2025-2026 "La fin de la Shoah et de l'univers concentrationnaire nazi"

" Survivre, témoigner, juger (1944-1948) "

Quelles sont les ressources régionales alors que le thème du concours 2025-2026 semble revêtir cette année une dimension européenne ?

Les archives départementales des Bouches-du-Rhône et les travaux déjà présents dans l'exposition « La Résistance en Provence-Alpes-Côte d'Azur » (site du Musée de la Résistance en ligne, MUREL) offrent des ressources pour deux axes du sujet.

Auteur(s): MUREL-PACA

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Survivre à la fin de l'univers concentrationnaire haut ▲

Auteur(s) : MUREL-PACA

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L'accueil que recevront les déportés à leur retour joue un rôle dans leur réadaptation et leur capacité à faire entendre leur souffrance.

En 1945, Marseille est un des principaux centres d'accueil en France des prisonniers de guerre, déportés et réfugiés libérés des camps allemands, ceux que la presse nomme « les absents ». Ce terme vague témoigne d'emblée de l'incompréhension de situations qui n'ont rien de comparables. Il ne s'agit pas de faire une hiérarchie des souffrances mais le prisonnier de guerre qui, pendant sa détention, a pu recevoir épisodiquement lettres et colis de sa famille n'a pas les mêmes séquelles que l'adolescent juif qui a passé des mois ou des années à Auschwitz en sachant que toute sa famille avait été exterminée avant même son entrée dans le camp. Le requis du STO, le travailleur volontaire parti au titre de la « Relève » et le résistant ou la résistante n'incarnent pas pour leurs compatriotes la même vision de la France. Dans le flot des rapatriés se trouvent à la marge des criminels, des trafiquants du marché noir, des homosexuels (la déportation uniquement pour homosexualité est plutôt faible en France mais elle existe), des collaborateurs devenus trop encombrants pour les occupants ou ayant essayé de flouer la Gestapo.

Les autorités militaires chargées du contrôle des rapatriés conçoivent leur rôle sous un aspect avant tout sécuritaire. Elles voient avec suspicion revenir des étrangers vivant en France avant la guerre qu'il s'agisse de républicains espagnols livrés par le régime de Vichy aux Allemands et envoyés à Mauthausen, de réfugiés politiques fuyant les dictatures d'Europe centrale et orientale ou d'immigrés juifs tentant d'échapper à l'antisémitisme.

 

Les archives départementales des Bouches-du-Rhône offrent des ressources intéressantes. Sous les cotes 77 W 60, 150 W 181 et 150 W 183, se trouvent les archives de la sécurité militaire opérant au centre d'accueil de La Madrague et les rapports envoyés au préfet des Bouches-du-Rhône sur le traitement des prisonniers de guerre, déportés, « rapatriés » arrivant à Marseille. La presse locale publie des articles sur le retour des « absents » et des témoignages.

Des documents commentés se trouvent déjà dans l’exposition, « La Résistance en Provence-Alpes- Côte d'azur » -La refondation républicaine et la reconstruction- de la Libération à la fin de la guerre- le retour des « absents ».

D'autres documents sont à disposition dans les notices ci-dessous. Les rapports de l'unité de contrôle du centre d'accueil de la Madrague à Marseille offrent beaucoup de pistes d'exploitation. Par souci de cohérence, ils sont donnés le plus souvent sans coupure dans une seule notice mais leur utilisation multiple est signalée dans le plan ci-dessous.

Les documents proposés permettent de mesurer le fossé qui séparent ceux qui vont accueillir- et leur compassion n'est pas en cause-et ceux qui sont accueillis, en particulier les survivants de la Shoah. Cette distorsion est lourde de conséquences pour l'avenir.

 

* Thèmes abordés dans les documents : 

-L’accueil organisé pour les survivants à travers l'exemple du centre de La Madrague de Marseille et du cabinet du préfet

-La perception de l'univers concentrationnaire nazi et de la Shoah à travers les rapports des officiers du centre de La Madrague

-Se servir des rapatriés pour obtenir des renseignements sur l'URSS

-Ceux et celles que l'on ne voulait pas voir revenir ou dont on se méfie

-Le retour à la vie normale et faire son deuil

 

Auteur(s) : MUREL-PACA