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Plaque en mémoire de Michel Tagrine, rue Michel Tagrine, Paris 19e


Auteur: Noémie et Léonor

Plaque en mémoire de Michel Tagrine, rue Michel-Tagrine, Paris, 19e arrondissement

Né à Paris le 26 mai 1922, Michel Tagrine est entré dans la résistance dès 1940 : il n’avait que 18 ans. En 1944, le jeune homme est déjà considéré comme « un vieux combattant ».
C’est en 1944 qu’il rejoint les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) avec lesquels il participe à diverses actions, récupérations d’armes, délivrance de prisonniers à l’hôpital Tenon, récupération de tickets d’alimentation à la mairie du 8e arrondissement… Au cours d’une de ces missions, le 19 août, à la suite d'une altercation avec des miliciens, il est blessé d’une balle dans le bras en plein carrefour Richelieu-Drouot, son malheureux camarade est tué. Un pansement lui bloquait la main droite. Sa carrière de violoniste était anéantie. La déception passée et malgré son handicap, Tagrine reste 2 jours au repos, puis court participer à la libération de Paris.

« Je n'ai pas fait tout ça depuis 1940 jusqu'à maintenant pour, à la Libération, rester chez moi tranquille à regarder à la jumelle ce qui se passe en bas. Ce n'est pas mon genre ! », lâche le jeune homme à ses amis. L'’insurrection pour la libération de Paris venant d’éclater, il regagne malgré tous les avis son poste à l’état-major de son groupe situé à la mairie du 18e arrondissement pour prendre par au combat. Ce groupe FTP venait de participer victorieusement dans le 19e arrondissement à l’attaque d’un train militaire allemand tentant de passer sur la ligne du chemin de fer de petite ceinture des Buttes-Chaumont. Ce train fut immobilisé et tous les soldats faits prisonniers.

Dans la nuit du 24 août, il se rend au métro Goncourt pour les aider à libérer la caserne de la République. Le 25 août 1944 au matin, d’ultimes combats ont lieu autour de la caserne de la place de la République.
Madeleine Riffaud, héroïne de la Résistance et compagnon d’arme de Michel Tagrine dans ce groupe de FTP, a relaté les circonstances de sa mort : « La caserne était cernée. Des barricades bouclaient la place. La compagnie eut à franchir le canal Saint-Martin sous le feu des mitrailleuses, à prendre position rue du Faubourg du Temple… L’utilisation de fusils-mitrailleurs sur un toit obligea les Allemands qui étaient sortis de leur caserne à y entrer et ils finirent par hisser un drapeau blanc. Michel Tagrine, alors connu comme le "lieutenant Barbier", en profita pour s’avancer à découvert afin de venir en aide à un blessé. ».C'est à ce moment-là qu'un SS a tiré. « On ne sait pas comment appeler un tel acte parce qu'ils étaient vaincus, Paris était libéré, ils avaient hissé le drapeau blanc... », enrage sa compagne de résistance Madeleine Riffaud.
Michel Tagrine a donc été tué le 25 août 1944 durant l’insurrection parisienne lors d’une attaque contre la caserne de la place de la République occupée par l’armée allemande.
Il avait 22 ans.
Madeleine Riffaud raconte encore que « Michel Tagrine était un violoniste talentueux. La dernière fois qu’il avait joué au violon, avant de devenir un résistant clandestin, c’était à la salle Pleyel. Sorti premier prix du Conservatoire, il était entré en 1940 dans un orchestre dirigé par Charles ».

Sources :
http://www.des-gens.net/Michel-TAGRINE-6209
www.leparisien.fr/paris/michel-tagrine-04-05-2004-2004956131.php

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