Bombardements allis meurtriers




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  • Introduction

ESPACE PEDAGOGIQUE

Objectif de cet espace : 
permettre aux enseignants d\'aborder plus aisément, avec leurs élèves, l\'exposition virtuelle sur la Résistance dans la Drôme en accompagnant leurs recherches et en proposant des outils d’analyse et de compréhension des contenus.

L'espace d'exposition s'articule autour d'une arborescence à quatre entrées :
- Zone libre et Occupation,
- Résistance,
- Libération et après-libération,
- Mémoire.

Chaque thème est introduit par un texte contextuel court. A partir de là, des documents de tous types (papier, carte, objet, son, film) sont présentés avec leur notice explicative.

La base média peut être aussi utilisée comme ressource pour les enseignants et leurs élèves dans le cadre de travaux collectifs ou individuels, en classe ou à la maison.

Pour l'exposition sur la Résistance dans la Drôme, sont proposés aux enseignants des parcours pédagogiques (collège et lycée), en lien avec les programmes scolaires, utilisant les ressources de l'exposition :

1/ Collège :

Note méthodologique
- Parcours pédagogiques composés de :
     . Fiche 1 : La France vaincue, occupée et libérée,
     . Fiche 2 : Le gouvernement de Vichy, la Révolution nationale et la Collaboration,
     . Fiche 3 : Vivre en France durant l'Occupation,
     . Fiche 4 : La Résistance.

2/ Lycée :

- Note méthodologique
- Parcours pédagogiques composés de :
     . Dossier 1 : L'Etat français (le régime de Vichy),
     . Dossier 2 : Les Juifs dans la Drôme (antisémitisme, persécution, arrestation, déportation, protection),
     . Dossier 3 : Les résistants,
     . Dossier 4 : La Résistance armée,
     . Dossier 5 : La Résistance non armée,
     . Dossier 6 : La vie quotidienne.

Si vous êtes intéressés par ces dossiers, contactez nous : [email protected]

Réalisation des dossiers pédagogiques : Patrick Dorme (CDDP Drôme), Lionel FERRIERE (enseignant Histoire en collège et correspondant du musée de Romans), Michel MAZET (enseignant en lycée et correspondant des archives départementales). 

1. De la déclaration de guerre à l’Armistice, le 22 juin 1940 : Un mois après le début de leur attaque en mai 1940, les Allemands atteignent le nord de la Drôme. L’Armistice arrête les combats sur la rivière Isère. Le nord du département est occupé par les troupes allemandes.
2. De l’Armistice à l’occupation allemande, le 11 novembre 1942 : La Drôme est située en zone non occupée.
3. Du 11 novembre 1942 au 9 septembre 1943 : La Drôme est placée sous administration et occupation italiennes.
4. Du 9 septembre 1943 au 31 août 1944 : l’armée allemande occupe la Drôme ; c’est la période la plus intense pour la lutte contre l’ennemi et le gouvernement de Vichy.


Il s'agit d'une sélection de cartes nationales et locales sur la Résistance. La plupart de ces cartes ont été réalisées par Christophe Clavel et Alain Coustaury. Il s'agit d'une co-édition AERI-AERD tous (droits réservés)


CARTE INTERACTIVE DROME ET VERCORS DROMOIS ET ISEROIS
(Suivez ce lien pour afficher la carte et sélectionnez les points du paysage souhaités pour afficher les fiches correspondantes)


  France de 1940 1944
  Dpartements franais sous lOccupation
  Rgions militaires de la Rsistance en 1943
  La Drme, gographie physique
  Esquisse de dcoupage rgional de la Drme
  Les communes de la Drme
  Carte des transports en 1939
  Le confluent de la Drme et du Rhne
  Densit de la population de la Drme en 1939
  Densit de la population de la Drme en 1999
  Evolution de la densit de population de la Drme entre 1939-1999
  Larodrome de Montlimar-Ancne
  Arodrome de Valence - Chabeuil - La Trsorerie
  Les caches des armes et du matriel militaire
  Les terrains de parachutages dans la Drme
  Bombardements allis et allemands dans la Drme
  Immeubles dtruits par les Allemands et la Milice
  Emplacement de camps de maquis de 1943 au 5 juin 1944
  Localisation des groupes francs qui ont effectu des sabotages en 1943
  Implantation et actions de la compagnie Pons
  FFI morts au combat ou fusills
  Plan-de-Baix, Anse, 16 avril 1944
  Gopolitique de la Rsistance drmoise en juin-juillet 1944
  Dispositif des zones Nord, Centre, Sud vers le 10 juin 1944
  Combovin, 22 juin 1944
  Vassieux-en-Vercors 21, 22, 23 juillet 1944
  Combat de Gigors 27 juillet 1944
  Le sabotage du pont de Livron
  Carte simplifie de la bataille de Montlimar du 21 au 24 aot 1944
  Carte simplifie de la bataille de Montlimar du 25 et 26 aot 1944
  Carte simplifie de la bataille de Montlimar du 27 au 29 aot 1944
  Carte simplifie de la bataille de Montlimar du 29 aot 12 heures le 30 aot 1944
  Etrangers au dpartement, non juifs, arrts dans la Drme et dports
  Dportation, arrestations dans la Drme
  Dportation des Juifs dans la Drme
  Lieu de naissance de Drmois dports, arrts dans la Drme et lextrieur du dpartement
  Cartes des principaux lieux de mmoire dans la Drme
  Perceptions de la Rsistance drmoise

Publications locales :

Une bibliographie plus détaillée sera accessible dans l’espace « Salle de consultation » du Musée virtuel.

SAUGER Alain, La Drôme, les Drômois et leur département. 1790-1990. La Mirandole. 1995.
GIRAUDIER Vincent, MAURAN Hervé, SAUVAGEON Jean, SERRE Robert, Des Indésirables, les camps d’internement et de travail dans l’Ardèche et la Drôme durant la Seconde Guerre mondiale. Peuple Libre et Notre Temps, Valence, 1999.
FÉDÉRATION DES UNITÉS COMBATTANTES DE LA RÉSISTANCE ET DES FFI DE LA DRÔME, Pour l’amour de la France. Drôme-Vercors. 1940-1944. Peuple Libre, Valence, 1989.
DE LASSUS SAINT-GENIÈS (général), DE SAINT-PRIX, Combats pour le Vercors et la Liberté. Peuple Libre, Valence, 1982.
LA PICIRELLA Joseph. Témoignages sur le Vercors, 14e édition, Lyon, 1994
LADET René, Ils ont refusé de subir. La Résistance en Drôme. Auto-édition. Portes-lès-Valence, 1987.
DREYFUS Paul, Vercors, citadelle de Liberté, Arthaud, Grenoble, 1969.
MARTIN Patrick, La Résistance dans le département de la Drôme, Paris IV Sorbonne, 2002.
SERRE Robert, De la Drôme aux camps de la mort, Peuple Libre et Notre Temps, Valence, 2006.
SUCHON Sandrine, Résistance et Liberté. Dieulefit 1940-1944. Éditions A Die. 1994.
VERGNON Gilles, Le Vercors, histoire et mémoire d’un maquis, L’Atelier, Paris, 2002.

Dvd-rom La Résistance dans la Drôme et le Vercors, éditions AERD-AERI, 2007.

Ce travail n’aurait pu avoir lieu sans l’aide financière du Conseil général de la Drôme, du Conseil régional de Rhône-Alpes, du Groupe de Recherches, d’Études et de Publications sur l’Histoire de la Drôme (GRÉPHiD) et de l'AERD qui y a affecté une partie des recettes de la vente des dvd-roms, La Résistance dans la Drôme et le Vercors.

L’équipe de la Drôme tient à les remercier ainsi que :
- l’Office départemental des anciens combattants (ONAC),
- la Direction départementale de l’équipement de la Drôme (DDE),
- le Centre départemental de documentation pédagogique de la Drôme, (CDDP),
- le personnel et la direction des Archives départementales de la Drôme, de l’Isère, des Archives communales de Allan, de Crest, de Die, de Grâne, de Montélimar, de Romans-sur-Isère, de Triors, de Saint-Donat-sur-l’Herbasse, de Saint-Uze,
- les Archives fédérales allemandes (Bundesarchiv), le National Archives and Records Administration (NARA), The National Archives (les archives nationales britanniques), Yad Vashem,
- le Musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation de Romans, le Musée de la Résistance de Vassieux-en-Vercors, le Mémorial de La Chau, le Musée de Die, le Musée Saint-Vallier, la Médiathèque de Montélimar, le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, le Mémorial Shoah, l’Association des Amis du Musée des blindés de Saumur, le Musée de la Division Texas (USA),
- l’Association Études drômoises, l’Association Mémoire d’Allex, l’Association Sauvegarde du Patrimoine romanais-péageois, l’Association Mémoire de la Drôme, l’Association des Amis d’Emmanuel Mounier, l’Association Patrimoine, Mémoire, Histoire du Pays de Dieulefit, l’Amicale maquis Morvan, la Fédération des Unités Combattantes et des FFI de la Drôme, l’Association nationale des Pionniers et Combattants Volontaires du Vercors.

Mais nos remerciements s’adressent surtout à toutes celles et tous ceux, notamment résistantes, résistants et leurs familles, qui ont accepté de livrer leurs témoignages, de nous confier leurs documents et leurs photographies. Ils sont très nombreux et leurs noms figurent dans cette exposition. Ils s’apercevront au fil de la lecture que leur contribution a été essentielle pour l’équipe qui a travaillé à cette réalisation. Grâce à eux, une documentation inédite a pu être exploitée, permettant la mise en valeur de personnes, d’organisations et de faits jusqu’alors méconnus. Grâce à eux nous avons pu avancer dans la connaissance de la Résistance dans la Drôme et plus largement dans celle d’une histoire de la Drôme sous l’Occupation.
L’étude de cette période et des valeurs portées par la Résistance, liberté, solidarité, justice et progrès social…, nous semble plus que jamais d’actualité.

 

CONCEPTION, RÉALISATION

Maîtres d’ouvrage :
Association pour l’Élaboration d’un Cédérom sur la Résistance dans la Drôme (AERD), en lien avec l'Association pour des Études sur la Résistance intérieure (AERI) au niveau national. 

Maîtrise d’ouvrage : Carré multimédia. 

Gestion de projet AERI : Laurence Thibault (directrice) – Laure Bougon (chef de projet) assistée d’Aurélie Pol et de Fabrice Bourrée. 

Groupe de travail : Pierre Balliot, Alain Coustaury, Albert Fié, Jean Sauvageon, Robert Serre, Claude Seyve, Michel Seyve. Patrick Martin et Gilles Vergnon interviennent sur des notices spécifiques. 

Sont associés à ce travail tous ceux qui ont participé à la réalisation du Dvd-rom La Résistance dans la Drôme, et qui par la même, ont contribué à une meilleure connaissance de la Résistance dans le département. 

Groupe pédagogique : Patrick Dorme (CDDP Drôme), Lionel FERRIERE (enseignant Histoire en collège et correspondant du musée de Romans), Michel MAZET (enseignant en lycée et correspondant des archives départementales). 

Cartographie : Christophe Clavel et Alain Coustaury.



Dans la Drôme, beaucoup de résistants et la population civile ont reproché aux Alliés de pratiquer des bombardements dévastateurs et souvent inutiles. Dans le même temps, l’absence de bombardements des installations allemandes, particulièrement de l’aérodrome de Valence – Chabeuil – La Trésorerie, au moment des combats du Vercors, a déclenché une vive polémique.

La Drôme ne possédait pas de grands complexes industriels qui pouvaient être une cible pour l'aviation alliée. Les bombardements visèrent essentiellement une gare de triage et surtout les ponts sur le Rhône et sur les voies de communication de la vallée du Rhône au moment du débarquement de Provence.

Les avions pratiquent plusieurs techniques de bombardement : le bombardement horizontal soit stratégique, soit tactique, le bombardement en piqué. Les bombardements les plus imprécis, donc aux dégâts collatéraux importants, sont ceux qui sont effectués par des vagues de bombardiers. Le bombardement en piqué, plus précis, est réalisé par des chasseurs-bombardiers.

Dans la Drôme, les bombardements s'inscrivent, essentiellement, dans les plans de l'opération Anvil/Dragoon de débarquement sur les côtes provençales. Plusieurs missions sont programmées : neutraliser l'aviation ennemie dans le sud de la France, encager le champ de bataille en coupant les lignes de communication allemandes. C'est l'opération Ducrot, le jour du débarquement.

La destruction de l'ensemble du système défensif adverse comporte plusieurs phases successives :
- Le 28 avril 1944, date considérée comme la première action aérienne, avec le raid de 488 bombardiers lourds sur Toulon. Ce sont des missions relevant de l'aviation stratégique.
- La deuxième phase présente un caractère d'opération d'interdiction avec des attaques sur le Rhône du jour J-10 jusqu'au moment du débarquement, c'est l'opération Nutweg.
 - Une troisième, au moment du débarquement, c'est l'opération Yokum : une énorme concentration de moyens, destinée à réduire dans les délais les plus courts la résistance allemande.  
- La quatrième, l'opération Ducrot, le jour du débarquement, missions d'intervention directe dans la bataille et interdiction sur les arrières de l'ennemi. L'ensemble des moyens aériens affectés à l'opération Anvil-Dragoon rassemble près de 2 000 avions répartis entre la Corse et la Sardaigne.

La presque totalité des bombardements a été réalisée par des unités de l'USAAF (United States Army Air Forces), alors que les attaques au sol sont états-uniennes et françaises. Le plan imposait l'interdiction des réseaux ferroviaire et routier donc des ponts sur le Rhône à Arles, Tarascon, Avignon, Pont-Saint-Esprit, Le Pouzin, La Voulte-sur-Rhône, Valence, Pont-de-l'Isère, Saint-Vallier-sur-Rhône, des ponts sur la Drôme à Livron, Crest et à Luc-en-Diois, ponts sur l'Isère à Romans, sur le Roubion à Montélimar. La planification des opérations aériennes ne prenait pas en compte des éléments comme le Vercors qui n'entrait pas directement dans les opérations concernant le débarquement de Provence.

La mémoire collective a retenu l'imprécision des bombardements, leurs conséquences dramatiques, l'absence de soutien à la Résistance du Vercors. C'est une vision stratégique des opérations aériennes qui alimente un ressentiment profond, surtout vis-à-vis de l'USAAF. La comparaison entre la destruction du pont de Livron par les FFI (Forces françaises de l’intérieur), efficace, sans pertes humaines, et, par exemple, le bombardement de Saint-Vallier qui a détruit tout un quartier sans atteindre les objectifs stratégiques (pont routier et pont ferroviaire) et causant près de 100 morts, montre qu'il y avait d'autres moyens d'enrayer la retraite de l'ennemi.



                                     Bloody Allied Bombings

In Drôme, many resistance fighters and civilians have criticized the practice of Allied bombings as devastating and often unnecessary. At the same time, the absence of bombings on the German facilities, particularly in the aerodrome de Valence – Chabeuil – La Trésorerie during the fighting in Vercors sparked a lively debate.

Drôme had no large industrial complexes which could be a target for Allied aircrafts. The bombings were essentially aimed at a yard, especially at bridges over the Rhône and the communication channels of the Rhône valley during the landing in Provence.

Aircraft bombing practices several techniques: the horizontal is strategic and dive-bombing is tactical. The most imprecise bombings are those made by waves of bombers, and so cause significant collateral damage. The more accurate dive-bombing is carried out by fighter-bombers.

In Drôme, the bombings are essentially part of the pans for Operation Anvil/Lagoon landing on the coast of Provence. Several missions are planned: to neutralize the enemy air force in southern France, caging the battlefield by cutting German lines of communication. This is Operation Ducrot, the D-Day.

The destruction of the entire system has several opposing defensive phases:

-April 28, 1944, considered the first air action, with 488 heavy bombers raiding on Toulon. These are tasks covered by strategic aviation.

-The second phase has a character of interdiction operation with attacks on the Rhône-Day-10 until the landing is the Operation Nutweg.

-A third, the landing, Operation Yokum: an enormous concentration of resources intended to reduce the German resistance in the shortest time.

-Fourth, Operation Ducrot, the day of landing missions of direct intervention in the battle and a ban on the rear of the enemy. All air assets of nearly 2,000 airplanes are deployed in Operation Anvil-Dragoon between Corsica and Sardinia.

Almost all of the bombing was carried by units of the USAAF, (United States Army Air Forces), while ground attacks were American and French. The plan imposed a ban on rail and road bridges in Rhône at Arles, Tarascon, Avignon, Pont Saint Esprit, Pouzin Voulte-sur-Rhône, Valencia, Pont-de-Isère, Saint-Vallier-sur-Rhône, bridges on the Livron, Crest, in Drôme, and Luc-en-Diois bridges over the Isère in Romans, from Roubion to Montélimar. Planning of air operations did not take into account things like the fact that Vercors was not directly in operations in the landing in Provence.

Collective memory has retained the imprecision of the bombing, its tragic consequences, and the lack of support for the Resistance in Vercors. These are strategic air operations, which feed deep resentment, especially vis-à-vis the USAAF, (United States Army Air Forces). The comparison between the destruction of the Livron bridge by the FFI, (Forces françaises de l'intérieur), which was effective and without casualties, and, for example the bombing of Saint-Vallier, which destroyed an entire neighborhood without achieving the strategic objectives, (road bridge and railway bridge), as well as causing nearly 100 deaths, shows that there were other ways to achieve the halt and retreat of the enemy.


Traduction : Grace Hoffman

Auteur : Alain Coustaury
 

Aprs le bombardement amricain de Valence le 15 aot 1944



  • Contexte historique
  • Analyse mdia

Il faisait trs beau ce jour-l. Peu aprs 13 heures, les gens taient table quand la sirne sonne. Les habitants de la ville abandonnent leur repas et se prcipitent vers leur abri souterrain. Ils vont y rester deux heures, la fin de l'alerte n'tant sonne qu' 14 h 25.

Pourquoi ce bombardement amricain a-t-il t un tel chec quant son objectif et une si tragique erreur dans ses effets ? La cible est manque, le pont est presque intact, mais le rsultat est catastrophique. Les Amricains s'en sont expliqus : le bombardement a t effectu par de jeunes pilotes inexpriments, qui ont t affols par les ripostes de la Flak, le vent violent aurait dvi la chute des bombes. En ralit, on le sait, les Amricains, toujours soucieux de protger leurs combattants, ne voulaient jamais prendre le risque de voler trop bas et de se placer porte des tirs du sol, ce qui explique leur altitude trop importante pour esprer atteindre exactement un objectif. Mais une autre erreur apparat : les avions volaient dans le sens est-ouest alors qu'un survol suivant le cours du fleuve aurait certainement vit beaucoup de pertes.

De Lassus ("Legrand") envoie un message Saint-Sauveur le 18 aot 18 h : Depuis 15 aot, 400 civils tus Valence et nombreux blesss par aviation. Ne pouvons plus nous montrer Valence car population bout. Avions toute possibilit faire sauter pont de Valence comme avons fait pour pont Livron. Dsormais, demandez des instructions, ferons mieux et sans pertes . Puis il proteste par radio auprs d'Alger.
La Royal Air Force(RAF) britannique, trois jours plus tard, procde selon son habitude avec un premier passage en plonge pour reprer la cible : dix avions en piqu larguent une cinquantaine de bombes explosives de 500 kg dont prs de la moiti n'clatent pas : elles tombent dans un rayon de 100 m, le pont est atteint. Une arche s'croule, l'autre 2 jours plus tard. Cependant, mme si la dispersion est bien moindre, le parc Jouvet, les quais en amont et en aval et les Grands Moulins sont frapps, ajoutant vingt morts et six blesss au bilan.
La libration de Valence, deux semaines aprs le tragique bombardement, verra des cortges de liesse, mais la tristesse et le deuil marquent encore les esprits. La ville a reu la croix de guerre avec toile de vermeil par le prsident de la Rpublique Vincent Auriol en 1949.


Auteurs : Robert Serre
Sources : ADR 31J/D11. ADD, 500 W 29, 11 J 40. Patrick Martin, Thèse. Rapport de R.Thibaud, directeur départemental de la Défense Passive. Plaque Poste Valence. Plaque com. Bourg-lès-Valence. Archives Vincent-Beaume. Archives de Saint-Prix. Pour l\'Amour de la France. L.F Ducros, Montagnes ardéchoises (Tome 3). Combats pour le Vercors et pour la liberté. Le Dauphiné Libéré du 23 août 1984, du 16 août 2003. La Picirella. Témoignages sur le Vercors.

Pendant sept minutes, vingt bombardiers amricains volant 4 000 m d'altitude dans la direction est-ouest, et non sur l’axe nord-sud du fleuve, lchent une centaine de bombes de 250 kg, en principe sur le pont routier traversant le Rhne entre Valence et Granges-ls-Valence, pont inaugur le 13 aot 1905 par le prsident de la Rpublique drmois mile Loubet.

Deux arches du pont enjambant le Rhne avaient t dtruites par un dynamitage du Gnie l’approche de l’ennemi en juin 1940, mais elles avaient t rpares depuis. L'objectif des Amricains, c'tait de dtruire ce pont pour retarder la retraite allemande vers le nord.

Les avions sont pris sous le feu de la Flak (DCA allemande) installe au Polygone Valence et en protection de l'arodrome de Valence-Chabeuil-la Trsorerie, notamment celle du plateau de Billard. La Flak du quartier du Polygone en abat plusieurs, l'un tombe Alixan, un autre Upie, un dans l'Ardche. Pour les deux premiers, les quipages, sauf un bless fait prisonnier Alixan, sont rcuprs par la compagnie "Pierre" avec l'aide de personnes de la localit. Un dtachement du maquis Wap part sans ordre pour rcuprer les aviateurs allis descendus : l'un de ses lments, Raymond Thivet, est fait prisonnier et sera fusill le lendemain.
Le dbut du bombardement a t si rapide que les chefs d'lots n'ont pas tous eu le temps d'ouvrir les abris : on retrouvera les cadavres du concierge de la prfecture et d'autres personnes du quartier devant la porte de l'abri ouvrant sur la cte Sylvante.
Quand les habitants peuvent enfin sortir, c'est pour voir, au travers d'une poussire suffocante, un spectacle infernal : la prfecture, frappe par trois bombes, brle, des papiers volent partout, des tonnes de dossiers, de documents, d'archives disparaissent. De l'htel de la prfecture, l'emplacement actuel du parc Saint-Ruff, seul sera sauv le portail d'entre. La mre du prfet a t tue, le prfet Leclercq et sa sœur sont blesss.
Les quais du Rhne sont dvasts. L'hpital, pourtant marqu de deux gigantesques croix rouges sur la toiture, est partiellement dtruit, les quatre tages de la partie sud se sont effondrs en bloc, ils contenaient le service de chirurgie des femmes et la maternit. Compltement ravage, cette aile n'est plus qu'un trou bant d'o on retirera difficilement les corps de 130 personnes, des femmes en traitement, des bbs, des infirmires.
Le quartier Bouffier-Bel Image et le faubourg Saint-Jacques, 800 m de l'objectif, ont reu eux aussi un lot de bombes. On en tait aussi la fin du repas quand l'alerte a sonn. Dans leur cave, les habitants qui ont eu le temps de descendre entendent les sifflements aigus et les explosions terribles au-dessus d'eux. Le sol tremble, la vote se fend, mais rsiste, des gravats et de la poussire obscurcissent l'atmosphre. Quand enfin ils peuvent sortir, c'est pour dcouvrir les maisons effondres sous lesquelles ont t crass de nombreux habitants. La boutique du tailleur, les ateliers du forgeron, du marchal-ferrant et du sellier, les curies, la corderie, la droguerie, le marchand de pains de glace, tout a disparu ! Boulevard Vauban, un immeuble s'est croul et a cras trente-quatre des occupants de l'abri souterrain situ au-dessous.
La panique rgne sur la ville. L'lectricit est coupe. En beaucoup d'endroits, l'eau n'arrive plus, ce qui complique le travail des pompiers qui auront beaucoup de difficults teindre les nombreux foyers d’incendie. Les pompiers de Valence sont retards car ils sont obligs de dcouper au chalumeau les rideaux de fer du dpt des pompes voils par le souffle des bombes. Ils sont heureusement aids par leurs collgues de Bourg-ls-Valence, Montmeyran, Tain, Romans, Lyon et Givors. De plus, l’accs est difficile dans les rues troites de la vieille ville, souvent obstrues par les gravats des constructions anciennes. Malgr les quatorze pompes mises en action, les feux ne seront vaincus qu’ la fin de la nuit.
Pendant plusieurs jours, les Valentinois tentent d'apporter aide et secours aux victimes et aux sinistrs. Une quipe amricaine prsente dans la ville se montre fort efficace dans cette tche. Le bilan est lourd. Le nombre de morts est estim, selon les sources, 280 ou 324 morts (189 civils, 69 rsistants, 66 militaires). On remarque parmi eux 80 Armniens nombreux dans les quartiers touchs. On compte aussi 120 blesss graves et 80 blesss lgers. 19 morts et 32 blesss sont dnombrs Bourg-ls-Valence. Soixante immeubles ont t dtruits, 120 autres sont inhabitables, 300 sont endommags. Environ 2 000 personnes sont sinistres. Sur l'autre rive, on compte vingt morts Granges-ls-Valence. Alixan, le bombardement dtruit l’cole libre de garons, la salle des ftes et trois habitations, Portes-ls-Valence, le triage et le dpt sont fortement touchs. Jules Courbis, 46 ans, tait de garde dans le mirador surplombant le pont, au moment du bombardement alli : le mirador, frapp par une bombe, est entran dans le fleuve, ainsi que Courbis, dont le corps n’a jamais t retrouv.
Plusieurs personnes sont tues aprs le bombardement : des secouristes ou des brancardiers des quipes d'urgence de la Croix-Rouge lors du dgagement et des secours aux victimes, des membres du service de la Dfense Passive, des dmineurs, des artificiers de l'arme ou des sapeurs-pompiers dans l’accomplissement de leur mission de dtection et d’enlvement de bombes non clates : Andr Ganon, 18 ans, Jean Colombet, 17 ans, Marius Marin, 49 ans, Lon Reboulet, Koren Sahajian, 50 ans, Henri Reviron, de Grenoble, Jean-Marie Rouzet, Agop Tourayan, 39 ans.


Auteurs : Robert Serre 

Titre : Aprs le bombardement amricain de Valence le 15 aot 1944

Légende :

Faubourg Saint-Jacques, les rescaps et les sauveteurs rcuprent ce qui peut l’tre dans les ruines des maisons, sur une charrette tire par un cheval, un charreton bras, une remorque…

Genre : Image     Type : Bombardement

Producteur : Clich Henri Jullien

Source : © Collection Pierre Vincent-Beaume

Détails techniques :

Photographie argentique en noir et blanc.


Date document : aot 1944

Lieu : France - Auvergne-Rhne-Alpes (Rhne-Alpes) - Drme - Valence-sur-Rhne