance s'étendent au gré de rencontres. En 1942, Libération a différents services (action politique, faux papiers, groupes francs, propagande-diffusion et service social). Raymond est responsable de l'action paramilitaire.

Le 15 mars 1943, lors d'une réunion, Raymond est arrêté avec Maurice Kriegel-Valrimont et Serge Ravanel, sur dénonciation. Lucie obtient sa liberté provisoire le 10 mai et Raymond peut donc participer au coup de main permettant la libération de ses camarades, deux semaines plus tard. Le 20 juin, Raymond rencontre " Max ", Jean Moulin, à Lyon. Il lui propose de devenir inspecteur de l'Armée secrète (AS) pour la zone Nord. Le lendemain, ils doivent se réunir à Caluire, chez le docteur Dugougeon. Véritable coup de filet, à la suite d'une dénonciation, Jean Moulin, Raymond Aubrac et les autres participants - sauf René Hardy - sont arrêtés et internés à la prison de Montluc. Jean Moulin succombera aux interrogatoires de la Gestapo et de son chef Klaus Barbie.
Une fois de plus, Lucie Aubrac décide de tout faire pour l'évasion de son mari : elle prend contact avec la Gestapo, et se faisant passer pour une jeune femme de bonne famille enceinte, elle demande d'épouser Raymond afin de sauver l'honneur de sa famille. Elle obtient ainsi le transfert de Raymond pour la célébration du mariage. Elle s'appuie sur les groupes-francs dirigés par Serge Ravanel, pour attaquer le 21 octobre 1943, le fourgon dans lequel Raymond et les 13 autres détenus se trouvent. En février 1944, Raymond et sa famille gagnent Londres à bord d'un petit avion Lysander. Il rejoint ensuite Alger, où il siège à l'Assemblée consultative provisoire.

En août, il est nommé Commissaire régional de la République à Marseille. Il dirigera ensuite le déminage du pays, puis poursuivra une carrière internationale.

Raymond Aubrac a été élevé à la dignité de Grand'Croix de la légion d'Honneur, le 14 juillet 2010.

Raymond Aubrac est décédé à Paris le 10 avril 2012.


DVD-ROM « Valeurs de la Résistance, valeurs des jeunes aujourd’hui », AERI, 2012.