La Seine-et-Oise (15 au 31 août 1944)

La libération du département de Seine-et-Oise s'échelonne du 15 au 31 août 1944. Commencée par l'arrondissement de Rambouillet, à la Boissière-Ecole, le 15 août au matin, elle s'est terminée par l'évacuation de Beaumont dans la journée du 31 août 1944. Entre ces deux dates, la libération est progressive. Elle est le fait soit des Américains, soit de la 2e DB, soit de groupes FFI locaux. 
Les quatre arrondissements sont libérés aux dates suivantes : Rambouillet le 23 août, Versailles le 25 août, Corbeil le 27 et Pontoise le 31 août.

Auteur(s): Fabrice Bourrée

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Secteur Rambouillet - Dourdan haut ▲

Le 15 août 1944, vers 8 heures, un bref combat de chars s'engage à l'ouest de la Boissère-Ecole. Un civil est tué et quelques maisons détruites. Face aux Américains, les Allemands se replient. Les éléments avancés américains poursuivent leur progression et s'installent dans les environs de Gazeran. Dans la soirée, une colonne s'engage vers le Sud et complète l'occupation d'Epernon (Eure-et-Loir) commencée le matin par une colonne venant de l'Ouest. Au soir du 15 août, les Allemands ont établi leurs défenses sur la ligne Ablis-Rambouillet-Houdan-Poigny.

Le 16 août, à 15 heures, une auto-mitrailleuse américaine pénètre dans Rambouillet. Appuyés par les tirs de résistants locaux, ses occupants sont pourtant pris à partie par des éléments allemands. Les Américains finissent par se replier au moment où un blindé allemand effectue un retour offensif dans la ville. Les 17 et 18 août, les Allemands évacuent la région de Houdan et de la Queue-les-Yvelines. Dans le même temps, Ablis est libéré. Dans la nuit du 18 au 19, les Allemands quittent Rambouillet. A partir du 19 août, les Américains poussent leur progression vers l'Est et le Sud-Est, d'une part par Rochefort vers Arpajon, et d'autre part par Ablis en direction d'Etampes. Le 20 août, la région de Rochefort est dégagée. Le 20, Dourdan, puis le 22 Saint-Chéron sont à leur tour définitivement libérés. Cette dernière ville évacuée une première fois le 18, avait été réoccupée en force les 19 et 20, à la suite de l'attaque d'une arrière-garde allemande par un groupe FFI. Limours est libéré le 22 août sans combats. Dans la région de Chevreuse, les Américains se heurtent à une forte résistance allemande à Voisins-le-Bretonneux et Guyancourt. Chevreuse est entièrement dégagée le 25 août. Du 18 au 23 août, la région de Montfort-l'Amaury se trouve dans une situation très critique. Les Allemands stationnés dans la région de Pontchartrain ont effectué plusieurs incursions jusqu'à la gare de Méré où, le 23 août, ils ont massacré quatre civils et brûlé plusieurs maisons d'habitation. Le 26 août, la région de Pontchartrain est libérée.

Auteur(s) : Fabrice Bourrée

Secteur Etampes - Corbeil haut ▲

Le 16 août à 17 heures, une avant-garde américaine venant de l'Eure-et-Loir fait son entrée à Pussay sans rencontrer d'opposition. Le lendemain, vers 15 heures, un groupe de reconnaissance fait également son entrée à Angerville. Une autre patrouille traverse Méréville et fonce en direction d'Ormoy-la-Rivière et Bouville qu'elle atteint vers 16 heures.
Villeconin et Bruyères-le-Châtel sont libérés le 21 par une colonne venant de Dourdan. La marche de cette unité est stoppée à l'ouest de Chauffour par des tirs d'artillerie, de mitrailleuses et par des chars. Les combats persistent sans grand dommage de part et d'autre jusqu'au 22 août puis l'avance reprend ; Chamarande, Janville, Bourray-sur-Juine sont atteints le 22 à 14 heures. Pendant ce temps, deux colonnes américaines débouchent d'Eure-et-Loir et progressent en direction de Méréville et d'Etampes. Elles rencontrent une certaine résistance. Néanmoins Méréville et Maisse sont atteintes le même jour. La ville d'Etampes n'est dégagée que le 22 vers 7 heures. Arpajon et les communes limitrophes le même jour à 7h30. De petits combats se déroulent pour la prise de la Ferté-Alais et de Milly le 22 août.

Le 21 août à 9 heures, les éléments avancés atteignent l'autodrome de Linas où ils stationnent jusqu'au 24 août. Le 22 août à 14 heures un tir d'artillerie exécuté sur la région de Chevannes annonce l'imminence de l'entrée des Américains sur le territoire. Dès 18h30, toutes les communes du secteur de Mennecy sont libérées, et dans la soirée Lisses et Courcouronnes sont occupées sans combats. Le 23, une pointe motorisée est arrêtée devant Essonnes. Le lendemain, les Allemands décrochent et refluent vers Corbeil, passent la Seine et se retranchent sur la rive droite après avoir fait sauter le pont. Ris-Orangis est libéré dans l'après-midi sans aucun combat. Le 24 août à 9 heures, le 2e DB traverse Arpajon et Montlhéry par la RN 20. Elle ne rencontre aucune résistance. Seuls subsistent quelques groupes isolés dans les bois. Ils seront rapidement découverts et faits prisonniers.

Le 25 à 8 heures, les Américains occupent Juvisy d'où les Allemands s'étaient retirés la veille après avoir détruit le pont sur la Seine. Villeneuve-le-Roi est également libérée après quelques combats dans la plaine de Wissous. A Corbeil (rive droite), les combats continuent le 25 toute la journée. Une tentative de franchissement au nord de la ville échoue. Le 26, nouvel essai couronné de succès, les troupes font leur jonction avec des éléments venant de Melun. Brunoy, Montgeron, Draveil, Villeneuve-saint-Georges sont dépassées sans combat. Une deuxième colonne alliée (2e DB) venant de Montlhéry occupe Epinay-sur-Orge le 24 août à 10 heures. Des accrochages assez sérieux se déroulent dans les plaines de Ballainvilliers et Massy Champlan. En fin de soirée toute la région est vide d'Allemands.

Auteur(s) : Fabrice Bourrée

Secteur Versailles - Saint-Germain-en-Laye - Argenteuil haut ▲

Dès le 15 août 1944, les unités allemandes cantonnées au sud-sud-ouest et sud-est de Versailles commencent leur mouvement de repli. De nombreuses destructions sont exécutées (camp de Satory, annexe Renault). Les explosions se succèdent jusqu'au 24 août ; des maisons particulières et du matériel sont détruits à Rocquencourt, Marnes-la-Coquette, Ville d'Avray, Chaville, Villepreux, les Clayes, Vaucresson, Bièvres et Jouy-en-Josas. Le viaduc de Palaiseau est coupé en un point. Une partie du fort est incendiée.

Le 20 août, le repli des troupes allemandes prend le caractère d'une débâcle. Le 22 août, les services administratifs allemands de Saint-Germain et de Maisons-Laffitte évacuent à destination de Nancy et Sedan. Le 23 août, Verneuil et Vernouillet sont libérés. Le 25 août, toute la zone comprise sur la rive gauche de la Seine entre Vernouillet et Rueil est libérée : Poissy, Maisons-Laffitte, Saint-Germain-en-Laye, Marly, Bougival, Rueil.

Les Allemands occupent encore la forêt de Marly-le-Roi, Saint-Nom-la-Bretêche, les Clayes, Bois d'Arcy, Trappes, Voisins-le-Bretonneux, Toussus-le-Noble, le plateau de Saclay et Villejust. Le 24, des combats ont lieu à Saclay, à Jouy, vers Palaiseau et Vélizy-Villacoublay. Ces localités sont occupées dans l'après-midi par des éléments de l'armée Leclerc qui perdent cinq chars à Saclay et deux au pont Colbert à Jouy-en-Josas. Une pointe alliée est signalée à Guyancourt. Plaisir, Chavenay et les Clayes sont libérées sans combat. Vers 11 heures, le 24 août, les Allemands placent des blindés et des pièces anti-chars dans les grandes artères de Versailles. A 16 heures, les Allemands tirent de partout. L'Hôtel de Ville est mitraillé, il y a des morts et des blessés. A 19 heures, la fusillade est intense et les dernières unités allemandes refluent de Paris. Pendant la nuit du 24 au 25, le canon tonne jusque vers 3 heures du matin. Le 25, au matin, des FFI commandés par le capitaine Vilain prennent possession des édifices publics. A 10 heures, les premiers éléments de la 2e DB entrent dans Versailles avec le colonel Remy à leur tête. Il ne subsiste alors que quelques points de résistance vers Meudon et Villacoublay.

Le 25 août à Chatou, un fort détachement de SS délivre une quarantaine de prisonniers allemands gardés au château de la Pièce d'Eau, PC des FFI. 27 FFI sont martyrisés puis fusillés après avoir été obligés de creuser leurs tombes.

Le 26 août, sur la rive droite, c'est au tour du Vésinet, de Bezons, Argenteuil, Cormeilles-en-Parisis, Sartrouville et Conflans de retrouver leur liberté. Sannois est libéré le 27. Le 28 août, un détachement de la 2e DB entre à Argenteuil avec des éléments américains. Le 29 août, les Allemands évacuent Triel, Andrésy, Chanteloup et Carrières-sous-Poissy où les Américains pénètrent dans la soirée.

Auteur(s) : Fabrice Bourrée

Secteur Mantes – Magny-en-Vexin haut ▲

Ce secteur a été libéré du 18 au 30 août 1944. Dès le 18, les troupes américaines atteignent la Seine à Mantes et Bonnières d'où les Allemands ont décroché sans combattre. Le 19, la Seine est franchie à Mantes et à Rosny-sur-Seine d'où les Américains tirent au canon pendant plusieurs jours, sans chercher à reprendre leur progression vers le nord. Les premiers éléments américains atteignent Maule le 19 août et poussent jusqu'aux Alluets-le-Roi où ils rencontrent de la résistance et doivent se replier sur Maule pendant quatre jours. Les Alluets-le-Roi, Bazemont et Herbeville réoccupées par les Allemands sont évacués par les habitants qui craignent des représailles. Le 19 août, le commandant Schweitzer, chef du secteur Rueil-Poissy, déclenche l'insurrection dans son secteur. Sous ses ordres directs, de Rueil aux Mureaux et à Flins, des édifices publics et des nœuds de communication sont occupés, des barricades dressées et des combats s'engagent contre l'ennemi. Le 24 août, les Allemands décrochent enfin et se replient en direction de Saint-Germain-en-Laye.

La région d'Ecquevilly, atteinte le 20 août par deux patrouilles motorisées américaines, est réoccupée le 21 par les Allemands qui arrosent d'obus Flins et Aubergenville. Les Américains se replient sur Epône. Au cours de l'action, le maire de Flins est tué à son poste. Le 28, une contre-attaque américaine libère définitivement Ecquevilly. Dès le 21 août, les communes d'Arthies, Maudétour et Génainville se trouvent sous le feu de l'artillerie alliée. Le 21 août, un convoi allemand est attaqué par des FFI à Arthies où 25 otages sont pris le 22. Emmenés à Charmont, ils sont libérés puis lâchement attaqués à la mitraillette. Dix d'entre eux sont tués et deux blessés. Les Allemands, auteurs de cet assassinat collectif, tuent ensuite deux hommes à Charmont et incendient des récoltes dans la commune d'Arthies. Le 29 août, une attaque américaine dégage Magny et la région au sud de la RN 14.

Auteur(s) : Fabrice Bourrée

Secteur Le Raincy – Montmorency - Pontoise haut ▲

Dès le 26 et le 27 août, Boissy-Saint-Léger, Limeil-Brévannes, Villecresnes, Marolles-en-Brie et Santeny, voient le départ des Allemands sans incident sérieux. Le 27 également, Sucy-en-Brie, Ormesson-sur-Marne et la Queue-en-Brie sont libérées à leur tour. Villiers-sur-Marne, le Plessis-Trevise, Chennevières-sur-Marne sont aussi libérées le même jour. Les Allemands ont quitté le fort de Villiers dans la soirée du 26 après avoir détruit les principales installations. Toujours le 26, Neuilly-sur-Marne, Neuilly-Plaisance, Noisy-le-Grand, Gournay-sur-Marne, Gagny, Le Raincy, Clichy-sous-Bois, Blanc-Mesnil sont libérés. Quelques incidents marquent le départ des Allemands. Les 25 et 26, de sérieux accrochages ont lieu avec les FFI à Neuilly-sur-Marne, les Allemands se vengent sur des civils dont onze sont tués et six grièvement blessés. Au Blanc-Mesnil, de violents combats ont lieu entre les Allemands et les FFI, le 25, dans la soirée. A 21 heures, les Allemands demandent une trêve qui est refusée. Ils s'emparent alors d'une centaine d'otages qu'ils menacent de fusiller. Le 27 août, des éléments de la 2e DB occupent la localité et libèrent les otages (quatre d'entre eux ont été tués au cours des combats). Aulnay-sous-Bois n'est libéré que le 28 août. Le 29 août, Sevran, Livry-Gargan, Vaujours, Villepinte, Tremblay-lès-Gonesses sont également évacués définitivement. A Sevran la résistance allemande a été assez sérieuse appuyée par une dizaine de chars Tigre. A Villepinte, le maire et ses fils sont fusillés. Le 29 août, toute la région du Raincy est libérée.

Le 26 août, à Montmorency, de vifs engagements avec les FFI se déroulent place de la Mairie. Plusieurs civils sont tués. Montmorency est libre définitivement le 30 août.
Dans la région de Luzarches, six tués et un blessé sont dénombrés. Louvres voit les Allemands décrocher sans combat dans la nuit du 29 au 30. Egalement le 30, Ecouen est libéré. Il n'y a pas eu d'engagements importants à Gonesse où on déplore tout de même sept morts et onze maisons détruites. Goussainville est libéré le 29 au soir. La libération de Soisy-sous-Montmorency a, quant à elle, été assez agitée. Le 27, à Enghien, un combat de chars se déroule route de Saint-Leu : deux chars allemands sont détruits. Le 30 août, tout le secteur est enfin libre.

Dès le 26 août, les Allemands évacuent Taverny et se replient vers la forêt de Montmorency sous la menace des troupes américaines signalées à Enghien-les-Bains. Mais le 29, les Allemands réoccupent la localité. Ils sont puissamment armés. La population est mise dans l'obligation de ne plus circuler. Seuls les gendarmes et policiers peuvent sortir librement et en profitent pour modérer les FFI dont l'action pourrait devenir catastrophique. Ce n'est que le 30 au matin que ceux-ci peuvent enfin se montrer à nouveau au grand jour en attendant l'arrivée des Américains qui a lieu dans l'après-midi.

Dans la région de Franconville, comme à Taverny, les FFI entrent en action dès le 26 et harcèlent les Allemands qui n'abandonnent la localité que les 30 et 31 août. Méry est libérée le 30 août à 19 heures et l'Isle-Adam quelques heures plus tard. Dans cette ville, six FFI ont été tués et quatre notables fusillés par les Allemands qui ont en outre opéré de nombreuses destructions. Marines et Beaumont sont libérés dans le courant de la journée du 31 août. Avant leur départ, les Allemands fusillent sept personnes à Champagne et trois FFI à Presles.

A l'ouest de Pontoise, Vigny est libérée les 29 et 30 août sans incident notable. Le 30 août, Pontoise est définitivement libre.

Auteur(s) : Fabrice Bourrée