2025-2026 "La fin de la Shoah et de l'univers concentrationnaire nazi"

" Survivre, témoigner, juger (1944-1948) "

Quelles sont les ressources régionales alors que le thème du concours 2025-2026 semble revêtir cette année une dimension européenne ?

Les archives départementales des Bouches-du-Rhône et les travaux déjà présents dans l'exposition « La Résistance en Provence-Alpes-Côte d'Azur » (site du Musée de la Résistance en ligne, MUREL) offrent des ressources pour deux axes du sujet.

Auteur(s): MUREL-PACA

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Survivre à la fin de l'univers concentrationnaire haut ▲

À partir de l'été 1944, la défaite militaire parait inéluctable pour l'Allemagne qui poursuit, coûte que coûte, les déportations. Les trains emmenant les déportés vers les camps de concentration ou d'extermination priment sur les transports de troupes. Le 17 août 1944, 1 300 prisonniers du camp de Royallieu à Compiègne auxquels sont ajoutés 51 juifs de Drancy partent par le convoi 79 vers Buchenwald. Un dernier convoi parti de Compiègne le 25 août est stoppé à Péronne avant d’atteindre le Reich. Le 1er septembre 1944, près de 900 prisonniers politiques sont déportés de Tourcoing vers le camp de concentration de Sachsenhausen près de Berlin dans le dernier « train de Loos ». En fait, jusqu’à la libération complète des territoires occupés de l’est de la France en novembre 1944, les déportations se sont poursuivies.

 L'offensive massive de l'armée soviétique à travers la Pologne à laquelle s’ajoute la poussée des armées alliées à L’ouest après les débarquements de Normandie et de Provence, amène le Reichsführer SS Henrich Himmler à ordonner l'évacuation des camps de concentration et d'extermination vers l'intérieur du territoire allemand. Les autorités SS veulent utiliser jusqu'au bout les déportés comme main-d'œuvre dans les usines d'armement. Durant l'été, l'automne 1944 et jusqu'à la fin avril 1945 se déroulent « les marches de la mort ». Certaines évacuations se font par train, dans des wagons à ciel ouvert mais à partir de l'hiver 1944-1945, c'est à pied que les déportés sont dirigés dans des marches épuisantes et erratiques vers le cœur du Reich. Des milliers de prisonniers meurent de faim, d'épuisement, de froid ou sont abattus par les SS et parfois les populations. Cette ultime épreuve prend le nom de « marche de la mort » dans la mémoire des survivants. Des Marseillais vécurent ces ultimes déportations et évacuations.

Auteur(s) : Sylvie Orsoni, Laurent Thiery

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L'accueil que recevront les déportés à leur retour joue un rôle dans leur réadaptation et leur capacité à faire entendre leur souffrance.

En 1945, Marseille est un des principaux centres d'accueil en France des prisonniers de guerre, déportés et réfugiés libérés des camps allemands, ceux que la presse nomme « les absents ». Ce terme vague témoigne d'emblée de l'incompréhension de situations qui n'ont rien de comparables. Il ne s'agit pas de faire une hiérarchie des souffrances mais le prisonnier de guerre qui, pendant sa détention, a pu recevoir épisodiquement lettres et colis de sa famille n'a pas les mêmes séquelles que l'adolescent juif qui a passé des mois ou des années à Auschwitz en sachant que toute sa famille avait été exterminée avant même son entrée dans le camp. Le requis du STO, le travailleur volontaire parti au titre de la « Relève » et le résistant ou la résistante n'incarnent pas pour leurs compatriotes la même vision de la France. Dans le flot des rapatriés se trouvent à la marge des criminels, des trafiquants du marché noir, des homosexuels (la déportation uniquement pour homosexualité est plutôt faible en France mais elle existe), des collaborateurs devenus trop encombrants pour les occupants ou ayant essayé de flouer la Gestapo.

Les autorités militaires chargées du contrôle des rapatriés conçoivent leur rôle sous un aspect avant tout sécuritaire. Elles voient avec suspicion revenir des étrangers vivant en France avant la guerre qu'il s'agisse de républicains espagnols livrés par le régime de Vichy aux Allemands et envoyés à Mauthausen, de réfugiés politiques fuyant les dictatures d'Europe centrale et orientale ou d'immigrés juifs tentant d'échapper à l'antisémitisme.

 

Les archives départementales des Bouches-du-Rhône offrent des ressources intéressantes. Sous les cotes 77 W 60, 150 W 181 et 150 W 183, se trouvent les archives de la sécurité militaire opérant au centre d'accueil de La Madrague et les rapports envoyés au préfet des Bouches-du-Rhône sur le traitement des prisonniers de guerre, déportés, « rapatriés » arrivant à Marseille. La presse locale publie des articles sur le retour des « absents » et des témoignages.

Des documents commentés se trouvent déjà dans l’exposition, « La Résistance en Provence-Alpes- Côte d'azur » -La refondation républicaine et la reconstruction- de la Libération à la fin de la guerre- le retour des « absents ».

D'autres documents sont à disposition dans les notices ci-dessous. Les rapports de l'unité de contrôle du centre d'accueil de la Madrague à Marseille offrent beaucoup de pistes d'exploitation. Par souci de cohérence, ils sont donnés le plus souvent sans coupure dans une seule notice mais leur utilisation multiple est signalée dans le plan ci-dessous.

Les documents proposés permettent de mesurer le fossé qui séparent ceux qui vont accueillir- et leur compassion n'est pas en cause-et ceux qui sont accueillis, en particulier les survivants de la Shoah. Cette distorsion est lourde de conséquences pour l'avenir.

 

* Thèmes abordés dans les documents : 

-L’accueil organisé pour les survivants à travers l'exemple du centre de La Madrague de Marseille et du cabinet du préfet

-La perception de l'univers concentrationnaire nazi et de la Shoah à travers les rapports des officiers du centre de La Madrague

-Se servir des rapatriés pour obtenir des renseignements sur l'URSS

-Ceux et celles que l'on ne voulait pas voir revenir ou dont on se méfie

-Le retour à la vie normale et faire son deuil

 

Auteur(s) : MUREL-PACA

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Les gouvernements des pays alliés s'étaient engagés à juger les criminels de guerre. Ils s'aperçoivent que les catégories juridiques existantes ne suffisent pas et forgent un nouveau chef d'accusation :  le crime contre l'humanité qui répond à des critères précis. La Résistance avait également annoncé que la collaboration ne resterait pas impunie. Le gouvernement d'Alger, après des discussions passionnées à l'Assemblée consultative prend toute une série de lois pour encadrer le jugement des collaborateurs. La cour de justice spéciale de Marseille est une des premières à se mettre en place dans la France libérée (8 septembre 1944). La presse locale peut être utilisée aux deux niveaux : international avec le procès de Nuremberg par exemple, au niveau local avec le compte rendu des comparutions devant la cour de justice de Marseille.

 

 A.    La presse locale rend compte du procès de Nuremberg. A consulter par les enseignants.

 

Comment ? A quelle place dans le journal ? Quels sont les crimes mis en avant, ceux minorés ? Quels témoignages sont publiés ? Y a-t-il des analyses différentes selon l'orientation politique du journal : La Marseillaise et Rouge-Midi, communistes, Le Provençal socialiste, Le Méridional, centre chrétien, La France du Sud et du Sud-Est gaulliste.

 

 B.     Juger les collaborateurs locaux. (sur le site de notre exposition : Refondation républicaine et reconstruction)

 

En ligne dans l'exposition la Résistance en Provence-Alpes-Côte d'Azur, dans le chapitre « la Refondation républicaine » puis « l'épuration » et enfin « petits et grands procès de l'épuration », les notices présentent des exemples de procès :  tortionnaires, miliciens faisant des descentes contre les maquis et les résistants, ultras de la Collaboration et gangsters traquant les Juifs, tout en les dépouillant, délatrices envoyant leurs victimes en déportation.

En quels termes la presse locale rend-elle compte de ce procès ? Quels sont les faits reprochés ? 

La consultation directe de la presse régionale est éclairante. Elle permet de constater la place réduite que tient la participation au génocide et à la déportation en général dans les affaires suivies par les journaux.

 

-Notice : Jugement de Louis Ferrarèse qui a infiltré le mouvement Témoignage chrétien dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Plusieurs des membres de ce mouvement ont été déportés et certains sont morts en déportation. Il est jugé à Marseille et condamné à mort. Procès en 2e instance à Lyon.

 

Auteur(s) : MUREL-PACA