La libération de l'Ile-de-France

Occupé par les Allemands dès le 14 juin 1940, Paris est, depuis quatre ans, le "remords du monde libre" selon la formule employée par le général de Gaulle. A peine le front allemand est-il percé en Normandie que la capitale française et sa banlieue se retrouvent tout à coup au centre de la stratégie et au cœur de la politique.

Après les manifestations patriotiques du 14 juillet 1944 et les grèves de la mi-août, la journée du 19 août 1944 marque le début de l’insurrection parisienne. Les FFI, placés sous les ordres du colonel Rol-Tanguy, chef régional FFI, occupent les édifices publics à commencer par la Préfecture de Police puis l'Hôtel de Ville.

Eisenhower, commandant en chef des forces alliées débarquées en Normandie, a donné des ordres pour contourner la capitale, craignant les difficultés logistiques. L'insurrection parisienne, les demandes d'aide de Rol-Tanguy, l'insistance de Leclerc et l'intervention du général de Gaulle auprès d'Eisenhower, le 20 août, convainquent ce dernier d'envoyer sur Paris la 2e DB de Leclerc et la 4e division d'infanterie américaine. Le 24 août au soir, Leclerc donne l’ordre au capitaine Dronne de gagner Paris pour annoncer l’arrivée de la division le lendemain. Aidée dans sa progression par des FFI, la colonne se glisse à travers la banlieue et atteint l’Hôtel de Ville à 21h22. Le lendemain, la division entière pénètre dans la capitale.

La journée du 25 août est marquée par de nombreux combats autour des points d'appuis allemands. A 15 h 30, le général Leclerc, commandant les forces françaises de Paris, reçoit la reddition de Von Choltitz dans la salle de billard de la Préfecture de Police. A 16 h15, à la gare Montparnasse, Choltitz signe l’ordre de reddition des points d’appui. A 16h30, le général de Gaulle arrive à la gare Montparnasse. Il est accueilli par Leclerc qui lui remet l’acte de capitulation de Von Choltitz. A 19h, à l'Hôtel de Ville, le Général prononce un discours devenu célèbre.

Le 26, les Parisiens acclament le général de Gaulle sur les Champs-Elysées comme leur libérateur et le chef légitime de la République depuis son appel du 18 juin 1940. Paris, artisan de sa libération, communie dans une même liesse. Mais les Allemands tentent une ultime contre-attaque sur la capitale. Le 26 août au soir, Paris est sévèrement bombardé alors que la 47e division d'infanterie allemande lance sa contre- offensive au Bourget, repoussée par la 2e DB.

La libération du département de Seine-et-Oise s'échelonne du 15 au 31 août 1944. Commencée par l'arrondissement de Rambouillet, à la Boissière-Ecole, le 15 août au matin, elle s'est terminée par l'évacuation de Beaumont dans la journée du 31 août 1944. Entre ces deux dates, la libération est progressive. Elle est le fait soit des Américains, soit de la 2e DB, soit de groupes FFI locaux. La libération de la Seine-et-Marne, quant à elle, s'étend sur huit jours. Les Américains sont aux portes du département le 20 août 1944 ; ils vont, les jours suivants, affronter une armée allemande en retraite dont certains éléments tentent d'interdire aux Alliés le franchissement de la Seine et l'accès au plateau. Les résistants constituent une force d'appoint dans les opérations militaires, qu'il s'agisse de la protection des ponts, comme à Souppes-sur-Loing, ou des combats. La déroute des Allemands est marquée par de nombreux massacres et exécutions sommaires qui font de la Seine-et-Marne un département durement éprouvé par les combats de la Libération.

Pour la France, la libération de Paris est une victoire politique et morale de première grandeur. Fruit de l'action conjuguée de la Résistance intérieure et extérieure, elle a un retentissement international considérable. Mais la libération de la capitale ne signifie pas la fin de la guerre. De nombreux résistants s'engagent dans l'armée régulière pour porter le coup fatal au nazisme. Les combattants franciliens quittent leur région : nombreux sont ceux qui mourront au champ de bataille sur le chemin de Berlin… Enfin, Paris joue un rôle de premier plan quelques mois plus tard, au moment du retour des déportés. L'Hôtel Lutetia devient centre de rapatriement après avoir été le siège de l'Abwehr sous l'Occupation.

Auteur(s) : Département AERI

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