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Commémoration des fusillés de l'Yonne à Egriselles-Venoy

Légende :

Une cérémonie commémorative devant le monument érigé en 1992 au champ de tir d’Egriselles, sur la commune de Venoy, près d’Auxerre, à la mémoire des résistants fusillés à cet endroit de janvier 1942 à août 1944 - Robert Loffroy, en costume gris, s'avance ; à ses côtés, en retrait, François Solano, ancien résistant et maquisard

Genre : Image

Type : Photographie

Source : © Cliché C. Delasselle Droits réservés

Détails techniques :

Photographies numériques en couleur (voir aussi l'album lié).

Date document : 24 août 2004

Lieu : France - Bourgogne - Yonne - Venoy

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Analyse média

Ce monument est composé de deux hautes stèles parallèles de pierre calcaire blanche, placées sur un socle comportant une inscription. Sur celle de gauche est sculpté un homme attaché à un arbre stylisé. Sur celle de droite sont gravés les noms et prénoms, ainsi que leur âge au moment de leur exécution, des 43 personnes qui ont été fusillées à cet endroit par les Allemands, regroupées en trois années, 1942, 1943 et 1944.

Ce monument a été financé par souscription et inauguré le 25 avril 1992. Il a pour but de célébrer la mémoire des 43 résistants de l’Yonne fusillés en cet endroit. C’était un ancien champ de tir de l’Armée française, choisi par les Allemands en raison de son caractère isolé, loin de toute habitation et ignoré de la plupart des habitants de la région. Les condamnés, amenés en camion depuis la prison d’Auxerre, étaient attachés au tronc de trois grands arbres avant d’être fusillés par un peloton d’exécution. Les cadavres étaient ensuite pour la plupart ensevelis dans une fosse du cimetière d’Auxerre mais certains corps n’ont jamais été retrouvés.

Dans les années 1990, les trois arbres étant morts et présentant un danger, la municipalité de Venoy entreprit de les abattre. Mais, en raison de l’émotion suscitée parmi les anciens résistants de l’Yonne, qui y voyaient une atteinte grave à la mémoire de la Résistance, la municipalité de Venoy accepta de laisser en place les troncs, coupés à trois mètres de hauteur, des trois arbres. Un seul subsiste actuellement, sur lequel on peut encore voir les trous causés par l’impact des balles.

Ce lieu est un des plus importants lieux de mémoire de la résistance icaunaise. Chaque année, le 24 août, jour de commémoration de la libération de la ville d’Auxerre, une cérémonie se déroule devant ce monument, dernière étape d’un parcours des stèles de mémoire de la Résistance érigées à Auxerre, avant la cérémonie au monument aux morts de la ville d’Auxerre.


Auteur : Claude Delasselle

Sources :

CD-ROM La Résistance dans l'Yonne, AERI - ARORY, 2004.

C. Delasselle, J. Drogland, F. Gand, T. Roblin, J. Rolley, Un département dans la guerre 1939-1945. Occupation, Collaboration et Résistance dans l’Yonne, Paris, éd. Tirésias, 2007.

Contexte historique

De nombreux résistants ont été arrêtés dans l’Yonne par les Allemands pendant l’Occupation. Après avoir été pour la plupart internés à la prison d’Auxerre, interrogés et torturés pour leur arracher des aveux concernant les membres de leur organisation de résistance ou de leur maquis, un certain nombre ont été condamnés à mort par le tribunal militaire allemand d’Auxerre (tribunal FK 745), puis fusillés au champ de tir d’Egriselles.

En 1942, huit personnes ont été fusillées à cet endroit. Le premier est un responsable communiste, Jules Brugot, fusillé le 13 janvier 1942. Sont ensuite fusillés, en avril 1942, six militants communistes, fusillés comme otages, sans avoir été condamnés à mort, dans le cadre de la politique d’exécution des otages initiée par les autorités militaires allemandes en réponse aux attentats commis dans toute la France par la Résistance communiste. Une dernière personne, condamnée pour détention d’armes, a été fusillée ici le 31 décembre 1942.

En 1943, dix personnes ont été fusillées à cet endroit, l’une pour détention d’armes, les autres pour activités de résistance, toutes après avoir été condamnées à mort par le tribunal militaire allemand d’Auxerre.

En 1944, 25 personnes ont été fusillées à cet endroit, soit des résistants sédentaires arrêtés à leur domicile, soit des maquisards capturés au maquis. Les deux derniers fusillés l’ont été le 22 août 1944, la veille du départ des Allemands de la région. La plupart (21 sur 25) ont été fusillées après condamnation à mort par le tribunal allemand d’Auxerre. Mais une trentaine de résistants ont été également fusillés, dans l’été 1944, à d’autres endroits de l’Yonne après avoir été détenus à la prison d’Auxerre, sans avoir été condamnés, et plus de 400 maquisards ont été tués au combat, fusillés ou massacrés sur place dans tout le département de l’Yonne lors d’attaques de maquis ou de combats contre les forces militaires allemandes, la plupart entre juin et fin août 1944.


Auteur : Claude Delasselle

Sources :

CD-ROM La Résistance dans l'Yonne, AERI - ARORY, 2004.

C. Delasselle, J. Drogland, F. Gand, T. Roblin, J. Rolley, Un département dans la guerre 1939-1945. Occupation, Collaboration et Résistance dans l’Yonne, Paris, éd. Tirésias, 2007.